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Agrioccasions, les occasions agricoles
Cadmium

La science bousculée par l’idéologie

L'Assemblée nationale a voté début juin, en première lecture, une proposition de loi écologiste qui baisse drastiquement le taux de cadmium dans les engrais, au-delà des normes européennes. Pourtant, derrière l'urgence sanitaire brandie, le rôle prédominant du tabac et les manipulations de l'information interrogent sur la pertinence d'une telle surtransposition.

Par Christophe Soulard
La science bousculée par l’idéologie

Dans la nuit du 3 au 4 juin, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à imposer des seuils de cadmium dans les engrais phosphatés bien plus sévères que le règlement européen : 40 mg/kg dès 2027, puis 20 mg/kg en 2030, contre une norme commune de 60 mg/kg. Cette décision, perçue par les organisations de grandes cultures* comme une « menace pour la souveraineté alimentaire », s’est appuyée sur une rhétorique alarmiste, souvent au mépris des nuances scientifiques. Les promoteurs du texte ont en effet agité le spectre d'une « bombe sanitaire » et d'un « cancer au bout de la fourchette », créant un véritable climat de peur pour servir un agenda politique. Pourtant, le cadmium est classé cancérogène par inhalation, notamment via le tabac ou le milieu industriel, mais pas par ingestion alimentaire. Ce dossier a fait l'objet de ce que certains observateurs qualifient de « tempête de désinformation », où des slogans simplistes ont remplacé l'analyse rigoureuse d'études épidémiologiques complexes. On a ainsi affirmé que l’alimentation était responsable de 98 % de l’imprégnation, mais ce chiffre ne concerne en réalité que les seuls non-fumeurs, évacuant ainsi de l'éq...

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