De la citerne aux réserves de substitution
Stocker l’eau est l’un des leviers à disposition notamment des agriculteurs pour faire face aux épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents sur le territoire. Plusieurs solutions sont possibles. Tour d’horizon non exhaustif.
Pour l’agriculture, la gestion de l’eau est devenue un enjeu structurant pour toutes les filières agricoles. L’augmentation de la fréquence des sécheresses, la variabilité interannuelle des précipitations et la tension croissante sur les ressources superficielles et souterraines imposent d’anticiper les besoins. En effet, selon Météo France, les épisodes de sécheresse des sols concernent une part croissante du territoire et sont désormais qualifiés de « classiques » dans le climat actuel. En 2025, au moins 30 % des territoires français ont été touchés entre mai et août. Le stockage de l’eau pluviale, quand elle tombe en abondance, est l’un des leviers possibles pour les agriculteurs. De nombreuses solutions existent et toutes répondent à des enjeux techniques différents. Pour rappel, toutes sont soumises à des réglementations particulières.
Citernes et cuves
Les solutions les plus répandues restent les citernes et cuves de stockage implantées directement sur l’exploitation. Hors sol ou enterrées, en béton, acier ou polyéthylène, elles permettent notamment de collecter l’eau de pluie issue des toitures agricoles. À noter toutefois, qu’il n’est pas opportun de récupérer des eaux de pluie issues d’un toit amianté. Techniquement simples à mettre en œuvre, elles offrent une réponse adaptée aux besoins d’abreuvement après traitement et à l’irrigation de surfaces limitées. Leur principal avantage réside dans leur modularité et dans un investissement maîtrisé, compatible avec une gestion autonome à l’échelle de l’exploitation.
Retenues
À une échelle supérieure, les retenues désignent tous les ouvrages permettant de stocker de l’eau (réserve, plan d’eau, étang, retenue collinaire, retenue de substitution), quel que soit leur mode d’alimentation (par un cours d’eau, une nappe, une résurgence karstique ou par ruissellement) et quelle que soit leur finalité (agriculture, soutien d’étiage, alimentation en eau potable, maintien de la sécurité des personnes et des biens…). Plusieurs ouvrages existent. Les retenues collinaires, dont la définition fait débat, sont désignées par une note des autorités environnementales comme « réserves artificielles d’eau, en fond de vallon, fermées par un ou plusieurs barrages et alimentées par ruissellement direct des eaux de pluie ou par un cours d’eau permanent ou non permanent, pour restitution en fonction des besoins ».
Les réserves de substitution, quant à elles, permettent de stocker les prélèvements réalisés en période de hautes eaux (cours d’eau ou nappe) et de les substituer à l’étiage à des volumes à prélever dans le milieu afin de préserver les équilibres hydrologiques, notamment en période de basses eaux.
L’accompagnement par les chambres d’agriculture et les bureaux d’études spécialisés demeure un facteur clé de réussite.
M.-C. S.-B.