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Agrioccasions, les occasions agricoles
Relations Végétal-Animal

Coop de France propose des contrats à prix lissés

Pour faire face à la volatilité des matières premières agricoles, Coop de France Nutrition animale entend promouvoir des contrats visant à lisser les prix entre les organismes stockeurs et les fabricants d’aliments d’une part et les fabricants d’aliments et les éleveurs d’autre part.
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Changement culturel dans les filières de productions animales. « Nous voulons passer d’une logique de prix spot à une logique de construction de marge », plaide Jean-Luc Cade, le président de Coop de France Nutrition animale, en présentant la contribution des coopératives à l’élaboration de contrats interfilières souhaités par le ministre de l’Agriculture. « Il est hors de question d’aller contre le marché, mais d’en amortir les excès », renchérit Hubert Grallet, le président de Coop de France Métiers du grain.
Face à l’extrême volatilité des prix que connaissent les prix des matières premières depuis quatre ans, la démarche de Coop de France vise non pas à fixer des prix mais à mieux maîtriser et à contrôler leurs variations dans le cadre de contrats. Pour « éviter les à-coups sur les maillons les plus faibles ». C'est-à-dire les éleveurs.

Une culture Maison



Les contrats, les coopératives les pratiquent depuis longtemps. Situées au carrefour des productions végétales et des productions animales, les coopératives d’alimentation animale s’estiment bien placées pour avancer des propositions acceptables par les différents maillons.
Ainsi Coop de France Nutrition animale a retenu une approche à deux niveaux, d’une part les contrats entre les fabricants d’aliments du bétail et les éleveurs et les contrats entre les organismes stockeurs et les fabricants d’aliments d’autre part.
Pour ce qui est des relations entre les fabricants d’aliments du bétail et les éleveurs, les coopératives de nutrition animale ont retenu un projet de contrat-type de fourniture d’aliments. Etabli entre un fabricant et un éleveur, celui-ci définit les droits et obligations des parties (caractéristiques de l’aliment, tonnage..). La durée doit couvrir au moins un cycle de production (durée d’engraissement d’une bande de porcs par exemple). Quant au prix, il est peut être ferme ou fixé selon des règles d’indexation négociés.

Facultatifs



Les contrats entre organismes stockeurs et fabricants d’aliments obéissent à la même logique. Ils doivent prévoir une durée d’engagement (par exemple sur trois ans), des tonnages annuels à livrer ainsi qu’un échéancier d’exécution. La principale innovation porte sur les prix qui doivent être lissés. Ils sont déterminés à chaque livraison à partir d’une moyenne d’une cotation de référence sur une période déterminée (trois mois par exemple).
Bien entendu, si « ces contrats doivent donner de la visibilité aux entreprises sur les coûts de production et sur les prix de vente », ainsi que le rappelait Jean-Luc Cade, ils restent facultatifs et ne portent pas nécessairement sur la totalité des besoins. « 25 à 30 % dans un premier temps », estime Jean-Luc Cade, pour atténuer l’exposition au risque de la volatilité des prix.
Il n’en reste pas moins, comme l’a rappelé le président que ces contrats ne trouveront leur pleine efficacité qu’à la condition expresse qu’une démarche similaire soit mis en place en aval de l’éleveur (des contrats et des prix à livraison différé par exemple pour le porc, à la place du marché "spot" du cadran). De façon à lui octroyer une visibilité à moyen terme sur ses prix de vente. Sinon « le risque économique serait concentré sur l’éleveur, rendant caducs et inefficients l’ensemble des outils proposés ».