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Agrioccasions, les occasions agricoles
Bruxelles a publié sa stratégie sur la biodiversité

La conditionnalité ne suffit pas au verdissement de la Pac

Dans sa Stratégie sur la biodiversité à l'horizon 2020, la Commission
européenne répète souhaiter que, sur l’environnement, les aides
directes du premier pilier de la Pac aillent plus loin que
l’éco-conditionnalité.
Par Publié par Cédric Michelin
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La Commission européenne a publié, le 2 mai, sa Communication relative à la Stratégie sur la biodiversité à l'horizon 2020, avec une vision pour 2050. Intitulée « Notre assurance vie, notre capital naturel, une stratégie européenne en matière de biodiversité pour 2020 », la Commission y juge que les menaces pesant sur la biodiversité résident dans la pollution, la surexploitation, un usage non durable des ressources, les espèces exotiques envahissantes et le changement climatique. L'objectif fixé à 2020 est de stopper le déclin de la biodiversité, la dégradation des services écosystémiques et de les restaurer dans la mesure du possible. La Commission veut intégrer cet objectif dans les politiques sectorielles européennes dont la politique agricole commune (Pac). L’un des six objectifs de sa Stratégie vise en particulier à « accroître la durabilité de l'agriculture, de la foresterie et de la pêche », c’est-à-dire améliorer la conservation des espèces et des habitats qui dépendent ou sont affectés par l’agriculture. Ainsi, la Commission propose que les paiements directs de la Pac récompensent la fourniture de biens publics environnementaux, allant plus loin que l'éco-conditionnalité.
Janez Potocnik, le commissaire européen en charge de l'Environnement, veut en effet que les aides directes soient accordées à la condition que leur bénéficiaire s’engage sur des mesures environnementales « obligatoires pour tous les agriculteurs ». Un souhait qui rejoint la volonté de la Commission d’intégrer « une composante écologique obligatoire dans les paiements directs », inscrite dans la Communication sur la réforme de la Pac d’après 2013, publiée en novembre dernier.

Biodiversité et compétitivité


Il s’agit aussi d’ici 2020 de « maximiser les zones de pâturage, les zones cultivables et les cultures permanentes couvertes par les mesures relatives à la biodiversité inclues dans la Pac », indique la Communication. En outre, la Commission veut améliorer et simplifier les normes d'éco-conditionnalité liées aux bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE). Du côté des forêts enfin, les plans de gestion des forêts devront être mis en place d'ici à 2020 pour les forêts publiques et les forêts d'une certaine taille.
Le Copa-Cogeca (agriculteurs et coopératives agricoles de l’UE) a répondu à la Commission que « seul un partenariat avec les agriculteurs permettra de réaliser les objectifs » en matière de biodiversité. Ces projets de la Commission « risquent de miner la compétitivité des agriculteurs », prévient-il également. Le Copa-Cogeca plaide pour des solutions « gagnant-gagnant », qui résulteraient en une « croissance verte » et permettraient aux agriculteurs de mettre un terme à la perte de biodiversité tout en produisant des denrées alimentaires de manière durable.
Les agriculteurs européens défendent ainsi « un soutien financier » pour leur permettre de « continuer leurs activités d'une manière positive pour la biodiversité » tout en demeurant compétitifs. En effet, le marché ne rémunère pas les efforts consentis par les agriculteurs pour faire cesser la perte de biodiversité, arguent-ils.