CULTURE
La Culture, facteur d'attractivité des territoires

La France rayonne dans le monde entier grâce à la richesse et la diversité de son patrimoine culturel. C’est un facteur majeur d’attractivité et de développement économique des territoires. Avec l’Italie, les États-Unis, l’Espagne et le Royaume-Uni, la France figure d’ailleurs dans le top 5 des pays offrant une culture dont l’influence est renommée. Le poids de ce secteur est estimé à près de 100 000 emplois et 15 milliards d'euros de retombées économiques, par le ministère de l’Économie et des Finances. « Avec plus de 8 000 musées dont 1 200 Musées de France, 1 500 festivals, 44 000 monuments historiques classés et inscrits, 40 sites culturels inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco… l’offre culturelle et patrimoniale représente l’un des principaux atouts touristiques de la France », commente-t-il. Mais cette offre culturelle, aussi riche soit-elle, profite-t-elle à tous les Français ? La culture est-elle aussi facilement accessible en milieu rural que dans les grandes villes et métropoles ?

Le financement de la culture

En 2019, 17 milliards d’euros ont été investis pour la culture. 3,6 milliards d’euros en provenance du ministère de la Culture et 4,4 milliards d’euros d’autres ministères, dont 60 % du ministère de l’Éducation nationale. Mais une grande partie des dépenses culturelles sont assurées par les collectivités territoriales. En 2019, elles s’élevaient à 9,5 milliards d’euros, soit 142 euros en moyenne par habitant. Près de 80 % du montant total de ces dépenses sont engagées par les communes et intercommunalités, 13 % par les Départements et 8 % par les Régions. La culture bénéficie d’autre part de financements privés, de mécénats ou de financements participatifs via des plateformes numériques de crowdfunding sur lesquelles sont déposés des projets artistiques (72,50 M€ en 2019). L'Île-de-France concentre une grande partie des investissements culturels français : le ministère de la Culture y dépense dix fois plus qu'en région (139 euros/habitant/an contre 15 euros). En 2018, une cartographie des équipements culturels publics par bassin de vie, réalisée par le ministère de la Culture, a mis en évidence quatre-vingt-six « zones blanches du service public culturel ». Il s’agit de bassins de vie dans lesquels il y a moins d’un équipement culturel public pour 10 000 habitants et qui se trouvent notamment dans les territoires ruraux, périurbains ou ultramarins.

Zoom en région

En 2020, Auvergne-Rhône-Alpes rassemble 5 265 équipements culturels, selon l’Insee. C’est la deuxième région la mieux dotée, derrière l’Île-de-France. Le secteur du livre est le plus présent en région avec 2 680 bibliothèques. Près de 2 500 communes d’Auvergne-Rhône-Alpes (sur 4 000) en proposent une, soit 61 % des communes. « Quand les communes n’ont qu’un seul équipement culturel, c’est quasiment toujours une bibliothèque », souligne l’Insee. Mais si 95 % de la population urbaine dispose d’une bibliothèque dans sa commune, en milieu rural ce n’est plus que 78 %. Après la lecture, le grand écran. L’Insee dénombre 300 cinémas et 800 salles sur le territoire régional. Près de la moitié de la population (45 %) peu ainsi profiter de ce service dans sa commune. C’est un peu moins qu’au niveau national (48 %). « Si les cinémas restent un peu présents en milieu rural, les autres équipements en sont presque absents », relève l’Insee. Si la région compte 200 équipements pour le spectacle vivant et son apprentissage dont une centaine de théâtres, une soixantaine de conservatoires et une vingtaine de centres chorégraphiques, opéras ou zéniths, dans le milieu rural, 20 % des habitants n’ont aucun lieu culturel dans leur commune (3 % en milieu urbain). Moins de 5 % de la population rurale bénéficie d’un lieu d’exposition dans sa commune, et moins d’1 % pour les autres équipements. Les communes de l’est de la Drôme (Baronnies) par exemple, sont souvent dépourvues d’équipements culturels, alors que plusieurs communes de la vallée du Rhône, plus urbanisées, proposent au moins six types d’équipements.

L’éloignement culturel

Pour les communes isolées et éloignées des équipements culturels, se pose la question des temps d’accès. « Un habitant d’Auvergne-Rhône-Alpes met en moyenne un peu moins de 15 minutes pour se rendre sur un lieu de culture, tous types d’équipements confondus. Il faut près de 20 minutes à la population rurale sous influence d’un pôle et plus de 25 minutes à celle d’une zone rurale autonome », répond l’Insee. Majoritairement urbains, les habitants du Rhône ont les temps de trajets moyens les plus courts (8 minutes) et ceux de la Haute-Loire et du Cantal, départements plus ruraux, les plus longs (22 et 30 minutes). Les autres départements sont proches de la moyenne.

Les alternatives

En milieu rural, l’absence d’équipements culturels est souvent remplacée par l’itinérance et l’éphémère, illustrée par les bibliobus, les circuits de cinéma, les festivals… Dans les lieux éloignés de la culture, le bénévolat est également très présent. Ainsi, selon une étude du ministère de la Culture, « sur 1,5 million d’associations en 2017 : 23 % relèvent des domaines de la culture, des spectacles et des activités artistiques. Plus d’un tiers d’entre elles (37 %) interviennent dans le domaine du spectacle vivant ». Alors qu’un habitant de la région sur dix ne dispose d’aucun équipement culturel dans sa commune, le numérique peut aussi être un bon moyen d’accéder à la culture, à la condition, toutefois, de disposer d’un bon réseau et d’une bonne connexion à Internet, ce qui n’est pas toujours le cas en milieu rural isolé.

Christine Dézert