IUT Chalon
Un système universitaire maltraité par l’État

Régis Gaillard
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À l’occasion de sa toute première rentrée solennelle en tant que président de l’Université de Bourgogne (uB) effectuée au sein de l’IUT de Chalon-sur-Saône, Vincent Thomas n’a pas mâché ses mots en direction de l’État tout en soulignant le dynamisme de ses équipes et son envie d’aller de l’avant.

Un système universitaire maltraité par l’État
La toute première rentrée du président de l'Université de Bourgogne s'est effectuée à Chalon et masquée.

Lorsque l’on compare avec d'autres nations les sommes investies dans l’enseignement supérieur en France, on ne peut que regretter la faiblesse de l'investissement depuis tant d’années alors qu’un pays comme le nôtre ne peut faire face à la concurrence mondiale qu’en développant les compétences de sa jeunesse et en se distinguant par ses innovations. Car face à des pays à bas coût de main d’œuvre, seuls les produits de qualité et/ou novateurs voire haut de gamme peuvent permettre de lutter dans un marché toujours plus mondialisé et concurrentiel.

Facteur de développement du territoire

Face à cette réalité du terrain, l’enseignement a considérablement changé, souhaitant se rapprocher toujours plus du monde du travail. Et ce, malgré une période troublée par le Covid-19 comme l’a souligné Gianni Pillon, le directeur de l’IUT de Chalon. Mettant en avant la mobilisation des équipes, il a évoqué « un long cheminement afin d’effectuer une rentrée en présentiel ». Et d’espérer « qu’il sera possible d’être présent dans les mois à venir ». Un établissement qui rencontre un franc succès avec une augmentation des effectifs de 6 %. Avec, pour conséquence, d’être désormais un peu à l’étroit dans ses murs.

Alors que Francine Chopard, représentante de Marie-Guite Dufay, a rappelé que l’enseignement supérieur demeure une compétence de la Région et qu’il y aura un plan de relance voté au mois d’octobre prochain, Sébastien Ragot, vice-président du Grand Chalon en charge de l’enseignement supérieur, a précisé qu’une agglomération n’a, dans l’absolu, pas l’obligation de se charger de l’enseignement supérieur. Toutefois, le Grand Chalon entend avoir un rôle moteur car l’enseignement supérieur a une place centrale. Et de rappeler qu’en six ans, le nombre d’étudiants est passé de 1.800 à 2.300.

Rapprochement du monde du travail

Pour sa part, Vincent Thomas, président de l’Université de Bourgogne, s’est dit particulièrement heureux d’être présent à Chalon pour sa toute première rentrée solennelle. Tout en évoquant la situation sanitaire actuelle en précisant que le choix a été fait de distribuer deux masques lavables aux étudiants et au personnel, Vincent Thomas a pu souligner que quasiment 100 % de la rentrée s'est effectuée en présentiel. Seules exceptions à la règle pour les élèves en première année de médecine et de droit. Et de remarquer les efforts d’adaptation indispensables pour garder le lien pédagogique, avec bon nombre d’innovations du fait de l’obligation de l’enseignement à distance. Il s'est également félicité du bon fonctionnement du réseau. « L’Université est prête. La pédagogie a dû évoluer. On enseigne autrement derrière un écran qu’en présentiel. Mais j’ai bon espoir que l’on puisse faire un semestre presque normal ».

Par ailleurs, Vincent Thomas a rappelé l’explosion des effectifs étudiants en Bourgogne. En effet, l’Université compte aujourd’hui 35.086 étudiants répartis sur six sites contre 26.000 en 2012. « Cette augmentation est une source de souffrance car le budget ne suit pas cette explosion des effectifs. L’Université de Bourgogne est particulièrement pauvre, maltraitée par l’État ». Un budget stable qui s’accommode mal non seulement de cette augmentation des effectifs étudiants mais aussi du vieillissement de la population enseignante qui s’accompagne d’une montée d’échelons et donc d’une forte hausse des charges salariales.

Top 600 mondial

Conscient de l’importance d’évoluer et de se rapprocher du monde de l’entreprise, le président a mis en avant le développement de la formation continue en alternance avec pas moins de 4.300 inscrits l’an passé. Un rapprochement qui permet aussi de financer 20 % du budget. Une université qui ne cesse d’aller de l’avant. Pour preuve, le célèbre Classement de Shangai qui voit l’Université de Bourgogne se situer dans le top 600. Elle fait ainsi partie des 5 % des meilleurs établissements mondiaux après avoir gagné une centaine de places en un an.