Alors que les nuages s’accumulent sur la préservation des aides couplées animales dans la future Pac, la FDSEA et les JA de Saône-et-Loire se sont mobilisés ce 9 mars devant la sous-préfecture à Autun. Une action qui s’inscrivait dans un mot d’ordre plus global autour de la rémunération des producteurs, alors que le compte n’y est toujours pas dans l’application de la loi ÉGAlim (lire aussi page 3) avec un retour insuffisant aux producteurs. 

Le compte n’y est pas…

Près de 80 agriculteurs se sont rassemblés ce mardi devant la sous-préfecture d’Autun pour demander à l’État de faire enfin appliquer les dispositions de la loi issue des États généraux de l'alimentation (ÉGAlim). Et il faut dire qu’il y a urgence entre des prix du broutard en berne depuis septembre 2020 et des cours du JB guère plus vaillants alors même que les stocks accumulés lors du confinement du printemps 2020 sont résorbés depuis belle lurette… Dans ce contexte, Guillaume Gauthier, président de la section bovine de la FDSEA, dressait un bilan sans appel des « contrôles » en GMS menés ces dernières semaines à l’initiative des JA, soulignant que 50 % des GMS jouent le jeu, mais que les 50 autres pourcents sont encore loin d’être dans les clous. Devant le sous-préfet venu à la rencontre des manifestants, il appelait solennellement l’État à prendre ses responsabilités et « à interdire par la loi, l’achat de produits agricoles à un prix ne couvrant pas le coût de production de référence du vendeur ». Seule solution pour mettre fin à la pression sur la filière et sortir de cette spirale négative. Balayant d’un revers de main les objections techniques exprimées par les GMS, Anton Andermatt, secrétaire général de la FDSEA, insistait sur l’importance de la volonté politique. Et il enfonçait le clou, « quand on veut, on peut », traçant le parallèle avec le contexte Covid de ces derniers mois qui a remis en question beaucoup d’idées reçues et rendu possible bien des choses qui auraient semblées inimaginables quelques mois plus tôt. Et il rappelait le rôle joué par les agriculteurs pendant la crise sanitaire, mais soulignait aussi « qu’on ne veut pas de merci, on veut des prix ». Le sous-préfet tout en indiquant qu’il allait faire remonter les demandes au niveau national, soulignait le manque de leviers à son échelon. « Faux » lui rétorquaient tant Michel Joly, président de la Fédération régionale bovine, que Guillaume Gauthier, administrateur national FNB, soulignant que « sur les cantines aussi on est loin du compte sur l’approvisionnement en viande sinon locale, du moins française…. ». 

Garder le couplage

L’autre sujet majeur de la mobilisation était bien évidemment la future Pac et les incertitudes fortes planant sur la préservation des aides couplées animales. Et ce avec un lien direct avec le sujet précédent. Comme le soulignait Guillaume Gauthier : « des programmes opérationnels, pourquoi pas, mais avec une filière incapable d’appliquer les ÉGAlim… on a de sérieux doutes sur le retour de rémunération pour l’éleveur ». D’où l’importance de préserver des aides couplées fortes comme le soulignait Jean-François Lacroix, secrétaire général de la FDSEA. Représentant les Jeunes Agriculteurs, Thibaut Renaud soulignait les grosses interrogations sur le renouvellement des générations alors que beaucoup de jeunes n’arrivent même pas à se dégager un revenu au niveau du Smic : comment installer encore des jeunes en élevage allaitant avec ces niveaux de prix ? Et comment envisager des projets d’installation si le couplage venait à disparaître ? La mobilisation doit se poursuivre dans les semaines à venir pour préserver les aides couplées indispensables pour maintenir une activité agricole sur tout le territoire et notamment dans les zones où toute autre activité que l’élevage ne serait pas possible. 

Thibault Laugâa