Adaptation au changement climatique
Le Gouvernement veut une agriculture efficiente en eau
Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie, a présenté le plan
gouvernemental d’adaptation au changement climatique 2011-2015, un plan fort de
230 mesures. L’agriculture est concernée en grande partie dans le cadre
d’une utilisation plus efficiente et économe de la ressource en eau.
gouvernemental d’adaptation au changement climatique 2011-2015, un plan fort de
230 mesures. L’agriculture est concernée en grande partie dans le cadre
d’une utilisation plus efficiente et économe de la ressource en eau.
C’est avec le retour de la pluie et d’une certaine fraîcheur que la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a présenté, le 20 juillet, le Plan national d’adaptation au changement climatique pour la période 2011-2015. Interministériel, ce plan mobilise pas moins d’une quinzaine de Directions de ministères. Quatre-vingts actions concrètes sont envisagées pour 230 mesures dont la plupart sont réglementaires et non législatives. Un rapport de mi-parcours est prévu en 2013 et un rapport final sur les résultats de ce plan sera réalisé en 2015. Si l’ampleur et les effets du réchauffement climatique observé par les scientifiques demeure marqués par des « incertitudes », admet Jean Jouzel, vice-président du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), le Gouvernement veut anticiper les effets du changement climatique sur la ressource en eau, la santé animale et humaine, l’agriculture, l’aménagement du territoire ou les forêts.
Réutilisation des eaux usées
Ce changement du climat est « inévitable », a commenté la ministre le 20 juillet, les projections anticipant une baisse des précipitations estivales, des sécheresses plus intenses et fréquentes et une hausse générale des températures (de 2 à 3°C d’ici la fin du siècle) qui accentuera l’évaporation. Le gouvernement fait aussi un constat : à demande stable, le pays devrait connaître en 2050 un déficit de 2 milliards de m³ d’eau par an pour satisfaire les besoins de l’industrie, de l’agriculture et de l’alimentation en eau potable. Le plan vise donc, entre autres grandes priorités, à « économiser et mieux utiliser l’eau » et met en œuvre une « mesure phare » en matière agricole: « promouvoir une agriculture efficiente en eau ».
Sur ce point, le ministère de l’Ecologie est resté dans la ligne tracée par Nicolas Sarkozy en juin dernier, lors de l’annonce en Poitou-Charentes du Plan Sécheresse pour l’été 2011. L’une des actions prioritaires de ce plan d’adaptation est la réduction de 20 % de l’eau prélevée pour ses différents usages d’ici à 2020, hors stockage d’eau d’hiver, action sur laquelle le ministère de l’Ecologie est pilote avec les Agences de l’eau. Dans ce but, la ministre a surtout insisté sur la réduction des fuites dans les réseaux de distribution d’eau potable (25 % de pertes estimées en moyenne). Puis, l’autre effort important concerne des aides financières, non encore chiffrées et versées par les Agences de l’eau dès cette année, visant le retraitement et la réutilisation des eaux usées pour l’irrigation des cultures et des espaces verts. Il s’agit ici de limiter l’usage de l’eau potable pour l’arrosage. Enfin, en matière agricole, le ministère de l’Ecologie veut « optimiser le stockage de l’eau existant et mettre en œuvre la création de retenues de substitution ».
Retenues collinaires
Cette dernière mesure est en fait liée à une autre action du Plan d’adaptation au changement climatique visant à « accompagner le développement d’activités et une occupation des sols compatibles avec les ressources en eau disponibles localement ». Sur cette action, le ministère de l’Agriculture est pilote avec le ministère de l’Ecologie. Le gouvernement stipule ici qu’il faut envisager via des aides financières, « lorsque cela s’avère utile, la création de stockage d’eau, notamment par la substitution d’un prélèvement hivernal à un prélèvement pendant la période d’étiage ». Une demande qui est récurrente de la part de la profession agricole ces dernières années. Le plan ajoute que ce recours au stockage « doit être conditionné à la mise en œuvre de mesures d’optimisation de l’efficience de l’utilisation de l’eau ».
Filières agricoles « économes »
Enfin, le plan défend le développement de « filières agricoles économes en eau », au travers d’une « gestion de la ressource de manière durable et intégrée pour préparer l’adaptation des écosystèmes » au réchauffement. En s’appuyant sur les Mesures Agro-Environnementales Territorialisées (MAET) qui soutiennent les pratiques culturales économes en eau, le gouvernement projette une réduction des volumes d’eau prélevés sur 14.000 hectares, en y semant « des cultures plus économes en eau comme le sorgho ou le soja à la place du maïs ». Selon Nathalie Kosciusko-Morizet, le changement climatique fait que « l’entreprise agricole va devoir modifier sa production ».
Plan d’adaptation ne signifie pas plan d’atténuation des effets du changement climatique, laissée au "Plan Climat" de mars 2010 issu du Grenelle de l’Environnement. Le plan d’adaptation proprement dit est doté de 170 millions d’euros consacrés exclusivement à des mesures d’adaptation au changement du climat. Mais les moyens financiers consacrés à cet objectif sont globalement plus importants, répartis dans le cadre d’autres plans existants. Le Plan sécheresse, nous l’avons dit, mais aussi 391 millions d’euros au titre des "Investissements d’Avenir" décidés dans le cadre du Grand Emprunt (35 milliards d’euros). Le Plan national consacré à la prévention des submersions marines, doté de 500 millions d’ici 2016, participe également à l’adaptation au changement climatique.
