Présélection rigoureuse pour plus de visibilité commerciale
Le 30 janvier, au Parc des expositions de Mâcon, la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire a organisé la présélection des vins pour le Concours général agricole. Les échantillons retenus montent pour la finale, le 21 février, au Salon international de l'agriculture à Paris.
Quatre cents échantillons ont été dégustés. La participation est en léger recul, environ 7 % de moins que l’an passé. « Ce n’est pas que l’année dernière que ça a baissé. En 2023, on avait déjà enregistré un recul », rappelle Anne Pinatel, conseillère viticulture à la Chambre d’agriculture, qui s'inquiète comme tous sur la pérennité des concours viticoles. Le contexte économique explique en partie cette évolution. Récoltes plus faibles. Charges en hausse. Arbitrages budgétaires. « C’est quand même purement contexte économique dépendant », observe-t-elle.
Malgré cela, l’organisation reste solide. Vingt-cinq tables ont été installées. Quatre jurés par table. Cent dégustateurs professionnels mobilisés sur la journée. Viticulteurs, courtiers, sommeliers. Un panel renouvelé cette année. « J’avais beaucoup de nouvelles personnes. Ça apporte de la fraîcheur », se réjouit Anne Pinatel. L’équipe de la Chambre d’agriculture a assuré l’organisation, la logistique et, pour certains membres, la dégustation.
La particularité du concours réside surtout dans son protocole de prélèvement. Les échantillons sont prélevés directement dans les exploitations par les agents préleveurs de la chambre d’agriculture, agréé par le CGA. « C’est ce qui fait la rigueur du concours de Paris », insiste Anne Pinatel. Cette rigueur a un coût.
Ce système vise à éviter toute triche. Le prélèvement suit un protocole précis, réalisé par un tiers habilité. Cette exigence renforce la valeur de la médaille. Mais cette exigence fonde la reconnaissance nationale du résultat et un atout commercial majeur. « La feuille de chêne est quand même très reconnaissable sur une bouteille », rappelle Anne Pinatel. En grandes et moyennes surfaces, la médaille joue un rôle déterminant. Dans un rayon dense, elle attire l’œil. Elle rassure le consommateur. Elle valide son choix. Elle déclenche l’achat. Pour un producteur présent en GMS, la distinction constitue un levier concret.
Des retours le confirment. Après plusieurs médailles d’or consécutives, un domaine a vu des clients se déplacer spécifiquement pour ses vins. « Ils sont venus parce qu’ils avaient vu qu’on était médaillés », a eu pour écho Anne Pinatel.
Au-delà de la compétition, la présélection reste un moment collectif fort. Les prélèvements sont des temps d’échange privilégiés avec les producteurs pour les conseillers chambre. Et la journée de dégustation se conclut par un repas convivial offert aux jurés. Ce temps partagé fait partie de l’esprit du concours.
La détermination de maintenir ce concours reste donc intacte. « Il faut que ça reste un événement. Il faut garder ces liens ». La finale à Paris offre une vitrine unique. Elle place les vins de Saône-et-Loire sous le regard du grand public et des médias nationaux.
Participer à la présélection, c’est défendre son appellation. C’est s’inscrire dans une démarche exigeante et collective. C’est aussi se donner la possibilité d’afficher, en grande distribution comme au caveau, une médaille immédiatement reconnue par les consommateurs.
Cédric Michelin