Lait standard
Le contrat qui fait bouillir les "Danone"
La proposition de contrat qu'ils viennent de recevoir de Danone n'est pas du goût des producteurs de l'Union laitière Bresse Jura. Ils n'ont pas manqué de le faire savoir au cours de leur assemblée générale à Cosges dans le Jura. Retour.
Même s'il leur est parvenu au matin du 1er avril, le contrat proposé par Danone aux producteurs de l'Union laitière louhannaise et des groupements de vente de lait jurassiens n'avait rien d'un poisson... Qui plus est, il ne les a pas fait rire du tout !
Bien entendu, ils se sont chargés de le dire le 8 avril dernier aux représentants de la firme venus à Cosges, petite commune en limite du Jura et de la Saône-et-Loire, pour une assemblée générale qui, comme c'est généralement le cas depuis des années, avait tout d'une foire d'empoigne. Certes, le ton était toujours politiquement correct. Du moins, au début…
C'est d'abord, côté jurassien, Emmanuel Courvoisier qui annonçait que « nous avons été écoutés mais de nombreux points sont encore à éclaircir avant de signer le contrat… » Il invitait à réunir le maximum d'engagements « pour pouvoir terminer la négociation »…
L'accord Danone plus intéressant
Côté Bresse, Laurent Boivin, le président de la nouvelle union laitière désormais baptisée "Jura Bresse", évoquait la reconduction pour cinq années du niveau de prime régularité… Une prime qui, de la bouche de Laurence Chambon, représentante de Danone, « correspond à un souci de compétitivité de l'entreprise et de pérennité de sa zone de collecte ». Une zone qu'elle qualifie de « pas mal » en terme de régularité de production. Son collègue Fabien Choiseau revenait sur une année riche en débats avec une forte implication des responsables sur bon nombre de sujets, sur les prix de la dernière campagne, sur le A payé 4 € des mille litres au dessus de l'accord professionnel : « Globalement, cela correspond aux prévisions. Mais, pour vous producteurs du Centre-Est, l'accord Danone a été plus intéressant que l'accord professionnel ! »
Un industriel qui, précisait-il, doit aussi tenir compte de ses coûts de collecte dans des zones de montagne. Sans affirmer qu'il serait plus intéressant pour le groupe de collecter son lait dans le grand nord-ouest, il lâchait cependant que le coût protéine entrée usine est de 35 € à Saint-Just-Chaleyssin (Isère) alors qu'il n'est que de 15 € à Bailleul dans le Nord… Un avertissement en somme !
Une nouvelle version à négocier
Cela n'a pas été du goût de producteurs et des responsables locaux qui disaient aussitôt leur frustration devant le fait que les « éléments de travail proposés au cours des deux derniers mois n'apparaissent pas ou peu dans la proposition de contrat faite par Danone… » Laurence Chambon revenait à la charge en invitant les producteurs à signer un mandat de négociation et à adhérer au groupement qui pourra négocier collectivement une nouvelle version qu'elle souhaite « tripartite ».
Les mots de Patrick Ramet, le représentant de la FNPL, dénotaient un peu. S'il saluait « l'efficacité des producteurs », il rappelait sa confiance dans leur « capacité de négociation », tout en soulignant aussi « l'opportunité pour eux de travailler avec une entreprise qui a envie de progresser avec ses producteurs ». De cela, tout le monde à Cosges n'en était pas convaincu !
Bien entendu, ils se sont chargés de le dire le 8 avril dernier aux représentants de la firme venus à Cosges, petite commune en limite du Jura et de la Saône-et-Loire, pour une assemblée générale qui, comme c'est généralement le cas depuis des années, avait tout d'une foire d'empoigne. Certes, le ton était toujours politiquement correct. Du moins, au début…
C'est d'abord, côté jurassien, Emmanuel Courvoisier qui annonçait que « nous avons été écoutés mais de nombreux points sont encore à éclaircir avant de signer le contrat… » Il invitait à réunir le maximum d'engagements « pour pouvoir terminer la négociation »…
L'accord Danone plus intéressant
Côté Bresse, Laurent Boivin, le président de la nouvelle union laitière désormais baptisée "Jura Bresse", évoquait la reconduction pour cinq années du niveau de prime régularité… Une prime qui, de la bouche de Laurence Chambon, représentante de Danone, « correspond à un souci de compétitivité de l'entreprise et de pérennité de sa zone de collecte ». Une zone qu'elle qualifie de « pas mal » en terme de régularité de production. Son collègue Fabien Choiseau revenait sur une année riche en débats avec une forte implication des responsables sur bon nombre de sujets, sur les prix de la dernière campagne, sur le A payé 4 € des mille litres au dessus de l'accord professionnel : « Globalement, cela correspond aux prévisions. Mais, pour vous producteurs du Centre-Est, l'accord Danone a été plus intéressant que l'accord professionnel ! »
Un industriel qui, précisait-il, doit aussi tenir compte de ses coûts de collecte dans des zones de montagne. Sans affirmer qu'il serait plus intéressant pour le groupe de collecter son lait dans le grand nord-ouest, il lâchait cependant que le coût protéine entrée usine est de 35 € à Saint-Just-Chaleyssin (Isère) alors qu'il n'est que de 15 € à Bailleul dans le Nord… Un avertissement en somme !
Une nouvelle version à négocier
Cela n'a pas été du goût de producteurs et des responsables locaux qui disaient aussitôt leur frustration devant le fait que les « éléments de travail proposés au cours des deux derniers mois n'apparaissent pas ou peu dans la proposition de contrat faite par Danone… » Laurence Chambon revenait à la charge en invitant les producteurs à signer un mandat de négociation et à adhérer au groupement qui pourra négocier collectivement une nouvelle version qu'elle souhaite « tripartite ».
Les mots de Patrick Ramet, le représentant de la FNPL, dénotaient un peu. S'il saluait « l'efficacité des producteurs », il rappelait sa confiance dans leur « capacité de négociation », tout en soulignant aussi « l'opportunité pour eux de travailler avec une entreprise qui a envie de progresser avec ses producteurs ». De cela, tout le monde à Cosges n'en était pas convaincu !