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Agrioccasions, les occasions agricoles
Famine dans la corne de l’Afrique

Développer leurs souverainetés alimentaires

Alors qu’une grave famine tue à la frontière entre la Somalie et le
Kenya, la Présidence française du G20 a redit que le véritable rempart
contre les famines est « l’investissement massif » dans l’agriculture
des pays en développement. Les ONG, elles, critiquent l’absence d’aides
humanitaires chiffrées.
Par Publié par Cédric Michelin
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La famine tue en Afrique de l’Est, au sud de la Somalie notamment, et l’ONU le dit officiellement depuis plusieurs jours. Ses agences sur place estiment à 20 millions le nombre de personnes menacées par la faim en raison de la terrible sécheresse qui sévit dans cette région, la pire depuis des décennies. Elle brûle les récoltes de la zone, dont la production agricole est déjà bien faible. Présidente du G20 cette année, la France en a profité pour demander à l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) de convoquer une réunion exceptionnelle consacrée à la crise alimentaire dans la corne de l’Afrique. Elle s’est tenue le 25 juillet à Rome mais elle n’a pas accouché de promesses d’aides financières chiffrées de la part des pays du Nord. Les ONG urgentistes et de développement s’en sont fait immédiatement l’écho, très déçues du peu de résultats tangibles obtenus de la part de l’activité diplomatique française. La France en a néanmoins profité pour remettre la pression sur la communauté internationale au sujet du réinvestissement massif et nécessaire dans l’agriculture au Sud. Après la réunion du G20 agricole, les 22 et 23 juin derniers, où les 20 ministres de l’Agriculture ont adopté un « Plan d’action sur la volatilité des prix alimentaires et sur l'agriculture ».

Souveraineté alimentaire



Deux jours auparavant, les 23 et 24 juillet, le ministre français de l’Agriculture, Bruno Le Maire, s’est rendu au Kenya pour constater la situation humanitaire dramatique que vit ce pays, en compagnie de Josette Sheeran, Directrice exécutive du Programme Alimentaire Mondial (PAM). Le 26 juillet, sur les ondes de France Info, il a estimé que cette famine était « la preuve d’un échec de la communauté internationale, depuis plusieurs années, dans l’approche que nous avons eu de la faim dans le monde ». Et d’expliquer que, au-delà de la nécessaire réaction d’urgence à avoir, « la seule façon d’éviter ces épisodes de famine, c’est que nous fassions un investissement massif dans l’agriculture locale des pays en développement, nous soutenions les éleveurs, le pastoralisme, l’irrigation » dans ces pays. Bruno Le Maire a ajouté qu’il fallait « remettre la question agricole au cœur des préoccupations mondiales, en disant : arrêtons avec un système dans lequel le Nord nourrit le Sud et laisse le Sud en situation de dépendance, faisons en sorte que le Sud gagne sa sécurité et son autonomie alimentaire ».


Pont aérien


Le Premier ministre, François Fillon a porté à 10 millions d’euros la contribution de la France pour venir en aide aux populations en situation de sous-nutrition à la frontière somalo-kényane. Une conférence internationale de donateurs a été réunie le 27 juillet, à Nairobi, au Kenya, mais elle n’a pas non plus levé le flou actuel sur le montant de l’aide d’urgence de la communauté internationale envers la Somalie. Pour la France et pour l’instant, « l’essentiel est d’assurer le suivi au jour le jour pour répondre aux besoins financiers des ONG et de la FAO sur place », a encore précisé Bruno Le Maire sur France Info.

Le PAM a débuté quant à lui, le 27 juillet, le pont aérien annoncé le 25 juillet à Rome, pour aider les victimes de la sécheresse dans la corne de l’Afrique. Un premier avion transportant de la nourriture a décollé avec pour destination Mogadiscio, la capitale somalienne.