Feder Élevage
Feder Élevage récolte les fruits de dix ans de structuration

Marc Labille
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L’union Feder a fêté ses dix ans pendant le confinement. Dix ans de structuration de filière aboutissant aujourd’hui à un groupement solide. Feder Élevage poursuit sa politique d’adaptation permanente aux besoins de ses adhérents, n’hésitant pas à sortir des sentiers battus.

Feder Élevage récolte les fruits de dix ans de structuration
Pour le directeur de Feder Michel Millot, la maîtrise des charges est le défi majeur de la préservation du revenu des éleveurs.

Le 7 juin dernier à Beaune, les adhérents de Feder ont pu se retrouver en assemblée générale après deux années sans ce traditionnel rendez-vous physique. Durant ces exercices perturbés, les contraintes sanitaires n’ont pas empêché le groupe de poursuivre son ouvrage. L’union de coopératives qui a fait naitre Feder atteint désormais ses dix ans d’âge. « Dix ans de structuration de filières, avec une solidité rassurante pour tous les partenaires », se félicitait le président Yves Largy. 

L’une des réalisations majeures de cette fructueuse décennie a été la naissance d’Eurofeder dont Feder détient 40 % des parts, et qui a exporté plus de 230.000 bovins en 2021. Autre étape importante franchie pendant le confinement : Socaviac et Global ont définitivement fusionné pour donner Feder Élevage. 

Quitte à « sortir du cadre »…

La structuration de filières, leitmotiv de l’union depuis 2012, n’est pas terminée. En « adaptation permanente », la coopérative continue de plancher sur des schémas innovants, quitte à « sortir du cadre », de sorte à trouver les meilleures solutions pour la pérennité des exploitations de ses adhérents.

En témoignent les deux projets validés dans les Plans de relance de l’État et destinés à mieux répondre aux attentes de la filière. Le programme "Changus" mise sur le croisement de races bovines pour approvisionner la restauration hors foyer. Le projet "valorisation des bovins mâles en France" reflète la volonté du groupement de redéployer l’engraissement des mâles en France.

Déploiement des contrats ÉGAlim

Soucieuse de la sécurisation du revenu de ses adhérents, Feder s’est mise en conformité avec la loi ÉGAlim. Ses statuts et son règlement intérieur ont évolué en ce sens. Après avoir contractualisé toute sa production en label, la coopérative s’attèle désormais à étendre la contractualisation aux autres productions conformément à ÉGAlim 2. Un travail important est mené avec les partenaires – abatteurs notamment - pour la mise en œuvre de ces contrats. Des propositions de contrats (jeunes bovins notamment) « sont en cours d’élaboration pour les adhérents », indiquait le directeur Michel Millot. 

Sécuriser les volumes…

Au-delà du revenu, la loi ÉGAlim et ses contrats auront le mérite aussi de sécuriser les volumes de production. « Une sécurisation ô combien nécessaire au vu de la décapitalisation considérable depuis cinq ans », alertait Yves Largy. 600.000 vaches de perdues auxquelles pourraient s’ajouter un million supplémentaire à l’horizon 2030, selon les projections de l’Idele. Des chiffres « éloquents » qui amènent le président à cette analyse : « c’est l’export qui sera demain la variable d’ajustement de l’engraissement en France. Nous sommes bien face à un changement de paradigme », poursuivait Yves Largy faisant référence à « un équilibre offre/demande rompu ». S’il permet une meilleure rémunération des animaux, ce déséquilibre intervient en même temps qu’une hausse des charges inquiétante. De quoi « redouter une désaffection encore plus forte pour l’élevage », prévenait le président.

Autonomie protéique, diversification…

Face à cette crise structurelle, il faut veiller à conserver la segmentation, incitait Yves Largy dont la coopérative est fortement impliquée dans les signes officiels de qualité en viande bovine comme en agneau.

Pour faire face à la hausse des charges, le groupement promeut à ses adhérents des pistes d’amélioration techniques : tendre vers plus d’autonomie alimentaire, mieux valoriser l’herbe et les protéines… Sur ce dernier point, la nouvelle Pac est une opportunité, estimaient les responsables.

Enfin, pour améliorer le revenu des exploitations, la diversification dans l’agrivoltaïsme est une voie envisagée par Feder. Après avoir équipé ses centres d’allotement de panneaux solaires, la coopérative entend tester l’agrivoltaïsme au sol sur ses propres terrains. Si l’essai est concluant, alors Feder envisage de promouvoir cette nouvelle production d’énergie verte auprès de ses adhérents (lire encadré). 

 

Des opportunités dans l’agrivoltaïsme au sol

Depuis 2008, les toitures photovoltaïques sur les bâtiments agricoles font leurs preuves et Feder accompagne ses adhérents sur ces projets. La puissance permise vient d’être rehaussée à 400 KWatts crêtes et chaque projet de bâtiment mérite d’être étudié à la lumière de cette opportunité. Mais pour Feder, l’agrivoltaïsme au sol est une possibilité de diversification qu’il ne faut pas exclure. Des exemples de conduite de troupes ovines sur des parcelles dotées d’installations photovoltaïques existent. La présence de panneaux solaires aurait même des effets bénéfiques sur les croissances des agneaux et la production de l’herbe. Des systèmes sont en cours d’adaptation pour les bovins. En avance sur ce dossier, Feder entend « accompagner ses adhérents et les investisseurs agrivoltaïques ». L’enjeu est « de réussir ces projets en cohérence avec la conduite des troupeaux ». La coopérative teste cette nouvelle diversification sur plusieurs de ses sites (58, 03).

Chiffres clés

En 2021, l’activité bovine de Feder Élevage a atteint 196.100 animaux en hausse de +3 % par rapport à 2020. Cela correspond à environ 111.000 bovins maigres et 83.000 bovins viande. L’activité ovine s’élève quant à elle à 143.000 animaux. En 2021, la coopérative a réalisé un chiffre d’affaires de 9,3 millions d’euros pour son activité approvisionnement et services.