Au-delà des « projets alibis »
Production dominante dans les projets agrivoltaïques, l’élevage ovin peut-il en faire un levier de développement ? À l’échelle nationale, l’impact promet d’être marginal en volumes, vu la faiblesse des surfaces concernées, en photovoltaïque au sol comme en agrivoltaïsme. Les doutes sont aussi nourris par l’émergence de « projets alibis », ces centrales photovoltaïques sous lesquelles quelques animaux pâturent pour entretenir les parcelles. Élaborés avant la loi Aper, mai sentrant en production actuellement, ils ne sont pas soumis àune obligation de production agricole minimale. Il faudra encore attendre plusieurs années avant de voir fonctionner les projets respectant le nouveau cadre réglementaire. Au-delà de la production agricole stricto sensu, l’agrivoltaïsme reste porteur de diverses promesses pour la résilience des élevages ovins : gestion de la production fourragère et amélioration du bien-être animal, mise en valeur de parcelles difficiles, voire début de retour de l’élevage dans certaines zones intermédiaires.
À l’ombre des panneaux solaires, jusqu’où ira la filière ovine ? Parmi les projets agrivoltaïques, associant production agricole et électricité photovoltaïque, les ovins sont majoritaires. Selon les régions, ces petitsruminants représentaient jusqu’à la moitié des projets recensés dans le premier panorama du secteur, publié par l’Ademe à l’automne 2025. Mais quel est le potentiel réel de cette technologie pour la filière ovine ? À quelle hauteur peut-elle contribuer à la croissance de la production d’agneaux, objectif affiché par Interbev dans le cadre des Conférence de la souveraineté ? La question mérite d’être posée, car « les projets qui sortent de terre aujourd’hui ou dans les prochaines années sont à 90 % des projets pré-loi Aper », constate Alizée Loiseau, responsable Agrivoltaïsme chez Agrosolutions (cabine tde conseil du groupe InVivo). Ils ne sont donc pas tenus de respecter lescritères de production agricole minimale fixés par la loi sur l’accélération des énergies renouvelables, promulguée en mars 2023. Une absence d’encadremen tqui a nourri la méfiance envers les « projets alibi », où la présence d’ovins se limite à de l’écopâturage pour l’entretien des surfaces...
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