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Flavescence dorée

Le Sud Mâconnais en alerte rouge

La CAVB avec ses partenaires Fredon et Sral ont présenté jeudi 29 janvier à la cité des climats de Mâcon le bilan de la lutte contre la flavescence dorée en 2025 et surtout les perspectives pour l’année qui débute. La situation est très préoccupante dans le sud du Département.

Par David Bessenay
Le Sud Mâconnais en alerte rouge
11,4 % des échantillons se sont révélés positifs à la flavescence dorée en 2025.

Une image vaut mille mots. La carte du développement de la flavescence dorée avec ses « taches rouges » qui recouvrent le sud du département traduit l’explosion de la maladie en 2025 (voir bilan ci-après).

Aussi, 14 villages du sud mâconnais : le territoire des AOC pouilly-vinzelles, pouilly-loché, pouilly-fuissé et saint-véran ainsi que les communes de Crêches-sur-Saône et Charnay-lès-Mâcon, seront concernés par un dispositif de lutte particulier. Jérôme Chevalier se faisait le porte-parole des ODG et annonçait : « nous demandons à ce que dès les prospections de juillet, les pieds présentant des symptômes soient directement coupés à ras. C’est une action coup de poing massive pour limiter la propagation. On aura moins de visibilité avec ces pieds coupés directement sans analyse, mais tant pis, il faut nettoyer l’inoculum. Si on ne fait rien, il faudra arracher des surfaces énormes. Il faut que tous les vignerons jouent le jeu ». En dehors de ces 14 communes, les vignerons devront suivre la procédure classique avec repérage, prélèvement, analyse et ensuite seulement arrachage.

Une appli en cours de développement

La procédure de marquage des pieds et de localisation devrait être facilitée par la mise en place d’une application, dans le cadre du programme Flav’tech, testée avec succès l’an passé sur les communes de Fuissé et Chaintré par 57 volontaires sur 31 exploitations. Dans un premier temps, ce protocole expérimental arrive en complément de la procédure habituelle : marquage à la rubalise et annotation des cartes papiers puis indication des pieds symptomatiques et des piquets de tête sur l’application Un bémol et non des moindres, l’appli ne fonctionne pour l’heure qu’avec Android et pas sur iPhone.

Bilan 2025

Le bilan des prospections précoces (15 au 24 juillet) puis collectives (21 au 28 août et 18 septembre au 3 octobre), encadrées par la Fredon ou en autonomie, fait donc état d’un fort développement de la maladie. Au total, 5.202 échantillons ont été prélevés et analysés en Bourgogne. Le nombre de communes concernées continue de grimper. Il atteint 67 (dont 57 en Saône-et-Loire). Voilà une place sur la plus haute marche du podium dont se serait bien passé le département. Il est malheureusement, et de très loin, le plus touché de Bourgogne avec 87 % des échantillons positifs soit 516 sur 591.

À l’extrémité sud du département, de Romanèche-Thorins à Mâcon-Loché, la flavescence est encore bien présente, mais la situation est stable, voire en voie d’amélioration. La Chapelle-de-Guinchay est passée de 1.000 ceps touchés en 2022 à moins de 10 ceps en 2025, idem à Romanèche-Thorins et Saint-Amour. « Attention à ne pas crier victoire trop tôt », préviennent les professionnels.

En revanche, comme évoqué, une grosse progression de la maladie est constatée à Solutré, Fuissé, Vergisson, Milly-Lamartine, Prissé, Charnay-lès-Mâcon et une extension aux communes voisines : Davayé, Pierreclos, la Roche-Vineuse. La recrudescence est même fulgurante sur certaines communes avec parfois jusqu’à 12 ou 15 % de pieds malades, faisant roder le spectre de l’arrachage obligatoire (20 % de pieds malades). Pour rappel, 3,2 ha ont été concernés par l’arrachage obligatoire depuis le début de la lutte.

Au nord du Mâconnais, la flavescence a été détectée dans de nombreuses communes et s’étend au-delà de son périmètre historique (Blanot, Étrigny, Cruzille, Martailly-lès-Brancion pour ne citer qu’elles).

Se la jouer collectif

Jean-Hughes Goisot, vigneron de l’Yonne et responsable commission flavescence à la CAVB s’est félicité de la capacité de l’administration et de la profession à se mobiliser et à travailler de concert pour endiguer cette maladie de quarantaine. Il invitait à ne pas baisser la garde. « Il ne faut pas chercher des fautifs, des boucs émissaires… ne pas se diviser pour aller collectivement. Bien sûr, il y a ceux qui veulent tout traiter, d’autres rien… Attention à vos choix… Le traitement est indispensable en cas de forte présence de la maladie. On dépend tous des uns et des autres, on réussira si tout le monde joue le jeu. La plupart sont attentifs même s’il y a quelques trous dans la raquette dans certains villages. Mais globalement, je suis très satisfait de l’implication des vignerons et notamment des responsables communaux ».

Zones de traitement obligatoire

Le SraI a ensuite fait des propositions sur les différentes zones de traitements insecticides obligatoires et les modalités (un à trois traitements obligatoires selon la pression). Globalement, les professionnels préfèrent qu’il y ait un protocole identique sur une même commune pour ne pas complexifier la lutte.

Les échanges vont maintenant se poursuivre entre les partenaires de la lutte et les ODG pour valider les différentes zones et modalités de traitement. Elles seront connues au plus vite afin de laisser aux professionnels le temps de s’organiser. Chaque vigneron recevra un mail personnalisé avec un tableau des parcelles à traiter.

David Bessenay