Accès au contenu
Agrioccasions, les occasions agricoles
Produits laitiers

Le marché européen en bonne forme

Après une hausse sensible des livraisons de lait en 2010 et au cours des
premiers mois de 2011 dans l’Union européenne (UE), la collecte
européenne pourrait marquer le pas en raison de la récente période de
sécheresse qui a frappé le nord de l’Europe et des contraintes de
production liées aux quotas : tel est le principal enseignement à
retenir de la première réunion conjointe du comité de gestion et du
groupe consultatif de l’UE, au cours de laquelle la situation du marché
laitier européen et international a été jugée globalement satisfaisante.
120278--produits_laitiers.jpg
La Commission européenne, les experts des Etats membres du comité de gestion et les professionnels participant au comité consultatif se sont réunis pour la première fois le 7 juillet à Bruxelles pour faire le point sur la situation actuelle et l’avenir du secteur laitier. Pour Dacian Ciolos, le commissaire à l’agriculture, cette réunion impliquant l’ensemble des acteurs du secteur contribue à « renforcer la transparence et à sensibiliser les opérateurs de la chaîne d’approvisionnement sur la nécessité de mieux tenir compte des signaux du marché ». Henri Brichart, président du groupe lait du Copa-Cogeca, a mis en avant le fait qu’il y a encore « un manque de transparence sur le marché, ce qui empêche les opérateurs de la chaîne d’approvisionnement de fonctionner correctement ». Plusieurs analystes ont souligné que la volatilité accrue qui a aussi touché le secteur laitier compliquait l’élaboration des prévisions.

Situation très favorable en 2010 et début 2011


De bonnes conditions climatiques, une demande dynamique et des prix attractifs ont favorisé l’augmentation de la collecte en 2010 et au cours des premiers mois de 2011. Selon l’agence allemande ZMB, depuis le printemps 2010, les livraisons ont progressé de 2,9 millions de tonnes dans l’UE, dont 950.000 tonnes (t) en France, 729.000 t en Allemagne, 577.000 t en Irlande, 522.000 t au Royaume-Uni, 156.000 t en Belgique et 154.000 t aux Pays-Bas. La production en 2010 a été la suivante pour les principaux produits dans l’UE à 27 : lait liquide 32,8 millions tonnes (+ 0,7 % par rapport à 2009), crème 2,4 Mt (+1,3 %), produits fermentés 8,8 Mt (+2,3 %), beurre 1,8 Mt (-2,2 %), fromages 8,3 Mt (+1,9 %), lait écrémé en poudre 1 Mt (-7,3%) et lait condensé 1 Mt (-2,3 %). Pour faire face à la demande exceptionnelle du marché mondial, la production européenne de beurre, de butter-oil et de lait écrémé en poudre a progressé au cours des quatre premiers mois de 2011. Les experts s’attendent à un ralentissement des livraisons du fait de la sécheresse et étant donné que plusieurs Etats membres risquent de dépasser leur quota. C’est le cas des Pays-Bas, du Danemark, de l’Autriche, de la Belgique, de Chypre et du Luxembourg.

Des prix départ exploitation en forte hausse depuis un an


Au départ de l’exploitation, les prix restent en moyenne relativement fermes à environ 33 centimes par litre dans l’UE à 27, soit 17 % de mieux qu’il y a un an. Mais les organisations agricoles et coopératives de l’UE (Copa-Cogeca) ont fait remarquer que les prix des intrants avaient augmenté de 19,8 % depuis 2005, tandis que, dans le même temps, les prix de marché n’avaient progressé que de 7,8 %. Dans un avenir proche, ZMB a identifié plusieurs obstacles au développement du secteur laitier européen notamment : des prix au détail plus élevés susceptibles de freiner la demande, un équilibre du marché dépendant d’une nouvelle croissance du marché des fromages, la faiblesse des économies du sud, l’évolution du taux de change de l’euro par rapport au dollar et le ralentissement des exportations résultant d’une croissance plus forte de la production à l’extérieur de l’UE. En 2010, l’UE a exporté 120.491 tonnes de beurre, 24.629 t de buteroil, 377.745 t de lait écrémé en poudre, 443.665 t de lait entier en poudre, 665.953 t de fromage, 238.997 t de lait condensé, 387.362 t de lactosérum en poudre et 36.744 t de caséines.