Limiter le stress thermique des vaches au bâtiment
ADAPTATION / Dans le cadre du programme « Bâti'Lait Mieux », initié et financé par le Cniel, un travail a été conduit sur la gestion du stress thermique dans les bâtiments de montagne en 2023-2024. Présentation par Tanguy Morel, chef de projet au sein de l'Idele.
« Les vaches laitières craignent la chaleur beaucoup plus que le froid ! Le confort thermique d'une vache se situe entre 2 et 20 °C. Au-delà, elle commence à souffrir. Lorsque les températures dépassent les 20 °C, il faut s'interroger sur les moyens de combattre cette chaleur », explique Tanguy Morel. Alors que le nombre de jours de canicule est appelé à s'accroître dans les prochaines décennies, y compris en zone de montagne, les bâtiments, de plus en plus souvent occupés en été, doivent être adaptés. Toutefois, ces zones d'altitude présentent l'avantage de disposer d'une fraîcheur nocturne à exploiter. Tout éleveur doit faire en sorte de limiter au maximum le stress thermique de ses vaches, car il peut avoir de lourdes conséquences sur la performance du cheptel (baisse de la production laitière, des performances de la reproduction, incidences sur la santé de la mamelle, sur la composition du lait, sur les vaches gestantes et sur les nouveau-nés, perturbation métabolique...). Pour évaluer avec plus de précision le niveau de stress thermique, Tanguy Morel conseille le recours à l'index THI (température, humidité, index) avec un seuil de 68 au-delà duquel la vache ne peut plus récupérer. Le niveau de stress thermique peut également être approché en observant le score de halètement (salive, bouche, langue, respiration, cou et tête). En période chaude, Tanguy Morel se tourne vers le HLI (Heat Loaded Index), un index plus complet que le THI, pour apprécier le confort au sein des bâtiments ; le HLI tient compte de la température, de l'hygrométrie, de la vitesse du vent et du rayonnement solaire. Quant au rayonnement, il peut être quantifié à l'aide d'un thermomètre à globe noir ; ce dernier donne la température ressentie par l’animal.
Recherche du confort optimal
Parmi les actions prioritaires à mettre en œuvre au bâtiment, il s'agit d'assurer un confort optimal, de vérifier les conditions d'abreuvement, de mettre à disposition des aliments appétents, d'offrir de l'ombre aux animaux en pâture. En zone de montagne, il faut réduire le rayonnement direct et indirect du soleil à l'intérieur des bâtiments et améliorer la ventilation naturelle dans le bâtiment. De façon plus secondaire, l'éleveur peut améliorer le confort de ses vaches en installant une ventilation mécanique mais « seulement dans certains cas et en seconde intention », souligne Tanguy Morel, et opter pour la brumisation et/ou le douchage « en dernier recours et avec précaution ».
Véronique Gruber