Plan National Dépérissement du Vignoble
Chercheurs et techniciens mobilisés à Beaune dans le cadre du Plan National Dépérissement du Vignoble

Les 9 et 10 janvier dernier, près de 150 chercheurs et techniciens se sont réunis à l’invitation du BIVB pour un séminaire intitulé « Recherche et transfert, quelles synergies ? » et organisé dans le cadre du Plan National Dépérissement du Vignoble. L’occasion de mettre en relation tous les acteurs de la recherche et du développement de la filière pour favoriser le transfert des informations et la diffusion des premiers résultats des nombreux projets engagés.

Chercheurs et techniciens mobilisés à Beaune dans le cadre du Plan National Dépérissement du Vignoble

L’espace de deux journées, les échanges ont permis de consolider la co-construction et la transversalité dans la lutte contre le dépérissement du vignoble. Ce fut également une étape importante pour préparer la suite du programme, notamment à travers un appel à projets.

24 projets présentés

Ces deux journées auront permis, dans un premier temps, de faire état de l’avancée des projets, au nombre de 24, et de dévoiler les premiers résultats des projets les plus avancés. A titre d’exemple, les chercheurs du programme Physiopath ont démontré que le dysfonctionnement hydraulique constaté dans les maladies du bois est dû à la présence de gel (tyloses) dans les vaisseaux conducteurs de sève. Cela pourrait aider à mieux déterminer leur rôle dans la vulnérabilité de la vigne aux maladies vasculaires et la sécheresse. Pour rappel, ce projet a pour ambition de lever des verrous existant à l’interface de la pathologie et de l’écophysiologie afin d’identifier des outils de diagnostic du dépérissement de la vigne pouvant être utilisés par la profession viticole.

De son côté, Anne-Sophie Spilmont a, dans le cadre du programme Origine, dévoilé des résultats intéressants sur la qualité de la greffe. Par exemple, l’étude du point de greffe via de nouvelles techniques d’imagerie a permis de distinguer trois types de greffe : réussie, intermédiaire et rejetée. Ces techniques vont aider à l’amélioration des procédés de production en pépinière. Le projet Origine, lauréat de l’appel à projets 2017, a pour objectif d’améliorer la maîtrise de la production de plants de qualité pour assurer la longévité des vignobles. Avec quelques premiers résultats d’expérimentations instructifs. Ainsi, la production et la comparaison de bois avec différents niveaux de réserves carbonées ont permis d’observer que la quantité de réserves semble être en relation avec la capacité de reprise des plants. Par ailleurs, l’analyse du point de greffe par des techniques d’imagerie de pointe a permis la détermination de trois catégories : soudure réussie, intermédiaire et rejetée. Cet outil va aider à l’amélioration des procédés de production en pépinière. D’autre part, une méthodologie d’analyse a été mise au point pour étudier les thylloses. Les chercheurs travaillent actuellement sur un potentiel lien entre la présence de thylles dans différentes parties des plants et leur non-reprise. Enfin, des travaux sur l'influence de la longueur des racines lors d’une plantation à la machine montrent que ce paramètre a un fort impact sur la distribution racinaire après plusieurs années.

Quelques avancées intéressantes

Pour sa part, le projet Vitimage, par des techniques d’imagerie IRM ou tomographie à rayon X, parvient à retracer la colonisation des maladies du bois dans un cep de vigne. Il est ainsi possible de comprendre la propagation de la maladie, des tissus malades vers les tissus sains. Ce suivi de colonisation ouvre la voie à des solutions pour améliorer la prévention, la qualité des plants et la maîtrise des risques biologiques liés au dépérissement.

Enfin, le projet Vaccivine, basé sur la prémunition des vignes contre le virus responsable du Court-Noué, avance des résultats très prometteurs qui pourraient entraîner, à terme, une réorganisation de la filière « matériel végétal ». Pour une plus grande efficience, chaque équipe de recherche a présenté des panneaux résumant son projet et ses premières conclusions. Ceux-ci étaient parfois accompagnés d’une vidéo ou d’une présentation orale.

Dans un second temps, onze ateliers de travail sur les grandes thématiques du dépérissement ont réuni chercheurs et techniciens pour faire le bilan des avancées obtenues dans la lutte contre le dépérissement du vignoble en vue de préparer l’appel à projets 2020. Les nouveaux axes de cet appel à projets, comme l’épidémiologie et le traitement des données pour mieux analyser le suivi de certaines maladies, ont été présentés. Ces séances de travail ont été très fructueuses puisque quasiment 300 contributions ont été reçues en une heure d’échanges. Par la suite, une sélection de projets sera faite selon les axes de travail priorisés.