Réforme de la Pac
Les premières réactions
Suite aux annonces de la Commission européenne, voici les premières réactions sur la réforme de la Pac...
La déception de la FNSEA
« Poursuivre une Pac qui abandonne la quasi-totalité de ses capacités de gestion des marchés et de réponses aux crises, qui sacralise et pose en dogme le découplage total des soutiens et leur convergence, qui augmente le poids de la conditionnalité par un verdissement très conséquent n’est pas de nature à améliorer la compétitivité de nos productions et filières, ni à ajuster la Pac aux objectifs du G20 pour répondre au défi alimentaire du 21e siècle » estime la FNSEA. Elle déplore également qu’aucune assurance ne soit donnée sur le montant du budget et redoute que le financement de la Pac soit victime de coupes sombres liées à la crise financière actuelle. Ceci étant, la FNSEA espère que « des évolutions significatives » pourront être apportées sur le verdissement, la convergence nationale « qui demande du temps » et la convergence européenne « qui ne saurait être disjointe de la parité des pouvoirs d’achat entre les pays membres de l’Union européenne ».
Des propositions inacceptables pour la FNB
Forte déception également de la Fédération nationale bovine qui considère que le projet du commissaire Ciolos est « totalement inacceptable ». D’abord à cause de l’impasse qui est faite sur les mécanismes de régulation des marchés, et la fixation de seuils d’intervention fixés à des niveaux « ridiculement » bas. Surtout la FNB dénonce le projet de suppression de la prime à la vache allaitante. « Cette suppression, si elle devait être confirmée, serait un acte économique et politique particulièrement négatif pour l’élevage ». En outre,« le projet actuel ne prévoit qu’un hypothétique recouplage dans des conditions qui ne garantissent ni le maintien des crédits communautaires, ni les crédits nationaux » observe-t-elle. Sans parler de la suppression des zones ICHN sur une large part de territoires occupés par le troupeau allaitant et la remise en cause annoncée de la PHAE. C’est la raison pour laquelle la FNB en appelle au président de la République pour « infirmer ces propositions, qui en l’état signeraient le sacrifice de l’élevage bovin viande ».
Des améliorations à apporter pour Bruno Le Maire
Avant le Conseil des ministres de l’Agriculture du 20 octobre, où un premier tour de table sera effectué sur le projet de la Commission européenne, le ministre de l’Agriculture a tenu à insister sur les points suivants. S’agissant de la redistribution des aides entre les Etats, « celle-ci doit être soutenable et équitable et tenir compte de la situation de chacune des agricultures européennes ». Sur le verdissement, celui-ci « doit être simple et incitatif (…). Il doit tenir compte de la situation économique des exploitations ». Ce qui ne semble pas être le cas, estime le ministre de l’Agriculture. Sur la convergence des aides au sein de chaque Etat membre, Bruno Le Maire plaide « pour qu’une large flexibilité dans les modalités comme dans le calendrier » soit laissé à chaque Etat « pour mener à bien le processus ». Sauf à le mettre en péril. Et quant à la régulation des marchés, si la Commission fait des propositions en matière de gestion de risques « qui méritent d’être examinées », le ministre déplore l’abandon des outils de maîtrise de la production qui ont fait leur preuve, dans la viticulture ou le sucre, notamment.