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Agrioccasions, les occasions agricoles
Produits biologiques

Le jugement nuancé des Français

Les Français sont de plus en plus nombreux à acheter des produits bio.
Néanmoins, leur indice de confiance s’est érodé à la suite de l’affaire
de contamination des graines germées et des légumes "bio".
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La fréquence d’achat d’aliments bio progresse chez les Français. En effet, selon un sondage Ifop réalisé pour WWF et Vrai, du 15 au 17 juin auprès d’un échantillon représentatif de la population française, 47 % des Français déclarent acheter souvent ou de temps en temps des aliments bio. C’est six points de plus qu’il y a trois ans et 14 points de plus qu’en 2000. Inversement, 53 % des interviewés n’achètent jamais bio ou rarement. Cette proportion était de 59 %, il y a trois ans et de 67 % en 2000.
Autre enseignement du sondage : l’achat bio est très marqué socialement. Les artisans, commerçants, professions libérales et cadres supérieurs sont plus ouverts aux achats bio : ils sont 58 % à répondre positivement à la question : "Vous, personnellement, vous arrive-t-il d’acheter des aliments bio ?", alors que cette proportion n’est que de 48 % chez les employés et de 30 % chez les ouvriers. De même, les femmes (50 %) sont plus nombreuses à acheter bio que les hommes (43 %), les habitants de la région parisienne (53 %) davantage que ceux des communes rurales (45 %).
Question confiance, celle-ci a été ébranlée depuis l’affaire du concombre et des graines germées. Une moitié des Français (50 %) ne font pas confiance à l’appellation "bio" sur les produits alimentaires, alors qu’ils étaient 30 % seulement il y a trois ans. Cette confiance s’est surtout dégradée chez les gens qui ne consomment jamais bio : ils étaient 84 % dans ce cas contre 55 % en février 2008 (29 points en moins). Cependant la confiance est supérieure chez les femmes (53 % contre 46 % des hommes), les professions libérales et les cadres supérieurs (62 % contre 44 % des ouvriers).


Un phénomène de mode


D’une façon générale, la quasi-totalité des Français (93 %) continuent à penser que les produits bio sont trop chers, quasiment le même résultat qu’il y a trois ans (94 %).
Plus de quatre Français sur cinq estiment également qu’ils manquent d’informations claires et précises sur les avantages et inconvénients des produits bio. Néanmoins, pour près d’un Français sur deux « consommer bio » est avant tout un phénomène de mode avant d’être un moyen de préserver sa santé (25 %) ou l’environnement (19 %), et ce quand l’Ifop leur demande de hiérarchiser leurs réponses. Mais en considérant la totalité des citations, c’est la protection de l’environnement qui arrive en tête citée par 58 % des sondés, devançant le phénomène de mode (52 %), puis la santé (50 %). La préservation du goût n’est mentionnée en premier que par 12 % des sondés !
Enfin, 59 % des personnes interrogées estiment à juste titre que les agriculteurs produisent moins de produits bio que les Français n’en consomment. Ce déséquilibre entre l’offre jugée insuffisante et la demande apparaît nettement plus marquée auprès des interviewés âgés de plus de 65 ans (69 %), les professions libérales et cadres supérieurs (64 %), en région parisienne (63 %) et surtout parmi les consommateurs réguliers (82 %).