La Bourgogne doit s'interroger face au virage des NGT
À Vinosphère le 29 janvier dernier à Beaune, la deuxième table ronde a mis les pieds dans le plat. Derrière l’expression, technique en apparence, de « nouveau matériel végétal », c’est en réalité une question centrale qui s’est imposée : comment continuer à produire des vins de Bourgogne en quantité suffisante, avec leur identité, leur finesse et leur lisibilité, dans un contexte de changement climatique, de pression cryptogamique et de fortes attentes sociétales sur l’usage des pesticides ?
Pour ouvrir le débat, le directeur du Pôle Technique et Qualité du Comité des vins de Bourgogne, Jean-Philippe Gervais a posé le décor sans détour. Oui, les imaginaires bourguignons sont puissants. Oui, le vin de Bourgogne reste un « produit d’émotion », un « produit d’exception ». Mais, a-t-il prévenu, « j’ai la tristesse de vous dire que la partition est loin d’être jouée » à l'avenir.Cette phrase a donné le ton. Car derrière les grands mots sur la tradition, la typicité ou l’excellence, la réalité agronomique est brutale. En relisant l’évolution de la production bourguignonne sur plusieurs décennies, Jean-Philippe Gervais a dessiné une trajectoire en trois temps. D’abord une période chaotique, dans les années 1970 et 1980, marquée par la restructuration du vignoble et des aléas climatiques violents, à l’image du millésime 1977. Puis une vingtaine d’années de développement, presque « nos vingt glorieuses », avec un vignoble jeune, recentré sur du matériel végétal sélectionné, porté par les cépages emblématiques que sont le pinot noir et le chardonnay. Et puis survient 2003, comme une cassure. Une « fracture », a-t-il dit. À partir d...
La suite est réservée à nos abonnés.