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Agrioccasions, les occasions agricoles
Accord avec le Mercosur

Inquiétudes céréalières...

Face au possible accord de libéralisation des échanges entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur, les éleveurs ne sont pas - et de loin - les seuls à s’inquiéter des probables conséquences désastreuses. Ainsi, l’AGPM rappelle-t-elle que « les conséquences d’une libéralisation du marché des céréales avec le Mercosur seraient dramatiques pour le maïs européen ».
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L’AGPM argumente :
• cet accord empêcherait l’UE d’arriver à une autosuffisance alors que le potentiel de production existe. Avec l’élargissement, l’UE a accueilli de gros pays producteurs de maïs comme la Hongrie et la Roumanie. La montée en puissance de pays européens sera compliquée par une concurrence exacerbée sur les marchés communautaires ;
• il se matérialiserait par une perte de 3 à 5 milliards d’€ pour la filière maïs communautaire et donc pour l’ensemble de l’économie européenne ;
• il conduirait à terme les filières animales européennes à une double dépendance (soja/maïs) qui fragiliserait encore plus leurs positions sur les marchés ;
• il serait un levier important offert aux Etats-Unis pour demander les mêmes avantages lors de futures négociations internationales.
Dans le même temps, l’UE négocie également avec le Canada. On pourrait s’orienter vers une libéralisation du marché des céréales, en particulier des céréales fourragères. La filière serait alors prise en étau entre le maïs sud-américain et du blé fourrager canadien !
« Stratégiquement, la Commission européenne rompt avec son histoire. En effet, sa ligne de conduite a toujours été d’utiliser les accords bilatéraux en complément des négociations multilatérales. Or là, c’est tout l’inverse », observe l’AGPM qui s’interroge : « quel est l’intérêt d’offrir un marché de 500 millions d’habitants à un groupe de pays incapable de construire un marché commun ou de faire une union douanière ? » A ce jeu, l’Europe signerait tout simplement un accord de dépendance alimentaire.


Argentine : l'ambition du maïs


« Rêver d’une mer de maïs ! », c’est par ces mots que Santiago del Solar a conclu son intervention au congrès 2011 de Maizar, structure professionnelle regroupant l’ensemble des acteurs de la filière maïs d’Argentine. Partant du constat que le maïs n’occupe pas aujourd’hui la place qu’il devrait en Argentine, l’organisation propose une série de mesures pour permettre au maïs de reprendre des surfaces vis-à-vis du soja : lever les taxes à l’exportation sur le maïs et l’ensemble des produits de la filière (y compris produits carnés), supprimer le système actuel de gestion des exportations et favoriser des accords de libre-échanges avec des partenaires consommateurs. Une ambition à clairement replacer dans l’actuel contexte de négociations UE/Mercosur.