L’OCDE et l’Onu poussent au consensus au sein du G20
discuteront notamment d’un rapport en cours de rédaction et coordonné
par l’OCDE et la FAO sur la volatilité des matières premières
agricoles. Dans le document provisoire que nous avons pu obtenir, elles
appellent le G20 à s’entendre pour la réduire.
Dans cet esprit, le document stipule « d'améliorer la transparence des marchés à terme, de renforcer le partage d'information entre les gouvernements (sur les stocks nationaux de produits agricoles de base comme le blé par exemple, ndlr) et d'harmoniser les politiques commerciales ». Il s’agit ainsi de mettre en place une meilleure coordination internationale sur les plans agricole et alimentaire.
Stocks alimentaires stratégiques
L’OCDE et la FAO appellent également à la constitution de réserves alimentaires d'urgence, de systèmes d'alerte précoce et de filets de sécurité pour réduire les effets négatifs de la volatilité des prix. Côté agro-carburants, elles recommandent aux gouvernements des pays du G20 d'adapter leurs politiques « lorsque les marchés sont sous pression et les produits alimentaires se raréfient ».
On reste néanmoins fidèle à la substance du credo libéral puisque le document appelle ces gouvernements « à renforcer immédiatement les règles mondiales sur les importations de produits agricoles, sur les restrictions aux exportations ainsi que sur les subventions qui faussent la production, découragent l'offre et limitent le commerce international ». Une coordination internationale déclinée au sein de sous-régions mondiales cohérentes comme l’Afrique de l’Ouest ou l’Amérique du Sud n’est pas retenue comme une priorité.
Concernant les restrictions à l'exportation, décidées par certains pays lors de la crise alimentaire de 2007/2008 et par la Russie à l’été 2010 au travers d’un embargo sur ses exportations de céréales, l’OCDE et la FAO leur octroient une condition d’autorisation : toutes les autres mesures possibles auront dû être épuisées.
Le ministre français de l’Agriculture, Bruno Le Maire, attend qu’un consensus se dégage au G20 en grande partie sur les mêmes points que ceux préconisés par les organisations internationales. Paris pousse spécialement à la création de stocks alimentaires de riz et de blé dans les pays les plus dépendants des importations de nourriture, donc les plus sensibles à une flambée des prix ou à une pénurie de denrées sur les marchés. Qui financera ces stocks stratégiques ? Voilà une question cruciale à laquelle Paris espère que le G20 apportera une réponse claire.
Importations alimentaires : diminution en volume mais hausse en valeur
La FAO a publié fin mars son premier rapport trimestriel sur les perspectives de récoltes et la situation alimentaire en 2011. L'organisation onusienne prévoit une hausse de la production de blé de 3,4 % par rapport à 2010, à 676 millions de tonnes (Mt). En réponse à la hausse mondiale des prix du blé, les semis ont augmenté, en particulier en Russie après la sécheresse de l’été 2010. La FAO estime aussi que les importations du groupe des pays à faible revenu et à déficit vivrier devraient diminuer pour la campagne 2010/2011 en raison de l’augmentation de 5,6 % de leur production céréalière. Néanmoins, la hausse depuis l’automne 2010 des cours mondiaux du blé par exemple pourrait augmenter de 20 % la facture d'importation de ces pays. Enfin, 29 pays ont besoin d'une aide alimentaire extérieure (21 en Afrique et 7 en Asie).