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Agrioccasions, les occasions agricoles
Conseil général de Saône-et-Loire

Avantages aux bio...

À l'occasion de la session départementale de l'assemblée départementale - qui s'est tenue à Mâcon ces 16 et 17 juin -, les élus ont donné un signal fort aux agriculteurs du département : les aides seront désormais clairement octroyées en priorité à l'agriculture biologique (rapport 306) et aux circuits courts (rapport 308).
Par Publié par Cédric Michelin
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En Bourgogne, 604 fermes étaient certifiées AB début 2010, soit 3,75 % du nombre total d'exploitations. Dans ce panorama, la Saône-et-Loire a notifié 151 exploitations, soit 2,7 %, et 5.750 ha, correspondant à un peu plus de 1 % de la SAU en terme de surfaces. Le nombre de conversions pendant la période 2008 et 2009 a été bien moins important que dans le reste de la Bourgogne, seulement 6 %, avec une stagnation dans le domaine de l'élevage et une progression notable en viticulture.

De la production à la commercialisation


Le conseil général fait donc le constat suivant : « le département présente un grand retard dans le développement de l'agriculture biologique malgré des atouts importants qui sont, d'une part, un secteur de l'élevage traditionnel développé mais qui se heurte au manque d'autonomie en terme d'alimentation et, d'autre part, la proximité de bassins de consommation importants tels que les agglomérations ». Il convient surtout de rappeler en effet que un des défis de la production bio en France est de satisfaire le marché intérieur. Les circuits courts et les locavores français sont la clientèle cible à satisfaire.
Pour rappel, les lois Grenelle I et II fixent d'ailleurs comme objectifs de porter à 20 % à l'horizon 2020 les surfaces cultivées et la distribution d'alimentation bio dans la restauration collective publique d'Etat. Dans ce but, le ministère de l'agriculture avait déjà lancé en 2007 un plan à l'horizon 2012. Ses axes se rapprochent de ceux qui seront mis en place par le département. Ce dernier veut articuler sa politique autour de trois axes principaux : l'installation, le développement de la production et de la commercialisation et l'éducation-sensibilisation à l'agriculture biologique.

Favoriser l'accès au foncier


Pour satisfaire ces points, le conseil général a décidé dans un premier temps de « favoriser l'accès au foncier » par une politique « volontariste » menée avec les partenaires (Safer, chambre d'Agriculture, Terre de liens...). D'ailleurs, l'installation en AB au niveau des Périmètres de protection de captages (PPC) devra être étudiée avec les syndicats distributeurs et l'Agence régionale de santé (ARS), expliquent les élus.
Deuxième phase, l'accompagnement. « Le Département pourra plus particulièrement soutenir ces phases soit en créant des dispositifs particuliers, soit en priorisant ou majorant des aides pour les agriculteurs biologiques ». Le choix de la majorité départementale est donc on ne peut plus clair... D'ailleurs, le Département « le fait déjà dans le cadre des aides à la diversification du Plan de modernisation des bâtiments d'élevage (PMBE) ». La Saône-et-Loire « recherche de nouveaux producteurs » et s'en donne donc les moyens.

Lever les impasses techniques locales


Autre axe : développer la production et la commercialisation. Pour cela, le conseil général veut améliorer les références techniques pour améliorer la production bio. Les stations de Davayé, Jalogny, Tournus... expérimenteront « selon les conditions locales » de production.
Ne tournant pas le dos au productivisme, le conseil général souhaite aussi « développer les outils de production bio en terme de bâtiment ou d'outillage ». Les Cuma ou « les structures qui travaillent dans le domaine du bio pourront être privilégiées dans le cadre des aides départementales : appel à projet, PMBE... », annonce le conseil général qui en profite au passage pour demander à l'ensemble des filières « d'améliorer son organisation pour faciliter ou mieux prendre en compte la production des produits biologiques ».

Cibler les futurs clients


Enfin, les élus veulent éduquer et sensibiliser la population « et en particulier les jeunes » qui sont les clients de demain. Le conseil général compte s'appuyer pour cela sur ces domaines de compétence dans un premier temps : « l'introduction des produits bio dans les cantines scolaires (collèges ou autres) ou les restaurations collectives ». Ces actions sont donc parfaitement parallèles et en phase avec celles de la Région Bourgogne qui veut faire de même avec les lycées. Enfin, des "opérations de communication" pour promouvoir le bio départemental avec la rédaction de guides, conjointement aux circuits courts, ainsi que la réalisation de sites internet et d'animations (foires et marchés).

Jean-François Lautissier - Rapporteur sur Orientation de l'Agriculture Biologique pour le Département




Malgré la crise économique, l’agriculture biologique est en plein développement, aussi bien du point de vue de la production que de la consommation.

Les produits bio sont de plus en plus recherchés par les consommateurs, car ils représentent entre outre pour eux des garanties de santé, de qualité et de goût.

Aujourd’hui la France est déficitaire au niveau de cette production, et donc en importe une grande partie.

Même si le nombre de producteurs a progressé ces dernières années, la Saône-et-Loire présente un retard dans le développement de l’agriculture biologique, malgré des atouts importants comme un élevage traditionnel développé ou la présence de grands bassins de consommations.

Au 1er juin 2011, 199 exploitations sont notifiées « Agriculture biologique » en Saône-et-Loire et il est observé une augmentation des superficies après plusieurs années de régression.

Il est important de maintenir cette dynamique et que le Département y contribue en apportant son soutien au développement, en complément des aides nationales et régionales.

Pour cela il est proposé que le Département articule sa politique autour de 3 axes :

- favoriser l’installation ;
- développer la production et la consommation ;
- éduquer et sensibiliser.

L’installation pourra être favorisée :

- en soutenant l’accès au foncier, en nouant des partenariats avec la SAFER, la chambre d’agriculture, Terre de liens, ainsi qu’avec des collectivités locales ;
- en accompagnant les agriculteurs lors de l’installation ou la conversion ;
- et en recherchant de nouveaux producteurs.
Le développement de la production et de la commercialisation passe :
- par l’amélioration des techniques culturales et d’élevage et donc en favorisant les expérimentations ;
- par le développement des outils de production tels que les bâtiments ou le matériel spécifique en apportant des financements ;
- par l’organisation des filières, en participant à celle-ci.