Accès au contenu
Agrioccasions, les occasions agricoles
MSA Bourgogne

Un modèle de proximité à défendre

Le 22 janvier après-midi, à la Maison Mâconnaise des vins à Mâcon, la Mutualité sociale agricole (MSA) Bourgogne a présenté ses vœux 2026 devant ses salariés et ses partenaires. Une cérémonie dense, marquée par l’émotion, un fort volontarisme et un message de vigilance face aux contraintes budgétaires à venir.

Par Cédric Michelin
Un modèle de proximité à défendre

La rencontre a débuté par l’intervention d’Armelle Rutkowski, directrice de la MSA Bourgogne. Dans un propos sobre, elle a tenu à rendre hommage à un collègue récemment disparu, rappelant combien la dimension humaine et collective est constitutive de l’identité de la MSA. « La MSA, c’est d’abord un collectif de travail. Dans les moments difficiles comme dans le quotidien, notre force, c’est d’être là les uns pour les autres », a-t-elle souligné, élargissant ses propos à l'ensemble des agriculteurs et viticulteurs de Saône-et-Loire et de Bourgogne. Une cérémonie qui, au-delà des enjeux institutionnels, a donc mis en avant les valeurs de proximité et d’engagement.

Nouvellement élue présidente de la caisse régionale, Mauricette Besançon a ensuite prononcé son premier discours de vœux dans cette fonction à Mâcon. Elle a rappelé son parcours au sein de la MSA, depuis ses débuts comme déléguée en 1999 jusqu’à ses responsabilités d’administratrice, avant d’exprimer son attachement profond au modèle agricole de protection sociale. Revenant sur l’année 2025, elle a dressé le constat d’un contexte agricole toujours très dégradé. « Les crises se succèdent, climatiques, sanitaires, économiques, et elles fragilisent profondément les exploitations. Plus que jamais, le monde agricole a besoin d’être accompagné », a-t-elle déclaré. Par une mutualité connaissant parfaitement les travailleurs du vivant et non par une caisse générale, ne faisant déjà plus aucune différence entre un industriel et un artisan.

« Aller vers » et PANI : une MSA plus proactive

Face à ces difficultés, la présidente a mis en avant les actions concrètes menées par la MSA Bourgogne pour soutenir ses ressortissants, qu’il s’agisse de l’accompagnement financier, du renforcement de l’action sociale ou du développement de dispositifs de prévention. Mauricette Besançon a souligné que ces actions s’inscrivent pleinement dans la grande cause nationale 2025 consacrée à la santé mentale, prolongée en 2026, et qu’elles traduisent une volonté claire de ne pas laisser les situations de détresse s’installer.

Au cœur de son propos, Mauricette Besançon a insisté sur la démarche « Aller vers », qui consiste à détecter précocement les situations de fragilité plutôt que d’attendre que les assurés sollicitent l’institution. « La démarche “Aller vers”, c’est refuser d’attendre que la détresse arrive jusqu’à nous. C’est aller au-devant des situations de fragilité pour intervenir le plus tôt possible », a-t-elle expliqué. Cette logique proactive est aujourd’hui structurée par l’approche PANI, pour prévention, accompagnement, non-recours et isolement. « L’approche PANI est devenue un pilier de notre action pour ne laisser personne au bord du chemin », a-t-elle ajouté, rappelant que la lutte contre le non-recours et l’isolement figure désormais au cœur des priorités de la caisse régionale, avec des résultats plus que probants. « En Bourgogne, depuis trois ans, nous sommes passés de 10 à 80 % de réponses aux ressortissants, et ce, grâce à nos élus délégués qui font le lien entre le terrain et les bonnes personnes dans les services », se félicite la directrice.

La présidente a par ailleurs rappelé le renouvellement des délégués cantonaux bourguignons pour cinq ans, désormais 532 élus répartis sur le territoire. Elle a justement insisté sur leur rôle central de relais de proximité entre la MSA et les adhérents, chargés de recueillir les besoins, d’informer et d’orienter vers le bon interlocuteur. Ce maillage territorial, a-t-elle souligné, est l’un des fondements de la capacité de la MSA à pratiquer concrètement le « Aller vers » et à maintenir une relation humaine de qualité avec ses ressortissants. Elle a également évoqué la poursuite de la simplification administrative, avec notamment l’ouverture prochaine de nouveaux services en ligne, et une grande concertation menée fin 2025 auprès des ressortissants afin de mieux cerner leurs besoins.

Parmi les perspectives 2026, Mauricette Besançon a évoqué la mise en œuvre du calcul des retraites agricoles sur les vingt-cinq meilleures années, qu’elle a qualifiée « d’avancée sociale majeure attendue depuis longtemps au nom de l’équité et de la justice sociale ». Une réforme emblématique, très attendue par le monde agricole, qui s’inscrit dans une volonté plus large de justice sociale.

Choc budgétaire annoncé

Mais le message le plus appuyé de son intervention a porté sur l’avenir financier de l’institution. La présidente a alerté sur les limites de la loi de financement de la Sécurité sociale 2026, qu’elle a jugée insuffisante pour répondre à l’ensemble des besoins de la protection sociale agricole. Elle a surtout insisté sur l’enjeu stratégique majeur des mois à venir : les négociations de la future Convention d’objectifs et de gestion (COG), qui doit fixer les moyens humains, financiers et organisationnels de la MSA pour cinq ans. Elle a reconnu que ce chantier s’annonçait particulièrement difficile dans un contexte de rigueur budgétaire et de renouvellement des élus, appelant à la mobilisation de tous les relais pour défendre un projet ambitieux au service des ressortissants.

Premier vice-président, François Vaillant a prolongé ce message d’alerte budgétaire dans une intervention résolument politique. Il a replacé l’action de la MSA dans un contexte national de fortes tensions économiques, sociales et financières. Selon lui, la poursuite des contraintes sur les finances publiques pèsera directement sur les territoires ruraux, déjà moins dotés en leviers d’action. Pourtant, le monde agricole, a-t-il rappelé, est en première ligne, confronté à la pression économique, à la fragilisation de certains secteurs, aux inquiétudes sur la transmission des exploitations et aux exigences environnementales croissantes.

François Vaillant a défendu avec force la singularité du modèle MSA, fondé sur un guichet unique, une gouvernance démocratique, un ancrage territorial fort et une relation humaine de proximité. « On ne peut pas exiger toujours plus de missions, plus de services, plus de proximité, tout en réduisant les moyens : ce n’est ni réaliste, ni responsable », a-t-il martelé. « Défendre les moyens de la MSA, ce n’est pas défendre une institution pour elle-même, c’est défendre un modèle de solidarité territoriale au service du monde agricole », a-t-il insisté.

Au fil des discours, un même fil conducteur s’est dégagé : la volonté de rester proactif, proche du terrain et fidèle aux valeurs fondatrices de la MSA. « Notre singularité, c’est d’être à la fois un guichet unique, une organisation professionnelle agricole et un réseau humain ancré dans les territoires », a résumé Mauricette Besançon.

Un message à la fois volontariste et lucide, adressé aux agriculteurs et viticulteurs affiliés : la MSA Bourgogne entend continuer à les accompagner dans leur quotidien, à simplifier leurs démarches, à prévenir les situations de détresse et à défendre leurs droits, tout en se préparant à un bras de fer institutionnel sur les moyens à venir dans le cadre de la prochaine COG.

Cédric Michelin

Sujets