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Agrioccasions, les occasions agricoles

Bâtiment semi-ouvert : des salers à l'abri qui respirent le grand air

CONSTRUCTION / Bâtiment semi-ouvert, aire de repos paillée, caillebotis pour l'aire d'exercice : un combo gagnant pour le Gaec élevage Chassang à Paulhenc dans le Cantal. Témoignage.

Par P.O.
Bâtiment semi-ouvert : des salers à l'abri qui respirent le grand air
©PO
La nouvelle stabulation, semi-ouverte, conçue pour 36 places avec aire de couchage paillée et aire d'exercice sur caillebotis.

Quand, en 2003, Gérard et Martine Chassang ont opté pour un bâtiment semi-ouvert sur toute sa longueur, les éleveurs de Paulhenc ont fait figure de précurseurs dans ce coin du Cantal. «D'une part, ça coûtait moins cher, mais surtout les bêtes sont beaucoup mieux, c'est comme si elles étaient dehorssans en avoir les inconvénients », justifie Gérard. Les hivers qui ont suivi leur ont donné raison et, en 2019, au moment de doubler la stabulation par un bâtiment moderne, le cahier des charges donné au service bâtiment de la chambre d'agriculture par le couple, rejoint en 2015 par leur fils Pierre Alain, a forcément intégré cette même caractéristique. « Le principe, c'était de concentrer l’activité troupeau mère sur un seul site pour le confort de travail et la qualité des animaux », expose Vincent Charbonnel, conseiller qui a accompagné le projet. Une partie des salers (50) était en effet jusqu'alors hébergée à l'attache dans une étable en contrebas.

Combo gagnant

Livrée fin 2020, la nouvelle stabulation de 56 mètres de long sur 20 m de profondeur (dont 4 m d'avancée pour l'alimentation) affiche une autre caractéristique : elle associe une aire de couchage paillée à une aire d'exercice sur caillebotis. « Ici, on a un compromis au top. Les vaches mangent, boivent, se promènent et dorment, tout en profitant des rayons du soleil », relève Vincent Charbonnel. L'ambiance du bâtiment, tout comme la tranquillité, la propreté et la santé des mères et des veaux, s'en ressentent très positivement.

Exposition idéale

La circulation d'air se fait naturellement, sans la concentration d'ammoniac généralement associée aux stabulations fermées ; l'aire paillée en profondeur du bâtiment reste très saine et sèche et l'exposition sud-est du bâtiment, entouré de bois, le met à l'abri des intempéries : du vent du nord comme des pluies arrivant de l'ouest... Ni humidité, ni mauvais courant d'air : les veaux sont exempts de problèmes pulmonaires et le taux de mortalité du troupeau ne dépasse pas 1 à 2 % (0 l'an dernier).

Bâtiment sec et sain

Le recours au bois, en lieu et place d'une structure métallique, contribue à cet environnement sain : « Ça conduit moins le froid », assure Pierre Alain, constatant que même par une température de -8 °C, l'eau de l'abreuvoir ne gèle pas. Moins de décibels aussi, «ça résonne moins », complète Vincent Charbonnel. Un critère suffit à se convaincre des vertus du bâtiment : même à 11 heures du matin, la majorité des vaches (110 mères) sont couchées, paisibles. Toujours dans la colonne bien fournie des avantages : une consommation de paille qui n'a pas augmenté, même en cumulé sur les deux stabulations (la première a aussi été aménagée en 2020 avec une aire d'exercice sur caillebotis). Et l'élevage profite de deux types d'effluents. Avant l'espace de stockage (10 mètres) en bout de bâtiment, des parcs de sevrage ont été installés de part et d'autre d'un couloir, donnant l'impression d'un mini-bâtiment au sein de la stabulation. Pour l'heure, c'est Orange, à l'affiche du National salers à Cournon en 2024 qui s'apprête à vêler. Le début d'une période dense de vêlages pour le Gaec. Autre curiosité en levant les yeux : un bureau, aux allures de grande caisse en bois, a été perché sous la charpente, avec une vaste fenêtre qui permet de surveiller le troupeau.

P.O.

Zoom sur…

Cent veaux pesés en une heure

C'est le rêve de tout vétérinaire, d'ailleurs ceux de la clinique de Pierrefort qui suivent le Gaec élevage Chassang se disputent pour y intervenir. En même temps que la nouvelle stabulation, les éleveurs se sont dotés d'un équipement de contention très complet, installé à l'extérieur : couloir, cage avec bascule et demi-lune de serrage, avec un quai d'embarquement aménagé. Un investissement (30 000 € au total mais bien aidés à l'époque par le Pacte Cantal et le PCAE) qui a grandement simplifié et sécurisé le travail des éleveurs sélectionneurs, tout en permettant un suivi régulier des veaux dont le GMQ est scruté. « C'est vraiment commode, quand on a rentré les vaches, on les a toutes tondues, pesées, vaccinées En moins de deux heures, on gère ainsi un lot de 36 vaches. Et pour peser 100 veaux, sans forcer, on n'y met pas une heure. On peut aussi charger des animaux tout seul », détaille Pierre Alain Chassang. Pour l'éleveur de salers, la contention est trop souvent négligée lors d'un projet bâtiment : « Souvent, c'est optionnel, alors que c'est indispensable. On fait un métier dur, aussi il faut se protéger si on veut durer », estime-t-il.