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Seconde moisson, Matériel agricole, Bourgogne Franche Comté
Crise viticole

Un plan de sauvegarde pour la filière française

À la veille du Sitevi qui a ouvert ses portes le 25 novembre, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard a annoncé un plan de sauvetage de la viticulture et appelé Bruxelles à mobiliser sa réserve de crise.

Un plan de sauvegarde pour la filière française

La mobilisation de milliers de viticulteurs à Béziers le 15 novembre dernier a porté ses fruits. La pression sur le ministère de l’Agriculture était telle que le pouvoir politique ne pouvait pas rester sourd ni muet face à la détresse du monde viticole français. C’est donc un « plan national de sortie de crise » que la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé la veille de l’inauguration du Salon international des équipements et savoir-faire pour les productions vigne-vin (Sitevi). Elle a préalablement à cette annonce publique rencontré les responsables de la filière le 24 novembre à Montpellier pour leur dévoiler les détails de ce plan. Ce sont tout d’abord 130 millions d’euros qui sont alloués à l’arrachage définitif des vignes pour lutter contre la surproduction conformément aux demandes de la profession viticole, a indiqué le ministère qui précise dans un communiqué, que « cet effort vise à rééquilibrer l’offre et à restaurer la viabilité des exploitations en difficulté dans les bassins les plus fragilisés ». Peu de régions sont épargnées par cette surproduction, surtout le Bordelais et le Languedoc-Roussillon. Reste à savoir si les viticulteurs auront à cœur de s’engouffrer dans le plan d’arrachage. Celui mis en place à l’été 2024 prévoyait 100.000 ha et seulement 36.000 ha, soit 4,8 % du vignoble en production, ont été réellement engagés, dont environ 13.000 ha dans le Bordelais et 10.000 en Languedoc-Roussillon. D’après un récent sondage réalisé par Vignerons indépendants, 35.000 ha supplémentaires pourraient disparaître du paysage français. Il conviendra ensuite s’assurer la reconversion de ces terres et accompagner les vignerons (environ 20 %) qui souhaitent cesser leur activité.

Distillation

Le plan de sauvetage du ministère prévoit en outre, la prorogation en 2026 des prêts structurels garantis à 70 % par Bpifrance. « Ils feront l’objet d’une révision de leurs critères pour mieux refléter les spécificités économiques de la viticulture et seront élargis aux coopératives », précise le ministère. De plus, l’État s’engage à débloquer une enveloppe de dix millions d’euros pour que les viticulteurs puissent voir leurs cotisations sociales prises en charge par la MSA en 2026, un dispositif qui vient compléter un premier volet déjà débloqué cette année.

Enfin, la ministre a annoncé avoir demandé à la Commission européenne l’activation de la réserve de crise européenne. Celle-ci est dotée d’un fonds de 450 millions d’euros (M€). Le ministère demande que l’Europe en donne 80. Cette somme pourrait servir à financer tout ou partie de la distillation des stocks de vins et être transformés en biocarburants notamment. À noter que le Portugal a reçu, en juillet 2024, 15 M€ de cette réserve de crise pour financer la distillation de ses stocks de vins excédentaires. Après la crise Covid-19, l’État avait déjà versé 210 M€ en 2021 et encore 200 M€ en 2023 pour la distillation. À mots à peine couverts, la ministre a fait savoir que la situation budgétaire française ne permettait pas de reconduire un tel dispositif. D’où l’appel à la réserve de crise européenne. Par l’intermédiaire de son premier vice-président, Jérôme Despey, viticulteur dans l’Hérault, la FNSEA a « salué l’annonce de ce plan de soutien ». Il a aussi appelé l’ensemble de la filière, notamment l’aval (négoce et distribution) à « jouer le jeu. Il en va de la responsabilité de chacun », a-t-il insisté.