Forêts : autre grande priorité d’action
Réutilisation des eaux usées
Ce changement du climat est « inévitable », a commenté la ministre le 20 juillet, les projections anticipant une baisse des précipitations estivales, des sécheresses plus intenses et fréquentes et une hausse générale des températures (de 2 à 3°C d’ici la fin du siècle) qui accentuera l’évaporation. Le gouvernement fait aussi un constat : à demande stable, le pays devrait connaître en 2050 un déficit de 2 milliards de m³ d’eau par an pour satisfaire les besoins de l’industrie, de l’agriculture et de l’alimentation en eau potable. Le plan vise donc, entre autres grandes priorités, à « économiser et mieux utiliser l’eau » et met en œuvre une « mesure phare » en matière agricole: « promouvoir une agriculture efficiente en eau ».
Sur ce point, le ministère de l’Ecologie est resté dans la ligne tracée par Nicolas Sarkozy en juin dernier, lors de l’annonce en Poitou-Charentes du Plan Sécheresse pour l’été 2011. L’une des actions prioritaires de ce plan d’adaptation est la réduction de 20 % de l’eau prélevée pour ses différents usages d’ici à 2020, hors stockage d’eau d’hiver, action sur laquelle le ministère de l’Ecologie est pilote avec les Agences de l’eau. Dans ce but, la ministre a surtout insisté sur la réduction des fuites dans les réseaux de distribution d’eau potable (25 % de pertes estimées en moyenne). Puis, l’autre effort important concerne des aides financières, non encore chiffrées et versées par les Agences de l’eau dès cette année, visant le retraitement et la réutilisation des eaux usées pour l’irrigation des cultures et des espaces verts. Il s’agit ici de limiter l’usage de l’eau potable pour l’arrosage. Enfin, en matière agricole, le ministère de l’Ecologie veut « optimiser le stockage de l’eau existant et mettre en œuvre la création de retenues de substitution ».
Retenues collinaires
Cette dernière mesure est en fait liée à une autre action du Plan d’adaptation au changement climatique visant à « accompagner le développement d’activités et une occupation des sols compatibles avec les ressources en eau disponibles localement ». Sur cette action, le ministère de l’Agriculture est pilote avec le ministère de l’Ecologie. Le gouvernement stipule ici qu’il faut envisager via des aides financières, « lorsque cela s’avère utile, la création de stockage d’eau, notamment par la substitution d’un prélèvement hivernal à un prélèvement pendant la période d’étiage ». Une demande qui est récurrente de la part de la profession agricole ces dernières années. Le plan ajoute que ce recours au stockage « doit être conditionné à la mise en œuvre de mesures d’optimisation de l’efficience de l’utilisation de l’eau ».
Filières agricoles « économes »
Enfin, le plan défend le développement de « filières agricoles économes en eau », au travers d’une « gestion de la ressource de manière durable et intégrée pour préparer l’adaptation des écosystèmes » au réchauffement. En s’appuyant sur les Mesures Agro-Environnementales Territorialisées (MAET) qui soutiennent les pratiques culturales économes en eau, le gouvernement projette une réduction des volumes d’eau prélevés sur 14.000 hectares, en y semant « des cultures plus économes en eau comme le sorgho ou le soja à la place du maïs ». Selon Nathalie Kosciusko-Morizet, le changement climatique fait que « l’entreprise agricole va devoir modifier sa production ».
Plan d’adaptation ne signifie pas plan d’atténuation des effets du changement climatique, laissée au "Plan Climat" de mars 2010 issu du Grenelle de l’Environnement. Le plan d’adaptation proprement dit est doté de 170 millions d’euros consacrés exclusivement à des mesures d’adaptation au changement du climat. Mais les moyens financiers consacrés à cet objectif sont globalement plus importants, répartis dans le cadre d’autres plans existants. Le Plan sécheresse, nous l’avons dit, mais aussi 391 millions d’euros au titre des "Investissements d’Avenir" décidés dans le cadre du Grand Emprunt (35 milliards d’euros). Le Plan national consacré à la prévention des submersions marines, doté de 500 millions d’ici 2016, participe également à l’adaptation au changement climatique.
Forêts : autre grande priorité d’action
Le Plan national d’adaptation au changement climatique érige aussi les forêts françaises en axe prioritaire d’action, sur lequel le ministère de l’Agriculture est largement pilote. Au moyen d’aides financières là encore, versées aux exploitants forestiers par exemple, il s’agit de rendre les forêts plus résistantes au réchauffement climatique, en développant, en améliorant et en adaptant les ressources génétiques forestières actuelles à ces nouvelles conditions climatiques. La zone de forêt « méditerranéenne » va notamment s’étendre vers le Nord. De plus, une autre action vise à réduire les risques d’incendies dans les massifs forestiers français.