Congrès de la FNSEA
Vent de fronde contre l’accumulation des contraintes et des charges
Les représentants de la FNSEA réunis en congrès à Saint-Malo, les 29,
30 et 31 mars se sont montrés très offensifs contre l’accumulation des
contraintes et des charges qui pèsent sur les exploitations. Il semble
que le message ait été entendu sur le coût du travail. Le Premier ministre, François Fillon, a
annoncé un dispositif d’allègement des charges patronales pour... 2012.
30 et 31 mars se sont montrés très offensifs contre l’accumulation des
contraintes et des charges qui pèsent sur les exploitations. Il semble
que le message ait été entendu sur le coût du travail. Le Premier ministre, François Fillon, a
annoncé un dispositif d’allègement des charges patronales pour... 2012.
« Vous nous demandez de courir le marathon avec des semelles de plomb ». Ces propos de Xavier Beulin devant le Premier ministre François Fillon résumaient l’ambiance qui a régné au dernier congrès de la FNSEA les 29, 30 et 31 mars Saint-Malo. Les agriculteurs en ont raz-le-bol de toutes les contraintes et charges qui s’accumulent sur leur exploitation et qui sont à l’origine du déclin de l’agriculture française. Au cours des dix dernières années, par exemple, les surfaces légumières françaises ont baissé de 15 % quand elles ont progressé de 21 % en Allemagne ! Et que dire du porc dont la production stagne en France, quand elle ne régresse pas, alors qu’elle explose dans le même temps en Allemagne. Et le lait. Et la viande bovine...
En première ligne, les règles environnementales. « Nous dénonçons l’accumulation réglementaire des contraintes environnementales qui pèsent comme un boulet sur la compétitivité des exploitations agricoles », a dénoncé Christiane Lambert, première vice-présidente de la FNSEA. Sans parler des incohérences et des incompatibilités des textes auxquelles les agriculteurs sont souvent confrontés. Sur ce dossier d’ailleurs, la FNSEA a décidé de prendre les devants. Le rapport d’orientation évoque un pacte environnemental avec la société. Christiane Lambert explique : « Nous devons avoir une approche offensive et défensive. A la fois dire ce que nous faisons : les éléments topographiques pour protéger la biodiversité, les bandes enherbées, la réduction des phyto et des engrais. Mais aussi nous opposer à toutes les initiatives qui peuvent engendrer des distorsions de concurrence avec les autres pays, comme sur les installations classées par exemple ». Des initiatives en ce sens seront prises prochainement sur le terrain pour valoriser les démarches positives des agriculteurs en matière de protection de l’environnement.
Dispositif ciblé
Il semble que le message soit désormais entendu par les pouvoirs publics. François Fillon s’est montré attentif au raz-le-bol des paysans. « Sur les questions environnementales, la méthode est maintenant claire : Grenelle de l’environnement, pragmatisme et pas de distorsions de concurrence avec nos voisins européens », a-t-il indiqué.
De la même façon, il s’est montré attentif aux préoccupations des agriculteurs sur le coût du travail et qui pèse fortement sur la compétitivité de l’agriculture française. « Peut-on imaginer de cibler cette mesure sur certains produits et au profit de certaines professions comme la vôtre ? », s’est-il interrogé. « Avec le président de la République, nous y sommes décidés ». Avant d’annoncer qu’il demanderait au Parlement de se prononcer « sur une disposition concrète - dès cet automne - dans le cadre de l’examen de la loi sur le financement de la sécurité sociale ». A condition, bien entendu, « de lever l’obstacle européen ». Le Gouvernement ne veut pas se lancer dans un dispositif qui serait contraire au droit européen. En tout cas, le Gouvernement semble préférer une approche sectorielle, plutôt qu’une modification de l’assiette des cotisations sociales en faisant porter le financement de la protection sociale sur la consommation et non sur le travail, comme le propose la FNSEA. En tout cas, il y a urgence. Plusieurs délégations ont évoqué les distorsions sur le coût du travail permanent inacceptable entre la France et l’Allemagne (12 à 7 €/heure respectivement),ou avec l’Espagne (4,5 €/h)...
Indexation ou répercussion ?
Le Premier ministre s’est également montré relativement ouvert à la mise en place d’un mécanisme d’indexation des coûts de production agricoles dans les prix alimentaires, comme le lui a proposé Xavier Beulin. A la manière d’Air France qui n’hésite pas à la faire sur les billets d’avion avec la taxe kérosène, quand le prix du pétrole flambe. « Si nous voulons garantir un revenu décent aux producteurs agricoles et notamment aux éleveurs, si nous voulons assurer la pérennité de nos entreprises agro-alimentaires, il est légitime de réfléchir à la façon dont les coûts de production se répercutent dans les prix de vente », a indiqué François Fillon. Sans plus de précisions sur le calendrier et les modalités.
