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Agrioccasions, les occasions agricoles
Avant l’AG de Coop de France

Le périmètre coopératif continue de s’élargir

Le chiffre d’affaires global des coopératives a une nouvelle fois
progressé en 2011 à 82,7 milliards d’euros. Sa croissance s’explique
surtout par une évolution favorable des prix produits agricoles mais
aussi par un accroissement du périmètre coopératif.
Par Publié par Cédric Michelin
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Les 28 et 29 novembre se tiendra l’Assemblée générale de Coop de France à Paris. L’occasion de faire le point sur l’évolution du périmètre coopératif. Si de 2003 à 2007, une baisse des opérations de croissance externe a été observée, la tendance s’est inversée depuis 2008. L’année 2011 a confirmé cette consolidation avec un solde positif de 450 millions d’euros en termes de chiffre d’affaires (+0,5 % sur les dix premiers mois de l’année) entre les acquisitions et les cessions. En tout quelque 78 opérations ont été enregistrées dont la moitié pour les seuls rapprochements entre coopératives, l’autre moitié étant des acquisitions et alliances entre coopératives et entreprises privées. Selon Philippe Mangin, le président de Coop de France ces mouvements obéissent d’abord à une logique de développement européen et international. Il en est ainsi de l’achat par Vilmorin, une filiale de Limagrain, du pôle semences Guerra et la prise de contrôle de la société Brasmilho au Brésil. Idem pour Tereos qui a pris le contrôle de Halotek au Brésil également. Plus près de chez nous, à noter aussi la montée en puissance de Lur Berri dans Alfesca (maison mère de Labeyrie) et l’arrivée de Cristal Union dans le capital d’Eridania Italia.D’autres rapprochements ont été opérés pour atteindre la taille critique face à la volatilité des prix et à la multiplication des risques de marché comme la fusion de La Marnaise avec Champagne Céréales, la création de Lorial à partir des coopératives lorraines (Lorca et Cal) et InVivo NSA dans la nutrition animale ou la fusion de la coopérative Elle & Vire avec Agrial. Enfin pour certains groupes coopératifs, c’est le souci d’améliorer les positions dans l’aval agroalimentaire qui a prévalu. Ainsi s’explique le rachat de Brossard par Jacquet, une filiale de Limagrain dans la viennoiserie/biscuiterie. Ou la prise de contrôle de la société Comtesse du Barry par Delpeyrat, filiale de Maïs Adour dans le foie gras. Même stratégie pour Arcadie Sud-Ouest, filiale de Lur Berry, qui vient de reprendre l’entreprise Pujol Frères (charcuterie). Sans oublier la Cooperl avec Défi viandes. Ou à l’inverse la prise de contrôle de Yoplait par l’Américain General Mills. Le président de Coop de France n’a pas caché que la restructuration des coopératives était loin d’être terminée et que d’autres opérations vont se concrétiser dans les semaines et mois qui viennent.




Le rapprochement de Coop de France/InVivo confirmé




L’Assemblée générale de Coop de France des 28 et 29 novembre sera l’occasion d’annoncer le nouveau nom de la structure qui va chapeauter Coop de France et InVivo. Quatre missions seront confiées à cette nouvelle structure, a indiqué Philippe Mangin : la formation des cadres de la coopération, le lobbying à l’international notamment à Bruxelles auprès de la Commission européenne et à Strasbourg auprès du Parlement européen, la communication pour promouvoir le modèle d’entreprise coopérative et enfin l’exportation des Vins de France.







Réforme de la Pac : les inquiétudes de Philippe Mangin




Face aux incertitudes qui pèsent sur l’euro et le budget de l’Union européenne, Philippe Mangin n’a pas caché son inquiétude sur l’avenir de la réforme de la Pac. Il a même évoqué « un report de la réforme » dans l’hypothèse où le budget de la Pac serait sacrifié si des coupes budgétaires étaient décidées pour l’Union européenne. Comme elles le sont actuellement dans de nombreux Etats membres comme la Grèce, l’Italie, l’Espagne ou la France… « On ne peut décider actuellement des modalités de la réforme par rapport à d’autres difficultés bien plus graves que sont la crise de l’euro et le débat budgétaire » a-t-il affirmé. C’est aussi l’avis de Stéphane Le Foll parlementaire européen qui s’est prononcé lui aussi sur « un moratoire de la réforme » estimant que le budget de la Pac sera amputé « de façon importante » dans les prochaines perspectives financières 2014-2020.D’ailleurs le président de Coop de France considère que le projet Ciolos est « très décevant » et pas à la hauteur des défis planétaires qui nous attendent. Il ne s’intéresse qu’à la redistribution des aides entre pays, à leur verdissement, sans afficher une réelle ambition pour l’agriculture, juge-t-il. Contrairement au G20 des chefs d’Etat et de Gouvernement qui a reconnu pour la première fois que l’alimentation du monde est un enjeu stratégique, début novembre à Cannes.


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