Quand les prairies fleuries racontent l’avenir de l’élevage
Sur le versant ouest du massif du Sancy, à 1 000 mètres d’altitude, Christophe et Denis Mampon ne font pas que du fromage. Dans leur exploitation de 130 hectares, ils écrivent, jour après jour, une histoire d’équilibre entre la terre, les vaches laitières et l’homme. Le Gaec des Ribeyres Basses vient d’ailleurs d’être récompensé pour ses activités en faveur des prairies naturelles de montagne, au Concours général agricole 2026 des pratiques agroécologiques, dans la catégorie "pâturage secondaire, montagne".
« Nous souhaitons valoriser au maximum nos prairies naturelles par le pâturage. L’enjeu est d’éviter de dégrader la flore de nos prairies pour qu’elles conservent leur appétence et leur productivité. Nous sommes donc vigilants sur la fertilisation et les pratiques de pâturage », témoignent Christophe et Denis Mampon. Ici, pas de recette magique, juste du bon sens, de l’observation et une pointe d’obstination.
L’équilibre prairie, vache et homme
Le Concours général agricole des pratiques agroécologiques (CGA PAE) distingue chaque année les agricultrices et agriculteurs qui démontrent qu’il est possible de concilier performance agricole et enjeux environnementaux. Christophe et Denis Mampon font cette année partie des lauréats pour la région Auvergne, avec Simon Rouault situé à Saint-Plaisir dans l’Allier. Chez les Mampon, le jury du concours a évalué une parcelle de 4 ha, entièrement en prairie permanente, exploitée depuis 7 ans et toujours pâturée. Située à proximité de l’exploitation, cette parcelle est principalement utilisée pour le pâturage, avec une gestion adaptée de la hauteur de l’herbe pour éviter les refus et préserver la qualité des prairies. Elle se trouve dans le parc naturel régional des Volcans d’Auvergne, traversée en contrebas par le ruisseau La Mortagne. Le jury du Concours général agricole a été séduit par « le bon équilibre » de la prairie des Mampon. « Une diversité floristique qui a su être conservée, alors que cette parcelle aurait pu être davantage exploitée (surpâturée) et très fertilisée de par sa proximité à l’exploitation et sa facilité d’exploitation (terrain peu pentu). » Pour les éleveurs, cette distinction honorifique vient récompenser leur travail quotidien. Sur leur parcellaire composé à 100 % de prairies permanentes, toutes à des altitudes similaires (1 000 m), l’objectif est de valoriser au maximum l’herbe par le pâturage, sans déséquilibrer le milieu et ce d’avril jusqu’à novembre. La gestion des parcelles est donc des plus délicates pour éviter de se faire déborder par l’herbe, mais aussi pour conserver une flore diversifiée.
Mélodie Comte
Concours général agricole / Le Gaec des Ribeyres Basses de La Tour-d’Auvergne est finaliste du Concours général agricole 2026 des pratiques agroécologiques dans la catégorie "pâturage secondaire, montagne".