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Agrioccasions, les occasions agricoles
Accord avec le Mercosur

Le Brésil espère...

Dans ce que chacun convient de reconnaître comme la dernière ligne droite des négociations, le Brésil met la gomme pour que le projet de libre-échange aboutisse. Il serait tellement gagnant qu’on le comprend…
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Le Brésil ne se fait pas de doute quant à l'issue positive d'un accord de libre-échange entre le Mercosur et l'Union européenne, selon Antonio Patriota, chef de la diplomatie brésilienne. « Nous continuons à négocier avec l'Europe. C'est un moment très positif pour le Mercosur, nous sommes un marché très attirant pour l'Union européenne et nous continuerons à faire des efforts » pour arriver à un accord, a-t-il estimé. Selon lui, « 2012 est un délai très raisonnable étant donné que le travail déjà fait est énorme », et cela bien que la relance des négociations a soulevé une forte opposition de dix pays de l'Union européenne.

Une monnaie d’échange…


Après six ans de blocage, les négociations avec le Mercosur ont repris du 2 au 6 mai dernier au Paraguay. Un tel accord aurait un impact négatif sur l'agriculture européenne, d'après une récente étude de la Commission européenne diffusée le même jour de la reprise des discussions.
Aussitôt, sans tarder, la Fédération nationale bovine (FNB) a réagi sur le sujet mettant en garde les négociateurs sur le fait que « la viande bovine n'est pas une monnaie d'échange ! ». Elle s'interroge également sur la « légitimité des travaux engagés avec les pouvoirs publics pour réguler les revenus des producteurs (contrats interfilières, indicateurs de coûts des matières premières, régulation dans la Pac post 2013…) dès lors qu'un accord avec le Mercosur viendrait tout balayer d'un revers de manche ». Dans ce sens, la FNB attend une intervention immédiate du Parlement européen et du président de la République. Et du côté européen, il conviendrait de rappeler que la viande bovine ne subirait pas seule des dégâts irréversibles, il en irait de même pour l’aviculture, mais aussi pour le secteur des grandes cultures. On ne s’affronte pas impunément à un géant de l’agriculture…


Tout le monde ne serait pas perdant…


Si une première étude de la Commission européenne met en évidence les ravages pour l’agriculture - et pas seulement pour l’élevage - qu’aurait un accord avec le Mercosur, une autre étude d’impact de la Commission, émanant de la direction générale du commerce, affirme que, pour l’Union européenne, les gains d’un accord de libre-échange avec le Mercosur dans les secteurs de l'industrie et les services « dépassent largement les pertes dans l'agriculture ». Globalement, celui-ci se traduirait, selon son niveau d'ambition, par une hausse des exportations européennes vers ces pays de 67,6 % à 105,4 %. En conséquence, selon cette étude, le produit intérieur brut de l'Union pourrait augmenter de 14,7 milliards d'€ à au moins 21,4 milliards si l’accord commercial était signé, en tenant compte des pertes pour l'agriculture. Sans commentaire, si ce n’est que l’Agriculture ne doit plus être une monnaie d’échange au risque de graves désillusions…