Contractualisation
Ce qu’ils en pensent vraiment…
Le 25 mars à Saint-Usuge lors de l’assemblée générale des Jeunes
agriculteurs de Saône-et-Loire, la contractualisation était en débat.
Après avoir vu les différentes formes que pourrait prendre celle-ci, place maintenant aux prises de positions, parfois tranchées…
agriculteurs de Saône-et-Loire, la contractualisation était en débat.
Après avoir vu les différentes formes que pourrait prendre celle-ci, place maintenant aux prises de positions, parfois tranchées…
« Fermez la buvette » ! David Bichet, le président des JA de Saône-et-Loire, rappelait à l’ordre les jeunes qui, à midi, n’en finissait plus de discuter pour savoir si la contractualisation est, ou non, "une solution pour les agriculteurs". De fait, les débats en huis-clos du matin avaient provoqué nombre de questions chez des jeunes qui ont la volonté de se créer leurs propres perspectives. L’assemblée générale s’ouvrait donc et donnait la parole aux invités et aux agriculteurs.
Premier à s’exprimer : l’Europe. Le député Arnaud Danjean considère que « le contrat est une des solutions » aux nombreuses crises qui secouent l’agriculture du vieux continent. Pour lui, la Commission européenne a « basculé » et voit - depuis la crise économique - la contractualisation comme un « instrument de régulation » et non plus comme une entente illicite sur les marchés libéralisés.
En revanche, pour Christian Gillot, vice-président du conseil général, c’est une « ineptie, si on ne prend pas en compte l’Europe » et la concurrence mondiale justement libéralisée. Pour lui, la loi dictée par les marchés s’impose d'ailleurs quotidiennement au cœur de nos campagnes, faisait-il remarquer en regardant les invités de la table ronde (voir notre article en page 3 dans notre précédente édition).
De nouveaux débouchés locaux
Président du conseil général, Arnaud Montebourg présentait des leviers d’action au niveau départemental. « L’idée pour le conseil général est maintenant d’intervenir dans l’économie pour ne plus subir », expliquait-il, en remettant en perspective la récente histoire agricole et sa mondialisation. Le plan adopté par le département vise à « réduire les intermédiaires », à faire en sorte que « les consommateurs aiment leur agriculture locale » et enfin que les cantines gérées par le département, soit 23.000 repas par jour, fassent partie des nouveaux débouchés. Parmi ces derniers, d’autres formes de commercialisation sont aussi possibles. « L’engagement récent avec Système U peut mettre en face des producteurs un débouché économique conséquent », précisait Arnaud Montebourg, qui s’est donc rapproché de cette chaîne de grande distribution. « C’est aussi une forme de contractualisation », lâchait-il.
Blocage des broutards en France
Membre des JA au national, Gaël Gauthier pense que la contractualisation est « un outil » mais qu’il faut surtout avancer sur « l’organisation de la production » : « Les jeunes sont prêts à déléguer la négociation de leurs produits à une organisation de producteurs, même si cela ne sera pas facile », reconnaissait-il. Serait-ce le seul moyen pour redonner du poids et des revenus aux agriculteurs ? Le marché semble complexe et la « grande distribution (GD) met la pression » actuellement.
Président des JA Bourgogne France-Comté, Stéphane Sauce voudrait, quant à lui, « une solidarité inter-filière », faire avancer les appels d’offres publics pour privilégier les producteurs locaux et revoir le poids de l’Italie dans la filière du maigre. « En dessous de tel prix, aucun broutard ne devrait sortir de France », proposait-il.
La coopération piquée
Un éleveur de Beaubery estimait pour sa part que le problème de l’allaitant, « c’est surtout le coût de revient qui doit être déterminé car aucun autre secteur ne vend à perte comme nous ». Pour lui, « prudence », la contractualisation est une « demande des industriels pour sécuriser leurs approvisionnements ».
Ancien président des JA 71, Christophe Carry félicitait l’ensemble des participants pour ces réflexions apportées. Il ne pouvait toutefois s’empêcher de remarquer que les « JA sont considérés comme les aiguillons de la FDSEA. Aujourd’hui, ils sont aussi les aiguillons de la coopération ! », faisant ainsi référence aux questionnements de la salle sur le rôle joué par les coopératives dans la « désorganisation » de la filière allaitante. Une piqûre de rappel pour ces structures en perpétuel dilemme entre survivre, rémunérer leurs coopérateurs et défendre la profession dans sa globalité.
