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La litière, alliée du bien-être animal

Couchage / Pour assurer du confort à son animal dans un bâtiment, il est primordial de maintenir une bonne épaisseur de litière et que cette dernière soit sèche. La paille ou un dérivé du bois sont des matériaux possibles. Chacun a ses qualités et points de vigilance.

Par Marie-Cécile Seigle-Buyat
La litière, alliée du bien-être animal
S.Bourgeois - Réussir
Aujourd'hui, certains éleveurs choisissent les copeaux de bois pour constituer leur litière. Un matériel qui doit être utilisé très sec pour assurer son pouvoir absorbant et ainsi assurer du confort aux animaux.

Le confort de couchage est un déterminant majeur du bien-être animal. Si la paille demeure le matériau de litière le plus utilisé par les éleveurs (selon une enquête réalisée par l’Idele et le Cniel en 2023, 84 % des quelque 1 160 éleveurs interrogés déclaraient opter pour des litières à base de paille), des alternatives, comme les copeaux et plaquettes de bois et les litières compostées (mélange organique soumis à une fermentation contrôlée), ont, depuis quelques années, fait leur apparition dans les bâtiments d’élevage bovins, de petits ruminants, de porcins et de volailles. Selon la même enquête, la motivation des éleveurs pour choisir le matériau de leur litière est avant tout la recherche du confort pour l’homme et l’animal.

Profondeur et sécheresse

Si le matériau influe sur la qualité de la litière, il n’est pas le principal critère. En effet, la première chose à prendre en compte pour assurer un couchage de qualité est le niveau de la litière, soit son épaisseur et sa qualité. En effet, plusieurs essais démontrent que les vaches, par exemple, passent davantage de temps couchées quand la litière est profonde et sèche, quel que soit le matériau utilisé. La sécheresse est, effectivement, le deuxième critère primordial pour assurer confort aux animaux. C’est donc une litière sèche et bien garnie qui incitera l’animal à un temps de repos optimal. Au-delà du temps de couchage, la litière influe également sur la santé du pied des animaux. Dans près de 90 % des cas, les boiteries chez les bovins laitiers concernent le pied et sont fortement liées à des facteurs d’ambiance (humidité, hygiène des aires de couchage, glissance, densité). Ainsi, tenir la litière sèche est primordial pour prévenir les lésions podales. Enfin, une litière correctement gérée et ventilée contribue également à améliorer la propreté des animaux, ce qui diminue le risque de contamination bactérienne externe et participe, en élevage bovin laitier, à la prévention des mammites. Ainsi, avant de choisir son matériau, il est primordial de bien connaître les avantages et points d’attention de chacun. Dans son document technique Modes de couchage et matériaux de litière en bâtiments bovins lait, la Cniel, interprofession laitière, a publié l’analyse de 18 matériaux de litière en élevage bovins lait. De quoi donner quelques indications aux éleveurs pour faire le choix adapté à leur système.

Paille : pouvoir absorbant intéressant

Par exemple, dans son document technique, le Cniel indique que la paille longue de céréales, matériau le plus utilisé par l’échantillon enquêté en 2023 (54 %), se révèle être très adaptée au couchage. Cette dernière apporte du confort et présente un pouvoir absorbant intéressant. À noter également que la paille longue de céréales produit essentiellement du fumier et se décompose facilement après épandage. Il s’agit d’un véritable apport de matière organique sur l’exploitation. Toutefois, la forte hausse des prix en périodes de conditions météorologiques défavorables peut parfois rendre son approvisionnement difficile et coûteux. À noter toutefois que l’autonomie peut être possible sur l’exploitation. Pour faciliter sa mise en place, il est nécessaire par ailleurs d’avoir recours à une mécanisation importante.

Copeaux et plaquettes de bois, la sécheresse d’abord

Côté plaquettes ou copeaux de bois, l’analyse interprofessionnelle indique qu’il s’agit d’un matériau très léger et facile à manipuler. Comme la paille, les plaquettes et copeaux de bois ont une capacité absorbante intéressante et surtout un bon pouvoir drainant des jus. Le stockage est facile et la ressource locale peut être intéressante. Toutefois, leur utilisation nécessite une bonne gestion technique de la litière. Le bois utilisé doit être bien sec. En effet, le programme l’ARBre dans les exploitations d’ELEvage herbivore (ARBELE) soutenu par l’Idele, Chambres d’agriculture France et la mission Haies, préconise le séchage en tas de 3 m de haut minimum, si possible en intérieur pendant quatre à six mois. Il est rappelé que le taux d’humidité ne doit pas dépasser 25 % pour que la litière absorbe bien les jus. Si le taux d’humidité des plaquettes est de 40 à 50 %, la durée d’absorption de la litière sera divisée par deux. Autant de facteurs à prendre en compte avant de faire le lit de ses animaux.

Marie-Cécile Seigle-Buyat

Pour aller plus loin : Modes de couchage et matériaux de litière en bâtiments bovins lait document technique du Cniel édité en septembre 2025, disponible en scannant le QR code.