ENQUÊTE
Qui consomme des produits fermiers en Auvergne-Rhône-Alpes ?

La chambre d'agriculture Auvergne-Rhône-Alpes a enquêté sur la consommation des produits fermiers dans la région. Une étude riche en enseignements.

Qui consomme des produits fermiers en Auvergne-Rhône-Alpes ?
Les produits fermiers s'achètent préférentiellement sur les marchés. ©DR

La chambre régionale d’agriculture a voulu savoir qui consomme des produits fermiers en Auvergne-Rhône-Alpes. Pourquoi, quand, quoi et où ? Pour cela, une enquête a été conduite en face-à-face auprès de 1175 consommateurs en situation d'achat dans différents circuits de distribution (grande et moyenne surfaces, marchés, fermes, épiceries...) dans dix départements1 de la région en 2022. Sont considérés comme des produits fermiers ceux dont les ingrédients principaux proviennent de la ferme et, s'ils sont transformés, ils le sont par les producteurs eux-mêmes ou sous leur responsabilité. Premier enseignement : l'achat des produits fermiers est une pratique courante dans notre région avec en moyenne 85 % des enquêtés qui ont déjà acheté des produits fermiers mais avec des différences notables selon les départements : la Loire et la Haute-Loire remportent la palme en la matière, avec respectivement 93,3 et 91,8 % des enquêtés qui privilégient les produits de nos fermes, tandis que dans le Cantal (78 % des enquêtés) et le Puy-de-Dôme (78,3 % des enquêtés), ce genre de pratiques d'achats semblent légèrement moins fréquentes.

Les produits fermiers s'achètent sur les marchés

Les produits fermiers s'achètent préférentiellement sur les marchés avec 60 % des réponses, arrivent ensuite les fermes et les jardins de cueillette (35 %), suivi des grandes surfaces (33 %) et les magasins de producteurs (25 %). En termes de fréquence, 65 % des consommateurs de produits fermiers en achètent une fois par semaine ou plus, un taux qui a fortement augmenté depuis les enquêtes 2007-2009, mettant en évidence une pratique qui devient régulière, souligne la chambre régionale d'agriculture. 29 % des enquêtés en achètent une à trois fois par mois ; 5 % une fois par trimestre et 1 % une fois par an. L'enquête s'est ensuite intéressée à la gamme des produits achetés régulièrement (au moins une fois par mois). En tête de liste, on trouve les produits laitiers (74,9 %), suivi de près par les volailles et les œufs (72,6 %), les fruits et légumes (65,5 %), le porc et la charcuterie (39 %) et la viande de boucherie (38,8 %). « En moyenne, les acheteurs de produits fermiers consomment régulièrement entre neuf et dix types de produits », précise la chambre d'agriculture. Les achats de produits fermiers deviennent réguliers avec près de 95 % des consommateurs qui achètent sans occasion particulière, un comportement en augmentation depuis 2007. En termes de perception et de confiance en matière alimentaire, le consommateur se fie beaucoup (pour 73 %) à la présence du producteur en situation de vente directe. Le premier mot assimilé aux produits fermiers est « produit alimentaire » à 37 %, « qualité » à 18 %, « l'univers de la ferme » à 16 % et « naturel » à 15 %. Pour les enquêtés, les produits fermiers ont plus de goût (93 %), sont plus naturels (87 %), contribuent à développer le territoire (83 %) et respectent l'environnement (73 %).

La proximité compte

64 % des acheteurs pourraient développer leur consommation à condition de trouver un magasin de producteurs, un marché régulier près de leur domicile ou si un travail pédagogique et de sensibilisation autour du prix était mis en place. Quant aux non-acheteurs, les principaux freins identifiés sont : la non-disponibilité des produits fermiers dans leurs lieux d'achats habituels, une perception de prix trop élevé et le fait de « ne pas y penser » ou « ne pas y trouver d'intérêt ». Enfin, la proximité compte puisque 93 % des acheteurs enquêtés ne consacrent pas plus de vingt minutes de temps de trajet pour faire leurs courses en produits fermiers.

Véronique Gruber