Vignes et vins de Talant
À la redécouverte d’un terroir historique

Régis Gaillard
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Avec l’ouvrage de Guillaume Grillon, Jean-Pierre Garcia et Thomas Labbé, il est possible de faire un bond dans le temps et de revivre les belles heures du vignoble de Talant. Quasiment totalement disparu, ce vignoble retrouve des couleurs depuis quelques décennies.

À la redécouverte d’un terroir historique
Ce livre est vendu au prix de 29 €.

L’espace de 144 pages, le lecteur peut partir sur les traces du passé viticole talantais oublié, à seulement quelques encablures de Dijon. À partir de documents d’archives inédits mais aussi des traces sur le terrain (meurgers, cabottes, murets, pieds de vignes sauvages, toponymie…), cet ouvrage propose de découvrir l’histoire de Talant, une ville nouvelle et fortifiée fondée sur les hauteurs de Dijon en 1208 par le duc de Bourgogne Eudes III. Avec 26 hectares de vignes, le domaine de Talant constitue, au Moyen Âge, l’un des quatre grands vignobles ducaux produisant les vins bus à la cour de Bourgogne et offerts en cadeaux diplomatiques aux grands personnages du royaume. Outre les vins rouges et les vins blancs, la production talantaise se distingue par le galant de Madame, un vin cuit probablement aromatisé à la gentiane particulièrement apprécié de la duchesse Marguerite de Flandres. On n’oubliera quelques anecdotes à l’image de cette affaire de sorcellerie dans les vignes.

Le renouveau du vignoble

Si Talant a connu ses plus belles heures sous la dynastie des ducs de Valois (1367- 1477), c’est au 19e siècle que le vignoble talantais atteint sa plus grande extension, avec près de 190 hectares plantés en gamay en 1830. À ce moment précis, 75 % des ménages se déclarent vignerons. Alors qu’ils auraient pu prétendre à devenir de grands climats – le Clos du Duc devenu Clos du Roy en 1477 avec le rattachement de la Bourgogne au royaume de France –, le Clos Meunier, le Clos Marosse ou encore le Clos Marchand ont été morcelés et délaissés pour finalement disparaître, grignotage de l’urbanisme oblige.

Néanmoins, la redécouverte du cellier ducal dans les années 1980, la plantation d’une première parcelle sur le coteau de la Combe aux Fées à la fin des années 1990 et la remise en vignes des Époutières en 2015 révèlent que le vignoble talantais est en plein renouveau. Cela donne, au final, un très beau livre, publié aux éditions Faton, qui trouvera sa place dans toute bibliothèque de qualité.