Accord Union européenne/Mercosur
Nouvelle mise en garde du Copa-Cogeca
Alors que la Commission européenne s’apprête à proposer de nouveaux
contingents d’importation de produits agricoles en provenance du
Mercosur, le Copa et le Cogeca insistent une nouvelle fois auprès du Parlement européen sur
les conséquences négatives qu’aurait un tel accord sur les filières
agricoles européennes.
contingents d’importation de produits agricoles en provenance du
Mercosur, le Copa et le Cogeca insistent une nouvelle fois auprès du Parlement européen sur
les conséquences négatives qu’aurait un tel accord sur les filières
agricoles européennes.
« De nombreux députés de la Commission agricole du Parlement européen sont prêts à rejeter cet accord si l’agriculture se retrouve être la monnaie d’échange », a averti Michel Dantin, parlementaire européen, lors du séminaire organisé par le Copa-Cogeca, le 2 mai à Bruxelles, sur le projet de libre-échange de l’Union européenne avec le Mercosur. L’initiative de cette rencontre avait été prise à la veille de la rencontre entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. Bruxelles s’apprête, en effet, à faire une nouvelle offre d’ouverture qui pourrait se concrétiser en juillet prochain. En effet, l’enlisement des négociations de l’OMC relance les discussions bilatérales. Et un éventuel accord avec les pays d’Amérique du Sud ne serait pas sans conséquence pour les filières agricoles européennes et notamment pour l’élevage.
Ainsi le Copa/Cogeca estime que dans le secteur de la viande bovine, 90 % des importations européennes proviennent déjà du Mercosur, dont 86 % du Brésil (300.000 tonnes). La Commission envisage d’accorder un contingent supplémentaire compris entre 100 et 200.000 tonnes. Pour ce qui est de la volaille, le Mercosur exporte actuellement 600.000 tonnes de volaille vers l’Union européenne, dont 96 % à partir du Brésil.
Mais la viande n’est pas la seule concernée. Ainsi, pour le sucre, le Brésil serait en mesure de fournir intégralement le marché de l’Union européenne, ses exportations actuelles correspondant à une fois et demie sa consommation. Bref l’Europe n’a pas besoin d’importer du sucre brésilien.
Idem pour le maïs. Les Etats-Unis, le Brésil, l’Argentine représentent 80 % du marché. Les pertes liées à un accord dans ce secteur seraient comprises entre 1 et 3 milliards d’euros.
Levée de boucliers
D’où la levée de boucliers des syndicalistes européens. « Sur la base des demandes formulées par les pays du Mercosur en 2006, une étude réalisée par le Copa-Cogeca révèle que le secteur agricole de l’Union européenne encourrait des pertes allant jusqu’à 13 milliards d’euros. Qui plus est, ces estimations ne tiennent pas compte de l’impact sur l’emploi dans les zones rurales de l’UE, domaine dans lequel les pertes risqueraient d’être considérables, étant donné que le secteur agricole européen fournit quelques 28 millions d’emplois dans les zones rurales d’Europe » estime Gerd Sonnleitner, le président du Copa. Sans oublier que ces importations ne respectent pas les normes européennes élevées en matière de protection de l’environnement, de traçabilité ou de bien-être animal.
La FNSEA est montée au créneau en demandant au Parlement européen, au Président et au Gouvernement « de tout mettre en œuvre pour stopper ces errements ». En insistant sur le fait que la Commission européenne reconnait elle-même qu’un accord avec le Mercosur serait le bienvenu pour l’industrie et les services et malvenu pour l’agriculture. « Dans le cas d’une signature, cela conduirait à un revenu agricole en baisse de 3 %, 33 000 emplois menacés et une perte possible de trois milliards d’euros pour la seule filière bovine européenne » indique la Commission dans son rapport.
« Les pouvoirs publics ne peuvent cautionner ce projet d’accord, d’autant qu’ils ne cessent, eux aussi, de créer des charges et d’élever des normes, alors que celles-ci ne pourront pas être imposées à la viande bovine », estime la FNB qui s’interroge sur la légitimité des travaux engagés avec les pouvoirs publics pour réguler le revenu des producteurs (contrats interfilières, indicateurs de coûts de matière premières, régulation dans la Pac post 2013…), « dès lors qu’un accord avec le Mercosur viendrait tout balayer d’un revers de manche ».
Ainsi le Copa/Cogeca estime que dans le secteur de la viande bovine, 90 % des importations européennes proviennent déjà du Mercosur, dont 86 % du Brésil (300.000 tonnes). La Commission envisage d’accorder un contingent supplémentaire compris entre 100 et 200.000 tonnes. Pour ce qui est de la volaille, le Mercosur exporte actuellement 600.000 tonnes de volaille vers l’Union européenne, dont 96 % à partir du Brésil.
Mais la viande n’est pas la seule concernée. Ainsi, pour le sucre, le Brésil serait en mesure de fournir intégralement le marché de l’Union européenne, ses exportations actuelles correspondant à une fois et demie sa consommation. Bref l’Europe n’a pas besoin d’importer du sucre brésilien.
Idem pour le maïs. Les Etats-Unis, le Brésil, l’Argentine représentent 80 % du marché. Les pertes liées à un accord dans ce secteur seraient comprises entre 1 et 3 milliards d’euros.
Levée de boucliers
D’où la levée de boucliers des syndicalistes européens. « Sur la base des demandes formulées par les pays du Mercosur en 2006, une étude réalisée par le Copa-Cogeca révèle que le secteur agricole de l’Union européenne encourrait des pertes allant jusqu’à 13 milliards d’euros. Qui plus est, ces estimations ne tiennent pas compte de l’impact sur l’emploi dans les zones rurales de l’UE, domaine dans lequel les pertes risqueraient d’être considérables, étant donné que le secteur agricole européen fournit quelques 28 millions d’emplois dans les zones rurales d’Europe » estime Gerd Sonnleitner, le président du Copa. Sans oublier que ces importations ne respectent pas les normes européennes élevées en matière de protection de l’environnement, de traçabilité ou de bien-être animal.
La FNSEA est montée au créneau en demandant au Parlement européen, au Président et au Gouvernement « de tout mettre en œuvre pour stopper ces errements ». En insistant sur le fait que la Commission européenne reconnait elle-même qu’un accord avec le Mercosur serait le bienvenu pour l’industrie et les services et malvenu pour l’agriculture. « Dans le cas d’une signature, cela conduirait à un revenu agricole en baisse de 3 %, 33 000 emplois menacés et une perte possible de trois milliards d’euros pour la seule filière bovine européenne » indique la Commission dans son rapport.
« Les pouvoirs publics ne peuvent cautionner ce projet d’accord, d’autant qu’ils ne cessent, eux aussi, de créer des charges et d’élever des normes, alors que celles-ci ne pourront pas être imposées à la viande bovine », estime la FNB qui s’interroge sur la légitimité des travaux engagés avec les pouvoirs publics pour réguler le revenu des producteurs (contrats interfilières, indicateurs de coûts de matière premières, régulation dans la Pac post 2013…), « dès lors qu’un accord avec le Mercosur viendrait tout balayer d’un revers de manche ».