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Territoires de faune sauvage

Territoires de faune sauvage : un séduisant label européen

“Territoires de Faune Sauvage” : ce label qui concilie viabilité économique et préservation de l’écologie séduit de plus en plus les propriétaires privés.

À l’occasion de la remise des prix aux lauréats, la Fondation François Sommer a organisé à Paris une rencontre pour souligner leur contribution à la préservation de la biodiversité. Forestiers, chasseurs, agriculteurs et membres des organismes gestionnaires du label étaient en nombre, signe que les thèmes de la biodiversité et du réchauffement climatique sont au cœur des préoccupations de ces propriétaires terriens. Ils gèrent 75 % des forêts françaises et plus de la moitié des terres agricoles. Or, les indicateurs sont mauvais : les zones humides disparaissent, on assiste à l’arasement des haies et à un effondrement de la faune sauvage. Ces données inquiètent les propriétaires privés, et les incitent à adopter de nouvelles pratiques de sauvegarde de l’environnement. D’où le succès de cette démarche.

Depuis la création du label en 2005 par l’association européenne des propriétaires fonciers (European Landowners Organization) 580 territoires ont été labellisés en Europe dans seize pays différents, couvrant une superficie de deux millions d’hectares. En France, le chiffre de cent « Territoires de Faune Sauvage — TFS » labellisés devrait être atteint cette année, soit près de 30.000 hectares. Vingt-cinq nouveaux TFS viennent d’être reconnus. Depuis 2016, c’est la Fondation François Sommer qui instruit et accompagne en France les dossiers des candidats au label avec les fédérations de chasseurs et l’Office français de la biodiversité (OFB). Les vingt-cinq territoires labellisés cet automne sont des zones humides, des forêts ou des prairies agricoles, d’une superficie moyenne de 130 hectares, comme « la Dune aux loups » dans la Somme, « la ferme du Monastère » dans l’Eure, mais aussi des territoires de quelques dizaines d’hectares tels « les prairies de la basse coudre » ou « la zone humide de la Léchère », toutes deux dans l’Aube.

Une vision humaniste de l’écologie

En associant chasse et préservation de la nature, « cette vision humaniste de l’écologie valorise l’action économique des propriétaires privés du territoire, qu’ils soient éleveurs, cultivateurs ou chasseurs et démontre qu’ils protègent la biodiversité », déclare Alban de Loisy, directeur général de la fondation. Pour favoriser la biodiversité, favoriser la faune, les propriétaires plantent des haies, protègent les zones humides et utilisent la panoplie de mesures existantes, tels Natura 2000, destinées à protéger les milieux naturels fragilisés.

C’est le cas des marais le long de la rivière La Toucques dans le Calvados où l’on souhaite préserver le pâturage extensif. Pour cela, il faut laisser en eau le plus longtemps possible dans la saison. Philippe Justeau, vice-président de la Fédération nationale de la chasse (FNC), pour qui les chasseurs sont les premiers écologistes de France.

Mieux connaître son territoire

Le principal avantage du propriétaire d’un territoire labellisé TFS est une meilleure connaissance de son domaine grâce au diagnostic réalisé par l’OFB. Un diagnostic qui permet d’anticiper, mais aussi d’innover. C’est aussi une reconnaissance par l’état et les élus locaux. Pour Thierry de l’Escaille, président de l’association européenne des propriétaires fonciers, « ce label accroche les jeunes générations à leurs territoires. J’ai des cultures, mais j’ai aussi des haies et des mares. » En conclusion, Olivier Thibault, directeur général l’OFB, a rappelé que la nature n’est pas figée. « Il n’y aura probablement plus de hêtres dans cinquante ans. Il faut travailler ensemble, chasseurs, agriculteurs, forestiers… Si possible pas contre l’OFB », a-t-il ajouté avec une pointe d’humour.

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