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Agrioccasions, les occasions agricoles
Crise de l'élevage

Première sommation... !

Les Jeunes agriculteurs de Saône-et-Loire commencent à s'énerver. Voilà des mois et des mois qu'ils alertent les pouvoirs publics sur la gravité de la crise actuellement traversée par le monde de l'élevage. Manifestement, en vain ! Ils ont pourtant apporté leur contribution à la réflexion générale, notamment dans le dossier "année blanche" avant de se faire éconduire purement et simplement. Maintenant que la sécheresse vient complexifier un peu plus encore la situation, ils ont choisi de lancer une première sommation...
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« Ces dernières années, les agriculteurs sont confrontés à une succession de crises sans précédent. Ils sont maintenus artificiellement en vie par l’accumulation de prêts de consolidation. Cette surenchère de prêts, plébiscitée par l’État à travers divers plans dits "de soutien", aboutit à une augmentation exponentielle des annuités », dénoncent avec vigueur les Jeunes agriculteurs de Saône-et-Loire qui refusent tout net que « pour faire face à la sécheresse, un énième prêt de consolidation soit proposé ».
De fait, depuis plusieurs années déjà, les JA proposent une alternative crédible à ces prêts de consolidation « de crise » au travers de la mise en place systématique, en cas de crise avérée, d’une "année blanche". Par "année blanche", « il faut comprendre une pause d’un an dans les remboursements des prêts. Il ne s’agit pas de faire cadeau aux agriculteurs d’une annuité, mais de décaler l’échéancier d’une année. Cette pause serait une réelle bouffée d’air pour la trésorerie des exploitations. L’agriculteur pourrait ainsi se libérer de la trésorerie pour faire face à la crise. Dès l’année suivante, il reprendrait le paiement de ses annuités sans avoir dû s’endetter ».

Un refus catégorique


Face à cette méthode novatrice de gestion de crise, les banques opposent un refus catégorique, prétextant le coût énorme de la mesure et des contraintes insurmontables imposées par l’État.
De l’autre côté, l’État prétend qu’il n’y peut rien, que cela coûterait trop cher et que les banques y sont opposées...
« Pendant ce match de ping-pong, des agriculteurs souffrent et de nombreuses exploitations ne survivront pas jusqu’au 31 décembre 2011 », s'alarment les Jeunes agriculteurs qui réfutent le fait que l’année blanche soit coûteuse. De fait, « cette mesure décale juste le remboursement des capitaux d’une année, sans laisser courir d’intérêts. Les agriculteurs se "débrouilleraient" ainsi par eux-mêmes. C’est donc une formule responsable et autonome ».
Sans cette "année blanche" appliquée à tous, un très large pan de l’agriculture française, et donc d’hommes et de femmes, s’effondrera avec toutes les conséquences économiques, mais surtout sociales et humaines, qui suivront, poursuivent les Jeunes qui ont donc choisi de lancer un "gentil" petit avertissement aux banques, mais aussi, au travers de celles-ci, à l’État, qu’il est urgent de mettre en place l’année blanche. « A défaut de réponse, cette action symbolique pourrait en appeler d’autres ». Un homme averti en vaut deux, dit-on...

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