Les coopératives face au défi des transitions
« Anticiper, agir, réussir : répondre aux défis coopératifs ». Tel était le fil rouge qui a guidé la matinale alimentaire de la Coopération agricole fin juin à Paris. Entre demandes sociétales, réchauffement climatique, multiplication des normes, modes de gouvernance, revenus, renouvellement des générations, etc., les défis de l’agriculture et des coopératives sont immenses. La question est de savoir : comment faire et avec quels moyens ?
Gilles Trystram, professeur émérite d’Agro Paris Tech, a d’emblée posé un postulat autour d’un écueil majeur : « le problème de l’intermittence des ressources ». Car celles-ci (énergies, eau et matières premières en particulier) vont déterminer plus qu’aujourd’hui les systèmes futurs. « Elles sont les déterminants d’un système alimentaire durable », a-t-il insisté. « Qui devra s’inscrire dans le nécessaire cadre d’une neutralité carbone », a renchéri François Gemenne, professeur à HEC. Une condition sine qua non pour éviter de subir les aléas climatiques de manière intensive et répétée chaque année. « En ce sens, le captage du CO2 par les sols constitue un vrai défi », a-t-il certifié, appelant à « monétiser ce stockage* » et regrettant le manque de vision politique sur les enjeux agricoles et environnementaux qui « ont conduit à l’immobilisme ». Pour l’enseignant, il va être nécessaire de développer l’élevage pour maintenir les prairies, un des principaux leviers de cette captation, mais aussi de mobiliser l’épargne qui dort sur les comptes bancaires français et européens : « 7 000 milliards d’euros en France. 35 000 milliards d’euros à l’échelle européenne », a-t-il indiqué...
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