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Agrioccasions, les occasions agricoles
Aviculture

Les nouveaux défis de la filière poules pondeuses

Confrontés à la hausse brutale de leurs coûts alimentaires, les
éleveurs doivent procéder avant le 1er janvier 2012 à de lourds
investissements pour adapter le logement des poules aux nouvelles
règles en matière de bien être animal.
Par Publié par Cédric Michelin
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Comme toutes les productions animales, l’œuf est confronté à la hausse drastique des coûts de production. Selon le Comité national interprofessionnel de l’œuf (CNPO), le coût des matières premières de l’alimentation des poules pondeuses a progressé de 46 % en février 2011 par rapport à son niveau moyen de 2009. A la sortie de l’élevage, 100 œufs reviennent désormais à 6,42 € (février 2011) au producteur contre 5,22 € en 2010, soit 23 % d’augmentation. Ainsi que l’a rappelé Francis Damay, le président du CNPO, cette situation met en difficulté les éleveurs qui n’ont pas la possibilité de répercuter la hausse des coûts de production à l’aval. Aussi a-t-il plaidé pour l’ouverture de négociations avec le grand commerce. L’objectif serait d’établir un indice, dans le cadre des contrats, « pour corriger à la hausse ou à la baisse l’effet des évènements extérieurs » insiste-il.

Période critique



Les producteurs sont d’autant plus inquiets que ce renchérissement des coûts de production intervient au moment où la filière est engagée dans des investissements importants en matière d’aménagement des cages de poules pondeuses. Les éleveurs doivent augmenter de 40 % la surface disponible par poule, chacune d’entre elles devant disposer d’au moins 750 m2 pour s’adapter aux nouvelles règles du bien être animal. En outre, les nouveaux aménagements de ces logements doivent respecter les comportements des poules avec la mise à disposition de nids, de perchoirs, d’une litière pour grattage, picotage et épouillage et même des limes pour les ongles.
Au 1er janvier 2012, tous les élevages devront satisfaire à ces nouvelles dispositions. A partir de cette date, toutes les poules pondeuses seront élevées dans des cages aménagées ou selon d’autres systèmes comme l’élevage au sol ou en plein air.
On s’en doute, ces nouvelles normes exigent un très gros effort financier pour les éleveurs, de l’ordre de 25 € par poule, soit plus de un milliard d’euros pour l’ensemble de la filière et l’équivalent d’une année de chiffre d’affaires. Nul doute que l’adaptation à ces nouvelles contraintes conjuguées au renchérissement des coûts de production ne pourra être acquis sans un rétablissement des marges et donc une augmentation des prix à la production.



L’œuf en chiffres



Avec 14,4 milliards d’œufs produits en France en 2009, en croissance de 5,8 % sur l’année précédente, la production française se situe au premier rang européen devant l’Italie (11,6 milliards) et l’Espagne (11,4 milliards). Suivent l’Allemagne en fort repli cette année là, le Royaume-Uni et la Pologne.

La consommation est également très dynamique. Nos concitoyens ont consommé en 2010 14,8 milliards d’œufs, soit plus de 230 œufs par personne et par an. 40 % des œufs sont consommés à domicile et entre 35 % et 40 % ont été utilisés par les industries alimentaires ou en restauration, sous forme d’ovoproduits. 14 % ont été consommés en restauration hors domicile sous forme d’œufs coquilles. Enfin 6 % du marché provient de l’autoconsommation.

4 ,5 milliards d’œufs environ sont vendus dans les grandes surfaces. Les œufs standards représentent 67 % du marché, les bio et les labels rouges 8 % chacun, le plein air 16 % et l’élevage au sol (1 %).