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Agrioccasions, les occasions agricoles
Broyage des pailles

Vers une possible interdiction

« Si d’ici 15 jours, nous n’observions pas, de la part de tous les
exploitants agricoles, le niveau de solidarité conforme à ce que nous
sommes en droit d’attendre de leur part, je prendrai les dispositions
réglementaires nationales qui interdiront le broyage de la paille sur
l’ensemble du territoire pour la mettre à disposition des éleveurs
»,
s’est exclamé Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, à l’Assemblée nationale, le 18 mai.
Par Publié par Cédric Michelin
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Le jour même, le préfet de Corrèze prenait un arrêté pour faire appliquer cette interdiction jusqu’au 15 septembre. Face à cet accident climatique qu’est la sécheresse de ces derniers mois, Bruno Le Maire a précisé également qu’« aucun contrat d’assurance ne sera pas respecté ». Il a aussi demandé « à toutes les banques et au médiateur du crédit de se mobiliser pour apporter des réponses concrètes à tous les exploitants agricoles dans les difficultés les plus graves ».

La FNSEA a présenté son contrat de cession de paille


Lors d'un déplacement dans l'Eure, le 20 mai, Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA, et Christophe Chambon, secrétaire général des Jeunes agriculteurs, ont présenté un contrat type entre céréaliers et éleveurs pour assurer l'approvisionnement en paille dans les élevages. Dominique Barrau souligne que « c'est un engagement volontaire des producteurs, qui feront preuve de solidarité ». Ainsi, la FDSEA de l'Eure a déjà réalisé ce type d'arrangement l'année dernière avec son homologue de la Manche. Pour Dominique Barrau, « mieux vaut montrer au ministre la capacité d'organisation des producteurs entre eux, plutôt que de leur interdire de broyer les pailles compte tenu de l'hétérogénéité des situations en terme de disponibilités ». En effet, les blés sont courts suite à la sécheresse, et certains agriculteurs auront du mal à produire de la paille. L'organisation du transport reste un problème, mais les fédérations départementales comptent la faciliter. Selon les derniers relevés, 42 départements sont maintenant touchés par des mesures de restriction d'usage de l'eau.

Les chambres souhaitent assouplir les règles face à la sécheresse


Suite à la deuxième réunion du comité de suivi sécheresse du Ministère de l'agriculture, le 19 mai, les chambres d'agricultures ont demandé que « plus de solutions soient mises en œuvre ». Elles saluent l'action du Ministère de l'agriculture, « que ce soit pour l'utilisation des jachères et des bandes enherbées ou pour des demandes de versement anticipées d'aides européennes ». Mais elles estiment cela insuffisant. Selon le communiqué, « des dérogations au regard de certains règlements sur les pratiques agricoles » doivent être mises en place. Des propositions devraient bientôt émaner des Chambres. « La trésorerie déjà fragilisée des éleveurs ne permettra pas d'acheter des fourrages souvent hors de prix. Il faut tout mettre en œuvre pour moraliser le marché des fourrages et des pailles (contrats, bourses d'échange…) ».

La FNB veut des mesures concrètes


Un report en fin de tableau des annuités des emprunts précédents, une prise en charge des cotisations MSA, une exonération de la taxe sur le foncier non bâti (TFNF) et des prêts à taux zéro en attendant le versement de l’aide "Calamité sécheresse" sont quelques-unes des mesures revendiquées par la Fédération nationale bovine le 18 mai. Elle demande aussi une accélération de la procédure de reconnaissance Calamité. « La FNB appelle également à des adaptations réglementaires immédiates ». Il s’agirait d’une réduction de la durée de détention des animaux dans les élevages pour obtenir la prime au maintien du troupeau vache allaitante (PMTVA), de la capacité à retourner les prairies non productives pour installer des cultures dérobées, d’assouplir les règles de chargement dans les parcelles pour obtenir la prime herbagère agroenvironnementales (PHAE) et l’indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN). De plus, la FNB insiste sur une « hausse des prix d’achat par l’aval (GMS, abatteurs) qui doit s’appliquer sans délai » et souhaite pour cela une rapide publication par le ministère de l’Agriculture des indicateurs utilisés dans l’accord du 3 mai sur la volatilité des prix de l’aliment du bétail.

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