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Quand le soleil fait fondre la facture d'électricité

Photovoltaïque / À Polminhac dans le Cantal, deux petites centrales photovoltaïques en autoconsommation ont permis d'alléger la facture annuelle d'énergie de la fromagerie et du séchage en grange.

Par Patricia Olivieri
Quand le soleil fait fondre la facture d'électricité
©UC15
Yannick et Malika Navarro (au centre) se sont appuyés sur l'expertise d'Éco Solaire, ici représentée par MM. Lhéritier (commercial), Rodier (conducteur de travaux) et Fabre (acheteur).

À la Ferme Navarro de Polminhac, où l'on produit du cantal et du salers AOP au lait de foin, l'électricité est quasiment le poste de charges le plus gourmand, avec deux blocs : la fromagerie et la cave d'affinage et, en amont, l'installation du séchage en grange (raccordée au même compteur que la salle de traite et le malaxeur). Une facture qui s’est alourdie avec l'inflation des tarifs de l'électricité post-covid et la guerre en Ukraine. Un cas d'école en quelque sorte pour justifier l'installation d'une centrale photovoltaïque avec autoconsommation. C'est le choix qu'ont opéré Yannick Navarro et son épouse Malika il y a deux ans, en faisant appel aux compétences d'Éco Solaire. Une entreprise mauriacoise experte du solaire qui avait déjà posé une petite centrale de 6 kW pour les besoins domestiques du couple.

30 % d'économie

Fin 2023, ce sont donc deux unités de 18 kW chacune qui ont été installées sur 200 m² répartis sur deux pans de toiture (côté fromagerie et séchage donc). La production des panneaux s'est avérée bien utile dès 2024 : le printemps et le début d'été pourris avaient en effet nécessité de faire tourner à plein régime le séchoir. «Dès la première année, l'autoconsommation nous a couvert la hausse », indique le producteur de lait et de fromages. Et sur 2025, la facture a été abaissée d'un gros tiers (- 8 000 €). Sur 45 kWh produits, 60 % sont injectés dans le réseau, vendus par l'EARL au tarif de 8 centimes d'euro. En théorie, car pour l'heure, seul un compteur est autorisé à injecter dans le réseau. «Nous avons fait la demande de raccordement des deux compteurs en même temps mais les deux dossiers ont été traités par deux personnes différentes chez Enedis, et pour l'instant, une seule a donné le feu vert », se désole Fabien Rodier, conducteur de travaux chez Éco Solaire, qui a accompagné le projet.

Raccordement : ça coince

Mais, même sans cela, l'économie financière est substantielle et, quand tout sera rentré dans l'ordre et une fois l'emprunt remboursé, Yannick et Malika Navarro ont calculé un gain de 2 000 €. Sachant qu'ils ont déjà bénéficié d'une aide au kWh installé de 1 200 €/compteur. Si la pose des panneaux est une phase rapide, l'étape des branchements électriques pour le raccordement est un peu plus technique qu'en cas d'une production avec revente totale d'électricité. Mais au global, sur la ferme, les deux phases cumulées n'ont pas dépassé les 15 jours. « Yannick a été dans les premiers à nous solliciter, beaucoup d'autres agriculteurs, sur le même modèle énergivore de transformation fromagère avec séchage, ont suivi », relève Mathieu Lhéritier, commercial à Éco Solaire.

Investir pour l'avenir

Une équipe de l'entreprise est à la manœuvre pour la pose de panneaux d'une autre centrale, plus puissante, de 163 kW. «Mon idée était que le photovoltaïque aide à financer au plus vite le bâtiment de stockage, qui accueille également les génisses et les vaches taries », indique l'éleveur. « On espère de premières retombées en juin 2026 », indique Yannick Navarro, qui a souscrit un contrat de revente à 11,87 c€/kWh*. Là encore, avec l'objectif qu'une fois l'investissement amorti (sur 15 ans), cette production d'énergie amène une rente annuelle de 3 000 €.

* Contre 8,89 c€/kWh dans le dernier appel d’offres.

©UC15 / Deux centrales de 18 kW de puissance chacune sont en service pour assurer une partie des besoins de l'exploitation.

Yannick et Malika Navarro (au centre) se sont appuyés sur l'expertise d'Éco Solaire, ici représentée par MM. Lhéritier (commercial), Rodier (conducteur de travaux) et Fabre (acheteur).

Patricia Olivieri