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Agrioccasions, les occasions agricoles
Marché foncier

Le prix de la terre repart à la hausse

Le prix des terres et des près s’est redressé en 2010. Mais le marché a
tendance à se fermer d’année en année, en raison du recul tendanciel
des surfaces agricoles et de l’augmentation des surfaces en fermage.
Par Publié par Cédric Michelin
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Après un léger repli entre 2008 et 2009, le prix des terres s’est redressé en 2010. Avec une augmentation de 1,9 % il a atteint 5.230 euros par hectare en 2010. Ce qui représente une progression de 65 % en francs courants depuis 1994, le point bas de la courbe.

Les agriculteurs restent toujours majoritaires pour l’acquisition des fonds libres non bâtis. Mais ils ont tendance à se retirer du marché au fil des ans. Leur présence s’est réduite de 8,2 % en nombre et de 6 % en surface. A l’inverse, les acquisitions des non agriculteurs restent stables en nombre (-0,8 %), mais reprennent en surface (+4,5 %). Ils gagnent des parts de marché pour la deuxième année consécutive, en se portant désormais acquéreurs de 32,2 % des lots et de 33,1 % des surfaces. Mais au final, entraîné par le retrait de la profession agricole, le marché des terres et des près libres continue sa fermeture avec une réduction des transactions de 5,9 % et de 2,8 % des surfaces.

La remontée des prix qui est intervenue en 2010 a touché toutes les acquisitions aussi bien celles qui ont été négociées par les agriculteurs que par les non-agriculteurs. Selon la FNSafer, ce redressement s’explique essentiellement par la fermeture persistante du marché des terres libres non bâties. Une fermeture qui trouve d’abord son origine dans le recul des surfaces agricoles. Celles-ci ont perdu 7 millions d’hectares (-20 %) en cinquante ans entre 1960 et 2010. Autre phénomène, la rétention des propriétaires qui attribuent une valeur refuge aux biens agricoles dans un contexte d’incertitude économique et financière.

80 % en fermage



De plus en plus également, les surfaces sont exploitées en fermage du fait de l’allongement de la période de location entre retraités et repreneurs. La part des surfaces exploitées en faire valoir indirect qui était de 63 % en 2002 est passée à 74 % en 2007, et probablement 80 % en 2010, estime René Levesque, directeur des Etudes à la FNSafer. Ce qui entraîne une moindre mobilité des terres et ce d’autant plus que les baux sont de plus en plus détenus par des formes sociétaires. Et si l’agrandissement des exploitations se fait prioritairement par location, les ventes de part sociales prennent une importance croissante dans les transferts d’exploitations. La difficulté est que la connaissance de ces ventes n’est pas notifiée et ce qui ne contribue pas à améliorer la transparence du marché, estime la FNSafer.

A l’origine de la hausse également, le positionnement des non-agriculteurs qui achètent des terres à un prix généralement plus élevé que celui des agriculteurs (+4,4 %). Autre facteur d’augmentation enfin et qui est de nature structurelle, l’amélioration des conditions d’accès au crédit et notamment la baisse des taux d’intérêt au début de l’année 2010. Le prix de la terre baisse quand les taux d’intérêt augmentent et inversement. Quant à la remontée des revenus agricoles en 2010, qui pourrait également alimenter la hausse, son effet a été marginal en 2010, estime la FNSafer : elle ne s’est faite sentir qu’en fin d’année et surtout après deux années consécutive de forte baisse.

Le prix des vignes en hausse



Comme les terres à vocation agricole, le prix des vignes a progressé en 2010. La hausse est estimée à 2,3 % pour les vignes productrices de vins de qualité (VQPRD) pour atteindre 95.200 €/ha en moyenne. Mais derrière cette valeur moyenne, on observe toujours une grande disparité des prix d’une région à l’autre. De 11.200 € pour un ha ce vigne de qualité dans le Languedoc-Roussillon à 868.300 €/ha en Champagne.

Egalement en croissance, les vignes à eaux de vie sous appellation d’origine (Cognac, Armagnac). Elles affichent une hausse de 4,2 % à 27.700€/ha.

Quant aux vignes produisant des vins de consommation courante, le prix moyen moyen a stagné en 2010 à 10.600 €/ha (+0,6 %). Et s’il enregistre une légère hausse en Languedoc-Roussillon (+1,7 %), il se maintient à peine ou poursuit son recul ailleurs (-3,6 % dans le Sud Ouest et -2,3 % dans la Vallée du Rhône et en Provence.

Le gaspillage des terres se poursuit



En 2010, 78.000 hectares ont été soustraits de l’agriculture. Ce qui équivaut à la disparition d’un département tous les quatre ou cinq ans, estime la FNSafer. Les ventes destinées à l’urbanisation notifiées aux Safer ont portées elles sur 32.000 hectares. Elles correspondent aux ventes de terres qui sont destinées dans les prochaines années à créer des logements individuels et collectifs, des zones d’activités commerciales, industrielles et artisanales ainsi que des infrastructures. Mais toutes ces transactions ne couvrent pas la totalité du champ de l’urbanisation. L’enquête Terruti-Lucas du ministère de l’Agriculture évalue à un niveau beaucoup plus élevée (78.000 ha) les terres qui changent de destination vers l’urbanisation que celles-ci ait fait l’objet d’une vente au préalable ou non.