Analyse
Les secteurs créateurs d'emplois à moyen terme
Si le recul initial de l’activité en 2008 s’est principalement manifesté
en France comme un choc global de la demande extérieure adressée aux
secteurs industriels, se transmettant par le biais des échanges
interindustriels à l’ensemble de l’économie, le rebond des secteurs n’a
pas été mécanique et a mis en lumière des trajectoires hétérogènes.
en France comme un choc global de la demande extérieure adressée aux
secteurs industriels, se transmettant par le biais des échanges
interindustriels à l’ensemble de l’économie, le rebond des secteurs n’a
pas été mécanique et a mis en lumière des trajectoires hétérogènes.
La crise ne semble pas avoir bouleversé les tendances globales des années 2000 : elle n’a pas accéléré l’orientation à la baisse de l’emploi industriel, ni entamé la dynamique de la demande, les avantages comparatifs ou les capacités d’innovation, qui, à moyen terme, constituent autant de facteurs différenciant les potentiels de créations d’emplois des secteurs.
La note précise toutefois que : "À l’exception de la pharmacie et des industries agro-alimentaires, l’industrie a été la plus touchée par la récession de 2008 " avant de poursuivre plus loin que ces " secteurs industriels dans le haut de gamme (édition,
agro-alimentaire, luxe) sont anciens et ont déjà connu une forte rationalisation de la production (mécanisation et numérisation). Le capital immatériel lié à la marque y
est déterminant et leur assure une rente qu’ils doivent toutefois maintenir par des efforts intenses de renouvellement sur les produits. Les industries agro-alimentaires créeraient ainsi 6 000 emplois de 2010 à 2016 ".
[WEB]La présente étude se situe dans le prolongement de La note d’analyse de l’année passée, et constitue un travail d’actualisation des projections sectorielles d’emplois. À cet égard, les créations totales d’emplois observées dans le secteur marchand à la fin de l’année 2010 et au cours de l’année 2011 ont été supérieures aux projections de l’année passée, alors même que la croissance n’a pas été plus vigoureuse que prévue. Ce dynamisme de l’emploi observé traduit de fait une inflexion marquée à la baisse de la productivité du travail. Toutefois, la hiérarchie des tendances sectorielles de l’emploi se maintient par rapport aux projections précédentes. Au total, 783 000 emplois seraient créés dans le secteur marchand de 2011 à 2016.
Le renouvellement des secteurs d’activité résulte d’un processus de destruction créatrice butant à court terme sur un ensemble d’obstacles, qui peuvent avoir des effets persistants sur la trajectoire des secteurs : contrainte de crédit limitant l’émergence de jeunes pousses innovantes, pénurie de certaines qualifications et spécificité du capital humain pouvant accélérer l’obsolescence des compétences. Si, au niveau agrégé, l’ajustement modéré de l’emploi traduit bien une volonté de préserver le cœur de métier, la distribution des parts de marché en phase de reprise, initiée en 2009 à la faveur du rebond du commerce extérieur, devrait impliquer des réallocations d’emplois importantes : les secteurs dont l’emploi diminuerait sur la période 2011-2016 perdraient 161 000 emplois, tandis que les secteurs créateurs d’emplois, regroupés dans les services aux entreprises, dans les services personnels et d’utilité collective ainsi que dans les services d’intermédiation, totaliseraient 944 000 créations d’emplois. L’ampleur de ces réallocations d’emplois à moyen terme traduit bien un mouvement de transformation structurelle du tissu productif français, à l’œuvre en dépit des perspectives concernant l’emploi agrégé à court terme.
Au sommaire :
Les secteurs dans la crise
Les évolutions sectorielles de l'emploi à moyen terme
Auteurs : Maxime Liégey, département Économie Finances et Cécile Jolly, département Travail Emploi[/WEB]
La note précise toutefois que : "À l’exception de la pharmacie et des industries agro-alimentaires, l’industrie a été la plus touchée par la récession de 2008 " avant de poursuivre plus loin que ces " secteurs industriels dans le haut de gamme (édition,
agro-alimentaire, luxe) sont anciens et ont déjà connu une forte rationalisation de la production (mécanisation et numérisation). Le capital immatériel lié à la marque y
est déterminant et leur assure une rente qu’ils doivent toutefois maintenir par des efforts intenses de renouvellement sur les produits. Les industries agro-alimentaires créeraient ainsi 6 000 emplois de 2010 à 2016 ".
[WEB]La présente étude se situe dans le prolongement de La note d’analyse de l’année passée, et constitue un travail d’actualisation des projections sectorielles d’emplois. À cet égard, les créations totales d’emplois observées dans le secteur marchand à la fin de l’année 2010 et au cours de l’année 2011 ont été supérieures aux projections de l’année passée, alors même que la croissance n’a pas été plus vigoureuse que prévue. Ce dynamisme de l’emploi observé traduit de fait une inflexion marquée à la baisse de la productivité du travail. Toutefois, la hiérarchie des tendances sectorielles de l’emploi se maintient par rapport aux projections précédentes. Au total, 783 000 emplois seraient créés dans le secteur marchand de 2011 à 2016.
Le renouvellement des secteurs d’activité résulte d’un processus de destruction créatrice butant à court terme sur un ensemble d’obstacles, qui peuvent avoir des effets persistants sur la trajectoire des secteurs : contrainte de crédit limitant l’émergence de jeunes pousses innovantes, pénurie de certaines qualifications et spécificité du capital humain pouvant accélérer l’obsolescence des compétences. Si, au niveau agrégé, l’ajustement modéré de l’emploi traduit bien une volonté de préserver le cœur de métier, la distribution des parts de marché en phase de reprise, initiée en 2009 à la faveur du rebond du commerce extérieur, devrait impliquer des réallocations d’emplois importantes : les secteurs dont l’emploi diminuerait sur la période 2011-2016 perdraient 161 000 emplois, tandis que les secteurs créateurs d’emplois, regroupés dans les services aux entreprises, dans les services personnels et d’utilité collective ainsi que dans les services d’intermédiation, totaliseraient 944 000 créations d’emplois. L’ampleur de ces réallocations d’emplois à moyen terme traduit bien un mouvement de transformation structurelle du tissu productif français, à l’œuvre en dépit des perspectives concernant l’emploi agrégé à court terme.
Au sommaire :
Les secteurs dans la crise
Les évolutions sectorielles de l'emploi à moyen terme
Auteurs : Maxime Liégey, département Économie Finances et Cécile Jolly, département Travail Emploi[/WEB]