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Agrioccasions, les occasions agricoles
René Vivier à Trambly

Vivre de la volaille standard, c’est possible ! 

En 1991, René Vivier faisait le choix de se spécialiser dans la production de volailles standard. Sur son élevage hors-sol, il élève depuis des poulets et des pintades. Une activité très exigeante sur le plan sanitaire, mais qui assure un revenu relativement sécurisé.
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Aviculteur spécialisé à Trambly, René Vivier exploite seul quatre poulaillers hors-sol. Le premier bâtiment a vu le jour en 1991 ; l’éleveur était alors âgé de 30 ans. Cette installation tardive résulte d’un parcours un peu atypique. Issu d’une famille d’éleveurs de Trambly, René s’est d’abord orienté vers les métiers du bâtiment. Installateur sanitaire de formation, le fils d’agriculteur a d’abord eu une vie de salarié avant de reprendre des études agricoles à 28 ans. C’est là qu’il a effectué un retour sur la ferme familiale en rejoignant ses frères en Gaec. Puis René a voulu tenter l’expérience en solo en optant pour la volaille hors-sol. Un choix motivé par son expérience de la production avicole sur la ferme familiale. Le hors-sol lui évitait aussi de devoir trouver des terres. René n’a eu qu’à acquérir une parcelle de 70 ares destinée à accueillir trois bâtiments.

3.200m2 pour vivre


Fort de ses compétences extra agricoles, le jeune éleveur a pu réaliser lui-même la quasi-totalité de la construction de ses poulaillers. Aidé d’un ami et de ses frères, auprès desquels il continuait de travailler, René a pu concevoir des installations bien pensées. Un premier bâtiment de 600 m2 a été suivi d’un second en 1992. Le troisième de 700 m2 a été inauguré en 1995. Jusqu’en 2000, René a continué à travailler à l’extérieur pour compléter le revenu de ses trois poulaillers. L’ajout d’un quatrième ouvrage de 1.200 m2 - portant la surface totale à 3.200 m2 - lui a finalement permis de dégager un revenu complet et donc de se consacrer entièrement à son élevage.
Cette augmentation de surface a déclenché une procédure d’autorisation. Une démarche « bien plus compliquée que dans le cas d’une installation soumise à simple déclaration », indique René. Il a en effet fallu se plier à une enquête publique et un plan d’épandage a du être établi. En outre, le système d’autorisation implique « une remise à plat du dossier tous les dix ans », signale l’éleveur.

Maîtrise sanitaire


Avec quatre bâtiments d’une capacité totale de 54.000 volailles, technicité et rigueur sont de mise. René produit des volailles de type standard (poulets, pintades). Au départ, il n’élevait qu’une seule espèce, mais l’agrandissement de la structure a conduit à faire se côtoyer plusieurs âges de volailles sur le même site. « Une situation qui favorise le microbisme », explique l’éleveur. D’où l’intérêt d’alterner les espèces ; « le changement d’espèce fait l’effet d’un vide sanitaire », précise René. C’est ainsi qu’en plus des poulets et des pintades, l’élevage accueillera pour la première fois des canards pour les fêtes de fin d’année. « La maîtrise sanitaire est la plus grosse difficulté dans un élevage de ce type », signale René.

Un poulet de 2 kg en 48 jours


En volailles standard, le rythme de production est assez soutenu. S’il faut compter 3,6 lots de pintades par an, en poulets, 5 lots peuvent se succéder dans l’année. La durée d’élevage des poulets de René est de 44 à 52 jours. Arrivés poussins d’un jour, ils repartent lorsqu’ils atteignent 1,9 à 2,2 kg. « L’idéal pour la filière, c’est que les poids des volailles soient compris entre 1,950 et 2 kg ! », précise René. Les souches de poulet auraient pourtant le potentiel pour atteindre des poids bien supérieurs, mais la filière standard est très exigeante dans le format.

Les idées reçues sur le standard


N’en déplaise à ceux qui aiment dénigrer la production dite "industrielle", le poulet standard est celui qui est de loin le plus consommé. Et en dépit d’une réputation peu flatteuse auprès du public, « c’est un produit très sûr au plan sanitaire », défend René. Ce dernier avoue d’ailleurs souffrir de cette mauvaise image qui pèse sur sa production. « Même certains éleveurs arrivent à avoir des a priori sur l’élevage standard. Dans la formation agricole, on ne promeut jamais ce type de production », regrette René.

Itinéraire technique


Les poussins arrivent du couvoir déjà vaccinés contre la coccydiose et le gumboro. L’éleveur pratique, pour sa part, une vaccination contre la bronchite infectieuse par pulvérisation. Les volailles reçoivent trois types d’aliments différents selon leur stade de croissance (démarrage, croissance, finition). Automatisée, l’alimentation par chaîne au sol remplace les systèmes aériens installés au départ. Des pipettes remplacent également les abreuvoirs alimentés par le plafond. « Il faut compter 20.000 € pour l’installation d’une chaîne d’alimentation au sol », indique l’éleveur.
La surveillance quotidienne se fait à raison de trois visites. René signale que les poulets, plus sensibles au confinement, ont besoin d’une ventilation plus « sophistiquée » que les pintades. Il prévoit d’équiper tous ses bâtiments d’échangeurs thermiques (systèmes de VMC à double flux).
L’enlèvement des volailles se fait en entraide. Après le départ, le nettoyage (lavage, désinfection) du poulailler demeure l’opération la plus lourde de la conduite. Le fumier est évacué vers deux fermes voisines dont les terres sont mises à disposition (une centaine d’hectares) dans le cadre du plan d’épandage. Avant de recevoir un nouveau lot à l’issu du vide sanitaire, le poulailler reçoit deux remorques de copeaux de bois en guise de litière. Pour les pintades, la litière est ensuite renouvelée avec de la paille.

Rémunération correcte


Comme il en avait l’habitude auprès de ses frères, René travaille avec la coopérative de production avicole de Saône-et-Loire (CPASL). Lié par un contrat à cette dernière, l’éleveur achète cependant ses volailles et son aliment, ce qui lui procure une certaine indépendance. Il est toutefois tenu par le planning de production qui est établi par l’abatteur, en l’occurrence Guillot-Cobreda – LDC. René assure néanmoins que ses quatre poulaillers le font vivre correctement aujourd’hui. Les pintades dégagent une marge éleveur (aliments, achat poussins, frais vétérinaires déduits) de 0,60 à 0,70 € par volaille, tandis que les poulets procurent 0,45 € par volaille. De cette marge éleveur doivent toutefois être retranchés l’amortissement du bâtiment, les charges sociales, l’eau, le gaz, l’électricité, la litière.
Âgé de 50 ans aujourd’hui, René a la satisfaction d’avoir un outil de travail amorti. Désormais, il investit pour améliorer encore ses conditions de travail. Dans un tel élevage, la maintenance et l’entretien représentent un poste important, observe René.


Fiche technique


René Vivier, Trambly.

4 poulaillers standard hors sol. 
Installation : 1991. 
Création des ateliers : 1991, 1992, 1995, 2000.
Caractéristiques : 2 X 600 + 700 + 1.200 m2 ; capacité 49.000 volailles. Poulets, dindes, canards de fin d’année.
Croissance moyenne poulets 48 jours, 2 kg environ ; croissance moyenne pintades 77 jours, 1,7 kg environ.
Investissement : pour le bâtiment de 1.200 m2 en 2000, 180.000 € avec auto construction. 
Marge brute éleveur : 0,60 à 0,70 € par pintade ; 0,45 € par poulet.
Partenaire : CPASL.


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