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Négociations commerciales : du très léger mieux

Égalim / Les ministères de l’Agriculture et du Commerce ont établi le 19 janvier un point d’étape sur les négociations commerciales en cours. Celles-ci doivent se terminer, en théorie, le 1er mars prochain. 

Par Christophe Soulard
Négociations commerciales : du très léger mieux
©iStock-coldsnowstorm
La fin de la période inflationniste semble avoir quelque peu dépassionné les négociations commerciales entre les industriels et les grandes enseignes.

«De bonnes choses mais peut mieux faire ». Tel est le sentiment global que le gouvernement retient des actuelles négociations commerciales entre les industriels et les grandes enseignes. L’objectif du gouvernement à travers ce comité de suivi est de prendre la température et de « s’assurer de la bonne tenue des négociations ». Autrement dit, le gouvernement n’a pas vocation et, surtout, n’a pas à intervenir dans les échanges entre industriels et grande distribution « car les négociations sont privées », ont insisté les deux cabinets ministériels. Pour les conseillers du ministre Serge Papin (ancien PDG de Système U, ndlr), « l’ambiance des négociations est plus calme que les années précédentes ». Cette relative sérénité tiendrait pour eux à l’application de la charte d’engagements mutuels que les représentants des transformateurs et ceux de la grande distribution1 avaient signée le 30 novembre dernier. « Depuis, rares sont les deux parties qui se sont publiquement exprimées, ce qui est un bon signe », indique ce proche de Serge Papin. « Cette charte fonctionne à peu près bien », estime-t-on aussi du côté du ministère de l’Agriculture. Les signataires de cet accord devaient terminer leurs négociations le 15 janvier, mais les deux cabinets ne savent pas combien d’enseignes et d’industriels y sont parvenus. Pour les non-signataires, les discussions se poursuivent et devraient d’ailleurs aller au-delà de la date butoir du 1er mars. Déjà l’an dernier, selon l’Institut de liaison des entreprises de consommation (Ilec), au 4 mars 2025, seulement environ 64 % des accords avaient été signés.

« Stratégie de contournement »

D’ailleurs tout n’est pas rose dans ces négociations et les deux cabinets ministériels ont relayé quelques « imperfections » comme les « menaces de déréférencement qui sont toujours là », remarque un proche de Serge Papin. Au ministère de l’Agriculture, on s’inquiète aussi de la stratégie de contournement que certaines enseignes mettent en place, notamment à travers les centrales d’achat européennes. Pact’Alim, l’organisation professionnelle qui représente les intérêts d’environ 3 000 PME et ETI de l’industrie agroalimentaire, observe que les mauvaises habitudes perdurent. Sur la charte du 30 novembre, « les entreprises sont aujourd’hui très loin des objectifs affichés ». Selon un sondage mené par cette organisation, « une très large majorité des entreprises répondantes (80 %) indiquent ne constater, à date, aucun changement, voire une dégradation, dans le comportement des acheteurs, par rapport aux campagnes précédentes », a-t-elle annoncé dans un communiqué le 19 janvier. « Il est encore trop tôt pour dire si les négociations sont à la hausse ou à la baisse », assure-t-on dans les deux ministères. Toutefois, la fin de la période inflationniste semble avoir quelque peu dépassionné ces négociations, et les manifestations agricoles de ces dernières semaines ont mis un peu plus la pression sur l’aval des filières pour faire respecter la matière première agricole et les lois Égalim.

Christophe Soulard

1 - Ania, Coopération agricole, Feef, IIec et Pact’Alim pour les fournisseurs/transformateurs et la Fédération du commerce et de la distribution (distributeurs).