Bigard en embuscade
Sénateur ayant œuvré à l’élaboration de la Loi de modernisation agricole, Jean-Paul Emorine rappelait que la contractualisation était une demande de la profession pour « défendre les revenus », notamment pour préparer la fin des quotas laitiers. Il ajoutait ce qui manquait, selon lui, à ce débat : « j’ai rencontré Jean-Paul Bigard. Il dit ne pas être prêt à contractualiser dans un premier temps ». Quid également de la distribution…
Le président des JA 71, David Bichet, appelle en tout cas à inverser la logique actuelle : « Utopie de la jeunesse », mais peut-être pas, la contractualisation est perçue comme un moyen « d’imposer nos prix » aux transformateurs et aux distributeurs. Et de conclure sur le fait qu'« il faudra faire attention à ce grand virage agricole ». Virage qui pourrait ouvrir ou fermer effectivement des perspectives.
Premier à s’exprimer : l’Europe. Le député Arnaud Danjean considère que « le contrat est une des solutions » aux nombreuses crises qui secouent l’agriculture du vieux continent. Pour lui, la Commission européenne a « basculé » et voit - depuis la crise économique - la contractualisation comme un « instrument de régulation » et non plus comme une entente illicite sur les marchés libéralisés.
En revanche, pour Christian Gillot, vice-président du conseil général, c’est une « ineptie, si on ne prend pas en compte l’Europe » et la concurrence mondiale justement libéralisée. Pour lui, la loi dictée par les marchés s’impose d'ailleurs quotidiennement au cœur de nos campagnes, faisait-il remarquer en regardant les invités de la table ronde (voir notre article en page 3 dans notre précédente édition).
De nouveaux débouchés locaux
Président du conseil général, Arnaud Montebourg présentait des leviers d’action au niveau départemental. « L’idée pour le conseil général est maintenant d’intervenir dans l’économie pour ne plus subir », expliquait-il, en remettant en perspective la récente histoire agricole et sa mondialisation. Le plan adopté par le département vise à « réduire les intermédiaires », à faire en sorte que « les consommateurs aiment leur agriculture locale » et enfin que les cantines gérées par le département, soit 23.000 repas par jour, fassent partie des nouveaux débouchés. Parmi ces derniers, d’autres formes de commercialisation sont aussi possibles. « L’engagement récent avec Système U peut mettre en face des producteurs un débouché économique conséquent », précisait Arnaud Montebourg, qui s’est donc rapproché de cette chaîne de grande distribution. « C’est aussi une forme de contractualisation », lâchait-il.
Blocage des broutards en France
Membre des JA au national, Gaël Gauthier pense que la contractualisation est « un outil » mais qu’il faut surtout avancer sur « l’organisation de la production » : « Les jeunes sont prêts à déléguer la négociation de leurs produits à une organisation de producteurs, même si cela ne sera pas facile », reconnaissait-il. Serait-ce le seul moyen pour redonner du poids et des revenus aux agriculteurs ? Le marché semble complexe et la « grande distribution (GD) met la pression » actuellement.
Président des JA Bourgogne France-Comté, Stéphane Sauce voudrait, quant à lui, « une solidarité inter-filière », faire avancer les appels d’offres publics pour privilégier les producteurs locaux et revoir le poids de l’Italie dans la filière du maigre. « En dessous de tel prix, aucun broutard ne devrait sortir de France », proposait-il.
La coopération piquée
Un éleveur de Beaubery estimait pour sa part que le problème de l’allaitant, « c’est surtout le coût de revient qui doit être déterminé car aucun autre secteur ne vend à perte comme nous ». Pour lui, « prudence », la contractualisation est une « demande des industriels pour sécuriser leurs approvisionnements ».
Ancien président des JA 71, Christophe Carry félicitait l’ensemble des participants pour ces réflexions apportées. Il ne pouvait toutefois s’empêcher de remarquer que les « JA sont considérés comme les aiguillons de la FDSEA. Aujourd’hui, ils sont aussi les aiguillons de la coopération ! », faisant ainsi référence aux questionnements de la salle sur le rôle joué par les coopératives dans la « désorganisation » de la filière allaitante. Une piqûre de rappel pour ces structures en perpétuel dilemme entre survivre, rémunérer leurs coopérateurs et défendre la profession dans sa globalité.
Bigard en embuscade
Sénateur ayant œuvré à l’élaboration de la Loi de modernisation agricole, Jean-Paul Emorine rappelait que la contractualisation était une demande de la profession pour « défendre les revenus », notamment pour préparer la fin des quotas laitiers. Il ajoutait ce qui manquait, selon lui, à ce débat : « j’ai rencontré Jean-Paul Bigard. Il dit ne pas être prêt à contractualiser dans un premier temps ». Quid également de la distribution…
Le président des JA 71, David Bichet, appelle en tout cas à inverser la logique actuelle : « Utopie de la jeunesse », mais peut-être pas, la contractualisation est perçue comme un moyen « d’imposer nos prix » aux transformateurs et aux distributeurs. Et de conclure sur le fait qu'« il faudra faire attention à ce grand virage agricole ». Virage qui pourrait ouvrir ou fermer effectivement des perspectives.