De la même manière, il s’est montré favorable à l’établissement de contrats entre les filières végétales et animales. « J’attends beaucoup des propositions que vous présenterez au ministre de l’Agriculture pour avoir un dispositif opérationnel début juillet », a-t-il indiqué.
Pour le reste, le Premier ministre est allé dans le sens des demandes de la FNSEA. Qu’il s’agisse de la Pac où « la France défendra le maintien du budget ». Ou de la lutte contre la volatilité des prix des matières premières agricoles sur laquelle le président de la République s’est également engagé. Un sommet réunissant les ministres de l’Agriculture du G 20 se réunira sur ce sujet, les 22 et 23 juin prochain à Paris, quelques jours après le forum organisé par les FNSEA, les 16 et 17 juin qui accueillera plus de 150 délégations du monde entier.
En première ligne, les règles environnementales. « Nous dénonçons l’accumulation réglementaire des contraintes environnementales qui pèsent comme un boulet sur la compétitivité des exploitations agricoles », a dénoncé Christiane Lambert, première vice-présidente de la FNSEA. Sans parler des incohérences et des incompatibilités des textes auxquelles les agriculteurs sont souvent confrontés. Sur ce dossier d’ailleurs, la FNSEA a décidé de prendre les devants. Le rapport d’orientation évoque un pacte environnemental avec la société. Christiane Lambert explique : « Nous devons avoir une approche offensive et défensive. A la fois dire ce que nous faisons : les éléments topographiques pour protéger la biodiversité, les bandes enherbées, la réduction des phyto et des engrais. Mais aussi nous opposer à toutes les initiatives qui peuvent engendrer des distorsions de concurrence avec les autres pays, comme sur les installations classées par exemple ». Des initiatives en ce sens seront prises prochainement sur le terrain pour valoriser les démarches positives des agriculteurs en matière de protection de l’environnement.
Dispositif ciblé
Il semble que le message soit désormais entendu par les pouvoirs publics. François Fillon s’est montré attentif au raz-le-bol des paysans. « Sur les questions environnementales, la méthode est maintenant claire : Grenelle de l’environnement, pragmatisme et pas de distorsions de concurrence avec nos voisins européens », a-t-il indiqué.
De la même façon, il s’est montré attentif aux préoccupations des agriculteurs sur le coût du travail et qui pèse fortement sur la compétitivité de l’agriculture française. « Peut-on imaginer de cibler cette mesure sur certains produits et au profit de certaines professions comme la vôtre ? », s’est-il interrogé. « Avec le président de la République, nous y sommes décidés ». Avant d’annoncer qu’il demanderait au Parlement de se prononcer « sur une disposition concrète - dès cet automne - dans le cadre de l’examen de la loi sur le financement de la sécurité sociale ». A condition, bien entendu, « de lever l’obstacle européen ». Le Gouvernement ne veut pas se lancer dans un dispositif qui serait contraire au droit européen. En tout cas, le Gouvernement semble préférer une approche sectorielle, plutôt qu’une modification de l’assiette des cotisations sociales en faisant porter le financement de la protection sociale sur la consommation et non sur le travail, comme le propose la FNSEA. En tout cas, il y a urgence. Plusieurs délégations ont évoqué les distorsions sur le coût du travail permanent inacceptable entre la France et l’Allemagne (12 à 7 €/heure respectivement),ou avec l’Espagne (4,5 €/h)...
Indexation ou répercussion ?
Le Premier ministre s’est également montré relativement ouvert à la mise en place d’un mécanisme d’indexation des coûts de production agricoles dans les prix alimentaires, comme le lui a proposé Xavier Beulin. A la manière d’Air France qui n’hésite pas à la faire sur les billets d’avion avec la taxe kérosène, quand le prix du pétrole flambe. « Si nous voulons garantir un revenu décent aux producteurs agricoles et notamment aux éleveurs, si nous voulons assurer la pérennité de nos entreprises agro-alimentaires, il est légitime de réfléchir à la façon dont les coûts de production se répercutent dans les prix de vente », a indiqué François Fillon. Sans plus de précisions sur le calendrier et les modalités.
De la même manière, il s’est montré favorable à l’établissement de contrats entre les filières végétales et animales. « J’attends beaucoup des propositions que vous présenterez au ministre de l’Agriculture pour avoir un dispositif opérationnel début juillet », a-t-il indiqué.
Pour le reste, le Premier ministre est allé dans le sens des demandes de la FNSEA. Qu’il s’agisse de la Pac où « la France défendra le maintien du budget ». Ou de la lutte contre la volatilité des prix des matières premières agricoles sur laquelle le président de la République s’est également engagé. Un sommet réunissant les ministres de l’Agriculture du G 20 se réunira sur ce sujet, les 22 et 23 juin prochain à Paris, quelques jours après le forum organisé par les FNSEA, les 16 et 17 juin qui accueillera plus de 150 délégations du monde entier.