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Annie Genevard rehausse le plafond de prélèvement du loup

PRÉDATION / Parmi les annonces pour tenter de calmer la colère agricole, la ministre de l’Agriculture a annoncé vouloir augmenter le plafond de prélèvement de loups de 10 %. D’autres assouplissements allant au-delà du cadre présenté fin 2025 sont prévus.

Annie Genevard rehausse le plafond de prélèvement du loup
©Shutterstock
Selon la dernière estimation, publiée fin novembre, la France comptait autour de 1 082 loups à la sortie de l’hiver 2024-2025.

Le plafond annuel de prélèvement de loups va « augmenter de 10 % », a annoncé la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, lors d’une conférence de presse présentant les mesures visant à calmer la colère agricole. Au lieu de 19 % de la population estimée, « le quota est porté à 21 % », a précisé son cabinet dans la foulée. Selon la dernière estimation, publiée fin novembre, la France comptait autour de 1 082 loups à la sortie de l’hiver 2024-2025. Cet effectif est en légère hausse sur un an, mais les dégâts causés par la prédation augmentent, eux, davantage. « Il y a eu plus de 4 000 attaques en 2025, plus de 12 000 bêtes qui sont mortes. C’est infernal », s’est émue Annie Genevard. Le plafond sera ainsi porté à 227 loups, contre 206 actuellement. La réponse de la ministre sur la prédation est « en deçà des attentes », a réagi la FNSEA, qui demande de longue date le relèvement du plafond.

Arrêté-cadre publié avant le Salon

« Notre régime de régulation doit être revu et il le sera, car il n’est plus adapté au fait que le loup s’étend de plus de plus dans des territoires nouveaux et qu’il se multiplie », a estimé Annie Genevard. Après l’abaissement du statut de protection du loup, le gouvernement envisage de remplacer les actuelles dérogations individuelles par un système de déclaration (sans condition de mise en place de moyens de protection). Mis en consultation fin 2025, ce texte sera publié « avant le Salon de l’agriculture », a précisé Mathieu Lefèvre, ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, avec « une mise en œuvre rétroactive sur l’année 2026 ». Quelques jours plus tard, le ministère de l’Agriculture indiquait vouloir aller plus loin. À l’occasion d’un point avec la presse le 14 janvier, le cabinet de la ministre a indiqué qu’en amont du projet de loi d’urgence agricole, de nouvelles annonces seront faites par Annie Genevard, permettant « des assouplissements majeurs des règles d’engagement de tir », notamment dans les zones d’expansion du loup. Ces annonces iront plus loin que l’arrêté « fixant les conditions et limites » des destructions de loups, tel qu’il a été mis en consultation en décembre, et dont la parution prévue en janvier a été retardée. La ministre présentera les nouvelles conditions assouplies d’accès aux tirs de défense « lors d’un déplacement dans les jours prochains », a-t-elle précisé.

Le cas des bovins à venir dans la loi d’urgence

Concernant le futur projet de loi d’urgence agricole, le cabinet a indiqué que le volet consacré à la prédation pourra aussi concerner l’ours et le vautour. Pour le loup, le ministère compte notamment réécrire une « partie » de la loi d’orientation agricole (LOA), qui a inscrit les tirs de défense des élevages de bovins dans un régime d’autorisation, ce qui ne permet pas d’assouplissement (passage en régime de déclaration) par voie réglementaire. Considérés comme « non protégeables », les élevages bovins et équins jouissent d’un régime particulier. Un arrêté paru en juin 2025 fixe deux voies pour accéder aux tirs de défense : la première (règle générale) nécessite qu’ils aient subi une prédation au cours des 12 derniers mois ; la seconde, valable dans les zones historiques de prédation (cercles 0 et 1), leur impose de mettre en œuvre des « mesures de réduction de la vulnérabilité » avant de demander des tirs. Plus largement, reconnaît le ministère, « dans le Code rural, il n’y a pas de disposition très étoffée sur le loup. Ce serait l’occasion de sécuriser les décisions réglementaires ». n

M. R., Y. G.