Viandes
L’Asie en crise
Fièvre aphteuse et grippe aviaire en Corée du Sud, clenbutérol dans la viande en Chine et radioactivité au Japon... L'Asie, grande consommatrice de viande, se trouve confrontée à une chute probable de sa production et/ou à une défiance du consommateur face à la production locale. Avec des impacts sur les marchés...
Chine, Japon, Corée, trois pays où la viande est un secteur en crise, notamment pour le porc.
Effectivement, en Corée du Sud, la fièvre aphteuse fait des ravages depuis novembre 2010 (plus de 3 millions de têtes de bétail abattues). Elle a également touché la Corée du Nord où une délégation de l'OIE (Office international des épizootie) s'est rendue, le 28 février, pour étudier les meilleures façons de tenter d'enrayer la propagation de la maladie. En Corée du Sud, le consommateur perd pour l'heure confiance dans les viandes locales au profit des viandes importées et du poisson. Par ailleurs, les animaux abattus n'ont pas été enterrés de façon adéquate... Des glissements de terrain étaient à craindre, d'après le gouvernement coréen début février. Les animaux devaient être, en principe, enterrés dans des fosses de 4 à 5 mètres de profondeur, tapissées de deux couches de vinyle, mais cette réglementation a été parfois ignorée en raison de l'abondance des cadavres. Début février, le pays comptait ainsi pas moins de 4.000 sites d'enfouissement. Par ailleurs, aujourd'hui, les animaux sauvages se nourrissent des carcasses, s'infestant eux-mêmes et propageant la maladie. Les sangliers, très sensibles à la fièvre aphteuse, sont particulièrement concernés. Les oiseaux, participant également au festin, diffusent la maladie hors des frontières... En parallèle, la grippe aviaire fait également des dégâts avec pas moins de 5,5 millions de volailles abattues.
Un scandale au clenbutérol en Chine
À la mi-mars, les consommateurs chinois font face, eux, à un scandale sanitaire sur la viande de porc. Du clenbutérol a en effet été détecté dans la viande. Il aurait été utilisé pour limiter la présence de gras chez les animaux (meilleur aspect de la viande) et développer la masse musculaire (meilleur rendement). C'est le groupe Shanghui, et surtout sa filiale Jiyuan Shuanghui Food Co, qui aurait volontairement utilisé ce produit dans la production. Shanghui possède plusieurs unités de fabrication et abat 15 millions de porcs par an. Utilisé parfois chez l'Homme pour le culturisme, le clenbutérol provoque à haute dose des étourdissements, des crampes (arrêt cardiaque), des céphalées, des insomnies, des troubles de l'humeur, des tremblements… Si l'ampleur de ce scandale n'atteint pas encore celui du lait frelaté à la mélamine, il détourne en tout cas les consommateurs des achats chinois au profit des importations.
De son côté, le Japon, premier importateur mondial de viande de porc, devrait très probablement augmenter ses importations au moment de la reconstruction. L'élevage n'a, semble-t-il, pas été trop atteint par le tsunami, mais les fuites de radioactivité de la centrale de Fukushima n'ont pas dit leur dernier mot.
Effectivement, en Corée du Sud, la fièvre aphteuse fait des ravages depuis novembre 2010 (plus de 3 millions de têtes de bétail abattues). Elle a également touché la Corée du Nord où une délégation de l'OIE (Office international des épizootie) s'est rendue, le 28 février, pour étudier les meilleures façons de tenter d'enrayer la propagation de la maladie. En Corée du Sud, le consommateur perd pour l'heure confiance dans les viandes locales au profit des viandes importées et du poisson. Par ailleurs, les animaux abattus n'ont pas été enterrés de façon adéquate... Des glissements de terrain étaient à craindre, d'après le gouvernement coréen début février. Les animaux devaient être, en principe, enterrés dans des fosses de 4 à 5 mètres de profondeur, tapissées de deux couches de vinyle, mais cette réglementation a été parfois ignorée en raison de l'abondance des cadavres. Début février, le pays comptait ainsi pas moins de 4.000 sites d'enfouissement. Par ailleurs, aujourd'hui, les animaux sauvages se nourrissent des carcasses, s'infestant eux-mêmes et propageant la maladie. Les sangliers, très sensibles à la fièvre aphteuse, sont particulièrement concernés. Les oiseaux, participant également au festin, diffusent la maladie hors des frontières... En parallèle, la grippe aviaire fait également des dégâts avec pas moins de 5,5 millions de volailles abattues.
Un scandale au clenbutérol en Chine
À la mi-mars, les consommateurs chinois font face, eux, à un scandale sanitaire sur la viande de porc. Du clenbutérol a en effet été détecté dans la viande. Il aurait été utilisé pour limiter la présence de gras chez les animaux (meilleur aspect de la viande) et développer la masse musculaire (meilleur rendement). C'est le groupe Shanghui, et surtout sa filiale Jiyuan Shuanghui Food Co, qui aurait volontairement utilisé ce produit dans la production. Shanghui possède plusieurs unités de fabrication et abat 15 millions de porcs par an. Utilisé parfois chez l'Homme pour le culturisme, le clenbutérol provoque à haute dose des étourdissements, des crampes (arrêt cardiaque), des céphalées, des insomnies, des troubles de l'humeur, des tremblements… Si l'ampleur de ce scandale n'atteint pas encore celui du lait frelaté à la mélamine, il détourne en tout cas les consommateurs des achats chinois au profit des importations.
De son côté, le Japon, premier importateur mondial de viande de porc, devrait très probablement augmenter ses importations au moment de la reconstruction. L'élevage n'a, semble-t-il, pas été trop atteint par le tsunami, mais les fuites de radioactivité de la centrale de Fukushima n'ont pas dit leur dernier mot.