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Agrioccasions, les occasions agricoles
FDSEA de Saône-et-Loire

Mobilisés pour l’avenir de nos territoires

La FDSEA de Saône-et-Loire avait prévu de convier les parlementaires du département pour leur exposer les enjeux lourds qui pèsent sur l'agriculture départementale du fait de la nouvelle Pac, mais aussi des enseignements qu'il convient de tirer des premières données du recensement général agricole. Préfet de Saône-et-Loire, François Philizot a fait sienne cette préoccupation et entend, lui aussi, s'associer à la profession dans cette nécessaire prise de conscience. Zoom sur l'analyse de la FDSEA telle qu'elle sera présentée aux parlementaires, aux administrations et aux organisations professionnelles agricoles ce 2 décembre.
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" L’heure est grave pour notre agriculture de Saône-et-Loire, et au-delà pour nos territoires ruraux de Saône-et-Loire.
Chacun l’a lu dans la presse et cela va vous être représenté dans quelques instants : en dix ans, entre deux recensements agricoles, notre agriculture a perdu près de 5.000 actifs et de 3.000 exploitations. C’est énorme ! C’est, il faut bien le dire, une véritable hémorragie ! Chaque année, nous perdons 300 exploitations et 500 actifs. Et cela, dans le silence et l’indifférence médiatique et politique.
Ces chiffres, nous les pressentions. Dans nos rangs, nous en avions conscience et nous en avons alerté régulièrement les élus et les administrations. Désormais, ils sont officiels et nul ne pourra plus dire qu’ils les ignoraient.
Dans quelques mois, la nouvelle Politique agricole commune européenne, dite Pac d’après 2013, se profile.
Celle-ci comporte un danger intrinsèque de taille : elle oublie de prendre en considération des territoires entiers de notre pays, ne distinguant que les seules zones de montagne et celles de plaines.
Que deviendront dès lors nos zones intermédiaires ? Nos régions – situées entre montagnes et plaines – sont ignorées. Elles risquent bien une nouvelle fois d’en payer – et nous les paysans, mais aussi toute l'économie de nos territoires ruraux – le prix fort.
Les premières projections évoquent une perte potentielle de 25 millions d’€ pour les territoires de Saône-et-Loire. Après l’hémorragie humaine, l’hémorragie financière qui dictera, il ne faut pas en douter, une seconde hémorragie humaine, plus grave, plus intense que la première.
Est-ce cela que nous voulons ? Pour notre part, la réponse est catégoriquement NON !
Est-ce cela que les élus et les administrations veulent ? Pour leur part, la réponse leur appartient, à eux et à eux seuls !
Si nous ne bougeons pas collectivement, si nous n’adoptons pas une attitude offensive, alors ces derniers auront aux yeux de tous une responsabilité historique, face à un désastre économique, social et humain pour l’ensemble de nos territoires ruraux de Saône-et-Loire, désastre que nous pressentons tous.
En somme, nous pourrons alors les accuser de "non assistance à personne en danger".
Notre département et son économie sont en effet tout bonnement en danger.
Messieurs les élus, pour bien fixer les idées, nous parlons d’un enjeu de 25 millions d’€ annuels sur nos seuls territoires de Saône-et-Loire, une somme qui irrigue, chacun le sait, toute l’économie de nos bourgs, de nos villages, de nos chefs-lieux de canton.
Je ne vais plus être plus long, mais nous devons tous avoir en tête que, tous ensemble, nous avons le pouvoir de modifier le cours des choses.
L’accepter, ce serait faire acte de démission.
Se mobiliser pour l’avenir de nos territoires, tous ensemble, élus, administrations, organisations professionnelles agricoles, c’est ce que nous vous proposons aujourd’hui ".