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Viticulture

Après l'arrachage, la peur du vide

Frappé par une baisse de consommation, le secteur viticole enchaîne les arrachages. Près de 64 000 hectares sont concernés dans le cadre des aides, soit environ 8 % de surfaces en moins. Leur avenir pose question. Bien des vignes arrachées laissent les terres sans usage. Manque d'alternatives, difficultés financières, fin de carrière, plusieurs obstacles empêchent la diversification. Des collectivités se mobilisent pour accompagner certains projets. D'autres anticipent l'arrivée de nouvelles friches. Des retours de la vigne ne sont pas exclus localement. Derrière l'arrachage non aidé, (7 750 hectares sont répertoriés en Gironde) se cachent des projets de replantations de vigne.

Par Jean-Christophe Detaille
Après l'arrachage, la peur du vide
©iStock-Ganna Zelinska

 « Voir autant d'arrachages, c'est un crève-coeur, affirme Damien Onorre, président du syndicat des vignerons de l'Aude. Nos paysages sont défigurés. La suite ressemble à de la friche. Que faire d'autre ? Vu le climat ici, rien ne vaut la vigne. » Un même tableau est dressé ailleurs dans le Languedoc-Roussillon, également en Vallée du Rhône. Le Bordelais est aussi en première ligne. Frappés par une baisse de consommation, surtout en vin rouge, ces bassins de production engagent une nouvelle vague d'arrachage (27 900 hectares), après celle de 2025 (27 500 hectares). Deux campagnes nationales s'enchaînent ainsi, dont les vignobles du sud sont les acteurs principaux. Sans oublier un dispositif dédié à la Gironde (8 350 hectares sur 2024 et 2025). Au total, près de 64 000 hectares sont donc concernés, soit environ 8 % de surfaces en moins.Une diversification à petits pasL'avenir de toutes ces terres pose question. Faisons l'état des lieux dans le Bordelais, où la crise a débuté. Dès 2023, un plan d'arrachage a été financé par l'État, l'interprofession et la région. Résultat : 8 350 hectares de vignes ont disparu, dont les deux tiers voués à la renaturation (boisem...

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