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Agrioccasions, les occasions agricoles
FNAB

" DUC et ses alliés lancent le poulet bio industriel "

La FNAB dénonce l’orientation du projet de la filière bio DUC, bien
éloigné des valeurs de l’agriculture biologique : poulets abattus jeunes
et quasi-absence de lien au sol alimentaire. La Fnab et ses partenaires
proposent déjà une alternative crédible à cette industrialisation de la
bio. Voici leur communiqué de presse :
Par Publié par Cédric Michelin
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Le 25 octobre, c’est en « grande pompe », avec tous les défenseurs de l’agro-industrie, qu’a eu lieu l’inauguration des bâtiments de la future filière bio DUC. On peut lire sur Boursier.com que « Le Groupe DUC pose ainsi la première pierre de sa filière BIO » qui voudrait sonner comme l’enterrement de la bio paysanne, laquelle a construit la notoriété et la crédibilité de la filière depuis plus de trente ans.

Ceux qui ont cautionné, sinon instrumentalisé, l’avènement de l’agriculture industrielle pétrochimique veulent reproduire le procédé avec la bio : poulets abattus à 71 jours (contre 81 jours pour les autres filières bio françaises sous signe de qualité et notamment le Label Rouge), bâtiments de volailles bio « posés » dans des fermes qui resteront conventionnelles pour leurs autres productions, et ne pourront donc pas nourrir leur élevage avec leurs propres céréales … Belle cohérence !

S’habillant de considérations de développement rural, de défense du revenu des producteurs et de l’intérêt de ceux qu’ils appellent « leurs consommateurs », ils tentent de camoufler leurs intérêts derrière des mensonges.

Non, monsieur Marchandi, contrairement à vos affirmations, les poulets produits en Europe ne sont pas soumis à des cahiers des charges moins-disant par rapport à la France. Vous avez exploité l’un des rares points de subsidiarité nationaux restants, que la France a malheureusement validé en 2009 : la possibilité de réduire le nombre de jours d’élevage.

S’il est peu probable que les consommateurs s’y retrouvent en achetant du poulet bio-industriel, il faut qu’ils sachent que ce prix est également défavorable aux producteurs. En effet, ceux-ci tirent un plus faible revenu d’un poulet abattu trop jeune ; l’auto-production de céréales bio pour l’alimentation aurait été pour eux une assurance contre la volatilité des prix de l’aliment bio. Or tout est fourni par le groupe DUC. La FNAB et son réseau dénoncent le détournement des choix de la société civile, exprimés à l’occasion du Grenelle, au seul profit du Groupe DUC et de certains distributeurs.

La FNAB, son réseau et ses alliés et partenaires, qui mettent en oeuvre depuis trente ans un développement cohérent et solidaire de l’agriculture biologique construisent déjà les alternatives à cette bio industrielle que l’on nous vend comme l’avenir. Cette alternative passera par la modification des textes réglementaires bio pour éviter toute reproduction de ce type de schéma. Pour la FNAB, elle passera également par le développement de Bio Cohérence, marque privée collective, qui montre la voie à suivre.

i Directeur Général du groupe DUC
ii Les producteurs adhérents à Bio Cohérence abattent les poulets de chair au plus tôt à l’âge de 81 jours et leurs fermes sont 100% bio.